LOI Michelle [née BEURTON Michelle]

Par Jacques Girault

Née le 30 mars 1926 à Donjeux (Haute-Marne), morte le 14 avril 2002 à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) ; professeure de littérature chinoise.

Fille d’instituteurs, Michelle Beurton passa sa jeunesse à Wassy (Haute-Marne). Elle entra à l’École normale supérieure de Sèvres en 1947 et obtint l’agrégation de lettres classiques. Elle se maria en juillet 1950 à Paris (XIVe arr.) avec Maurice Loi, futur professeur de mathématiques, militant syndicaliste et communiste. Le couple eut un garçon et une fille.

Membre du Parti communiste français, Michelle Loi publia une plaquette poétique aux Éditions Pierre Seghers en 1954 intitulée Nous qui sommes les plus heureux. Nommée avec son mari professeur au collège André Honnorat à Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), elle participa aux activités des militants communistes de la ville, et notamment la création et l’animation d’un ciné-club avec d’autres enseignants communistes du collège. Le couple revint à Paris en 1958.

Nommée au lycée d’Aubervilliers, Michelle Loi commença à s’intéresser à la littérature chinoise et suivit les cours de langue chinoise à l’École des langues orientales. Inscrite en thèse à la Sorbonne, elle obtint un détachement au CNRS de 1967 à 1969 puis un poste d’assistante de chinois en 1969 au centre universitaire expérimental de Vincennes. Elle soutint, à la Sorbonne, ses thèses de troisième cycle puis d’Etat (Les poètes "occidentalistes" chinois 1919-1945, soutenance le 16 juin 1970) sous la direction de René Etiemble sur les rapports entre les poésies occidentales et chinoises. Elle devint maître de conférences puis professeur de chinois à l’Université de Paris VIII.

Politiquement, Michelle Loi, adhérente des Amitiés franco-chinoises et de l’association France-Albanie, au milieu des années 1960, participa au mouvement de soutien au communisme chinois et à ses militants en France. Toujours membre du PCF, elle apportait son soutien aux militants de l’Union des étudiants communistes défendant les « thèses pro-chinoises » et, particulièrement actifs, à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm autour de Louis Althusser. En 1967-1968, elle contestait « l’exactitude des traductions » des textes chinois publiés par le PCF. Séjournant à plusieurs reprises en Chine, elle constitua un fonds important de publications chinoises et de documents divers sur la culture chinoise.

Michelle Loi se spécialisa dans la connaissance de Lu Xun, écrivain qui lutta pour la liberté d’expression. Elle fonda et orienta le groupe Luxun dans un sens favorable à l’interprétation qu’en donna Mao Tse Toung. Cette documentation et ces archives furent versées à la Bibliothèque municipale de Lyon et à l’Institut Mémoires de l‘édition contemporaine.

Retraitée, Michelle Loi s’intéressa à l’histoire de Wassy. Elle fut inhumée dans le caveau familial à Wassy

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article139396, notice LOI Michelle [née BEURTON Michelle] par Jacques Girault, version mise en ligne le 23 janvier 2012, dernière modification le 5 novembre 2012.

Par Jacques Girault

ŒUVRES : Parmi les 48 références du fichier de la BNF, citons : Roseaux sur le mur : les poètes occidentalistes chinois 1919-1949, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des idées », 1971. — L’intelligence au pouvoir. Un monde nouveau : la Chine, Paris, F. Maspero, 1973. — Luxun. Histoire d’AQ : véridique biographie, Paris, PUF, « Études littéraires », 1980. — Luxun, écrivain chinois ou Adieu mes ancêtres, Paris, Hachette jeunesse, 1991.

SOURCES : Archives du comité national du PCF et rapports de la fédération de Seine-Saint-Denis transmis par Paul Boulland . — Mairie de Wassy. — Presse nationale. — Sites Internet. — Notes d’Alain Roux.

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