LIRON André, François, Florentin

Par Pierre Gros

Né le 22 octobre 1925 à Nîmes (Gard), mort le 8 mai 2004 à Béziers (Hérault) ; professeur ; secrétaire de la section académique (S3) de Montpellier du SNET (1963-1966), secrétaire adjoint du S3 du SNES (1966-1971) ; militant socialiste, conseiller municipal de Béziers, adjoint chargé des sports puis des festivités (1977-1989).

Fils d’un ouvrier agricole habitant Nîmes et d’une mère sans profession, André Liron avait une sœur cadette. Il fit sa scolarité primaire dans une école publique du centre-ville avant d’entrer à l’école pratique de commerce et d’industrie de Nîmes, où il obtint deux certificats d’aptitude professionnelle de tourneur et d’ajusteur puis un brevet industriel de fabrication mécanique. Il commença ensuite à travailler dans des entreprises de mécanique à la fin de la guerre avant d’aller faire son service militaire à Marseille en 1945 comme 2e classe.

Marié uniquement civilement en juillet 1949 à Pierrette Rey, originaire du Gers, André Liron s’installa à Béziers, où son épouse travaillait comme infirmière à la SNCF ; ils habitaient près des Allées Paul Riquet et eurent une fille, Françoise, née en 1954. Il travaillait à l’usine d’aéronautique Fouga.

Après cinq années dans l’industrie, André Liron passa le concours de professeur technique adjoint de fabrication mécanique des centres d’apprentissage et fut nommé au centre de Metz (Moselle) puis de Mazamet (Tarn). En 1958, il fut reçu au concours de PTA de lycée technique et, après six mois de stage à l’École normale supérieure de l’enseignement technique, fut nommé au lycée technique de Saint-Étienne (Loire) puis à celui de Sète (Hérault) et enfin en 1973, au lycée technique Jean Moulin de Béziers, où il termina sa carrière en 1986, après avoir réussi le concours spécial de professeur technique.

Son engagement syndical commença, dès le début de sa carrière professionnelle d’ouvrier, à la CGT puis à la CGT-FO. Devenu enseignant, il milita d’abord au syndicat national autonome-apprentissage puis au SNET dans la tendance autonome et enfin au SNES dans la tendance « Unité, indépendance et démocratie » puis « UID-Rénovation ».

André Liron commença à prendre des responsabilités syndicales au SNET. Membre du bureau académique de la section de Montpellier, sous la pression amicale de Louis Astre devenu secrétaire général depuis 1961, il prit la succession de Franck Alessandria comme secrétaire académique en 1963. Après la fusion du SNES et du SNET en 1966, il devint secrétaire académique adjoint du nouveau SNES, au titre de l’ex-SNET, conformément à la convention de garantie, Pierre Antonini, militant « Unité et Action », restant le secrétaire général, tandis que Pierre Gros, lui aussi membre du SNET et militant autonome, responsable de la tendance dans l’académie, était secrétaire pédagogique. Liron connaissait fort bien tous les problèmes des enseignements techniques, savait les défendre en s’appuyant sur son expérience ouvrière auprès des recteurs, Antonini lui faisant toute confiance dans ce domaine. Ce partage des responsabilités entre militants des deux principales tendances fonctionna très bien durant plusieurs années, d’autant qu’Antonini appartenait au Parti socialiste unifié et que Liron et Gros en étaient sympathisants.

Mais cette spécificité du S3, alors que dès 1967 avait prévalu l’homogénéité de la direction exécutive au plan national, ne put durer à cause d’une certaine radicalisation des luttes de tendances au début des années 1970 au plan national, ce qui eut des prolongements dans l’académie de Montpellier, bien que les trois militants aient adhéré au nouveau Parti socialiste après le congrès d’Épinay de 1971. La majorité fédérale s’était en effet fixé l’objectif de reconquérir les sections FEN du Languedoc-Roussillon après l’élection de Gros à la tête de celle du Gard et elle ambitionnait de reprendre à Antonini celle de l’Hérault et le secrétariat régional de la FEN.

Les militants UID présentèrent donc une liste pour les élections académiques du SNES de 1971, conduite par Gros et Liron, concurrente de la liste « Unité et Action » conduite par Antonini, mais ne réussirent pas à être majoritaires (26,66% contre 55,63 à U&A et 17,7 à EE-RS). Dès lors, ils ne furent plus associés à la direction du S3 et continuèrent à présenter des listes UID puis UIDR jusqu’en 1991. Liron figura toujours parmi les premiers de ces listes jusqu’à sa retraite et siégea donc à la commission administrative académique et au bureau académique. Il resta également élu aux commissions paritaires académiques des PTA puis des certifiés. Il participait à l’animation de la section FEN de l’Hérault redevenue à majorité UID, notamment sous les mandats de Bélorgeot, Vial, Lemasson. Il militait en outre à la Mutuelle générale de l’Éducation nationale.

Liron, homme de gauche, investi constamment dans le combat pour la paix et la défense des droits de l’Homme, fut sympathisant du PSU avant d’adhérer au Parti socialiste en 1971 à la section de Béziers, où il milita activement. En 1977, élu au conseil municipal, Liron, qui participait au congrès du SNES au moment des élections des maires, rentra à Béziers pour participer à celle du communiste Paul Balmigère qui conduisait la liste d’union de la gauche. Libéré de la plupart de ses responsabilités syndicales, au sein du conseil municipal, il fut chargé des sports. En 1983, il fut élu sur la liste du socialiste Alain Barrau et devint responsable des fêtes et festivités taurines jusqu’en 1989. Après cette date, il n’eut plus de responsabilité mais poursuivit son militantisme au PS et dans diverses associations sportives et professionnelles.

Il fut incinéré selon ses vœux lors d’une cérémonie civile.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article139275, notice LIRON André, François, Florentin par Pierre Gros, version mise en ligne le 9 janvier 2012, dernière modification le 7 décembre 2018.

Par Pierre Gros

SOURCES : Le Travailleur de l’enseignement technique, L’Université syndicaliste, Montpellier SNES. — Renseignements oraux et écrits de Françoise Gadéa, sa fille. — Témoignages de Jean-Claude Soulier.

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