MAS Roger, Arthur, Gaston

Par Didier Bigorgne

Né le 16 avril 1931 à Charleville (Ardennes), mort le 9 août 2009 à Charleville-Mézières ; maître d’éducation physique, puis assistant départemental Jeunesse et Sports ; syndicaliste et militant socialiste ; premier secrétaire fédéral du Parti socialiste des Ardennes (1977–1979) ; maire de Charleville Mézières (1980 – 1998) ; conseiller général (1976–1982) ; député des Ardennes (1981–1993).

Fils de Georges Mas, instituteur, et de Marguerite Dolle, aide-soignante, Roger Mas était le benjamin d’une famille de deux enfants. Il accomplit sa scolarité primaire dans le village des Mazures où son père enseignait. Après avoir obtenu le DEPP (diplôme d’études primaires préparatoires), il poursuivit ses études au lycée Chanzy de Charleville, de 1944 à 1949. Il y réussit le baccalauréat littéraire avant de fréquenter successivement le CREPS. (Centre régional d’éducation physique et sportive) de Roubaix et l’INS (Institut national des sports) de Vincennes. Nommé maître d’éducation physique en 1952 à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), Roger Mas resta en poste jusqu’en 1954.

Entre temps, le 27 décembre 1952 à Saint-Jorioz (Haute Savoie), il avait épousé Marcelle Bouvier, commerçante qui devint employée de bureau ; de cette union naquirent deux filles. Il s’était aussi rapproché de ses Ardennes natales en effectuant son service militaire, avec le grade de sergent, au 3e régiment du génie de Mézières. Promu assistant départemental de Jeunesse et Sports à Châlons-sur-Marne en 1954, Roger Mas fut rappelé sous les drapeaux à Agadir en septembre 1955, à la veille de l’indépendance du Maroc. À son retour à la vie civile, il fut muté à Charleville pour y exercer son métier. Roger Mas, qui avait été champion d’académie de saut en hauteur et joueur de football à l’Olympique de Charleville, devint pigiste à la rubrique sportive de L’Ardennais, puis pompier volontaire pendant les premières années de son installation. Membre du SNEP (Syndicat national de l’éducation physique) dès son entrée dans la vie active, il lui resta fidèle pendant toute sa carrière professionnelle à laquelle il renonça en 1981.

Né dans une famille de tradition socialiste, Roger Mas adhéra aux Jeunesses socialistes en 1947 avant de rejoindre le Parti socialiste SFIO en 1955. Secrétaire de la section « L’Étincelle » de Charleville et membre de la commission exécutive de la Fédération socialiste des Ardennes, il participa au congrès départemental pour la préparation de l’unité socialiste qui se tint le 5 juin 1971 à Charleville Mézières. Il y fut désigné délégué pour le congrès national d’Épinay (11-13 juin 1971) et membre de la commission exécutive fédérale provisoire du Parti socialiste des Ardennes. Reconduit dans son second mandat par le congrès départemental du 9 janvier 1972, il devint secrétaire fédéral le 20 février 1976. Animateur au courant Mauroy, Roger Mas fut élu premier secrétaire fédéral du Parti socialiste des Ardennes le 1er avril 1977, responsabilité qu’il exerça jusqu’au 10 avril 1979. Après cette date, il siégea de nouveau à la commission exécutive fédérale. Enfin, il rompit avec le Parti socialiste en 1995 en regrettant « une formation politique où le sectarisme, le tout idéologique, la lutte pour le pouvoir fermaient tout horizon ».

Roger Mas obtint son premier mandat électif le 14 mars 1965 en devenant conseiller municipal de Charleville sur la liste conduite par le maire socialiste sortant André Lebon et composée de socialistes, de radicaux et de centristes qui remporta la victoire. Cette élection marquait le début d’une longue carrière politique locale. En effet, Roger Mas fut réélu dans les mêmes conditions le 14 mars 1971 à Charleville-Mézières pour occuper le poste de sixième adjoint. Avec le succès de la liste d’Union de la gauche PS–PCF le 14 mars 1977, il fut promu quatrième adjoint au maire socialiste Jean Delautre. À la mort de celui-ci, Roger Mas devint maire de Charleville-Mézières le 18 décembre 1980. Il fut reconduit dans sa fonction après les nouveaux succès aux scrutins des 13 mars 1983 et 12 mars 1989. Aux élections municipales des 11 et 18 juin 1995, Roger Mas conduisit la liste « Autrement » à la victoire, non sans avoir nettement devancé la liste d’Union de la gauche PS-PCF au premier tour ; réélu maire de Charleville-Mézières, il conserva son poste jusqu’à sa démission le 15 mai 1998.

Pendant ses mandats successifs, Roger Mas fit construire, parfois contre sa majorité municipale, la patinoire de la Warenne, la caserne des pompiers et la salle polyvalente Bayard. Il créa aussi le Musée de l’Ardenne et le pôle haute-technologie du Moulin-Le Blanc. Il travailla à maintenir dans sa ville l’usine Ford-Visteon face aux menaces de délocalisation. Enfin, il instaura, avant le vote de la loi Aubry, les trente -cinq heures de travail hebdomadaire pour les employés municipaux.

La carrière de Roger Mas au conseil général des Ardennes fut brève. Candidat de son parti dans le canton de Mézières, il fut d’abord éliminé au premier tout des élections des 8 et 15 mars 1970 en obtenant 1 772 voix sur 19 957 inscrits et 10159 votants. En revanche, Roger Mas devint conseiller général pour le canton de Mézières-Est le 14 mars 1976 : arrivé en tête au premier tour avec 2 795 voix sur 11 383 inscrits et 6 795 votants, il l’emporta au scrutin de ballottage en réunissant 5406 suffrages sur 7497 votants. Il mit fin à son mandat le 14 mars 1982 en renonçant à se présenter à ce nouveau scrutin.

Avant son élection à la députation , Roger Mas échoua à trois reprises, au premier tour, dans la première circonscription de Mézières-Rethel. Il obtint 6 830 voix sur 53 395 inscrits et 43 170 votants le 23 juin 1968, puis 8 496 voix sur 55 325 inscrits et 44 433 votants le 4 mars 1973, enfin 13 054 voix sur 62 837 inscrits et 53 045 votants le 12 mars 1978. Aux élections législatives des 14 et 21 juin 1981, Roger Mas arriva en tête au premier tour avec 15 689 voix sur 65 374 inscrits et 47 493 votants ; seul candidat au second tour, il fut élu député des Ardennes en réunissant 24731 suffrages sur 37 101 votants. Dès janvier 1982, des rumeurs persistantes de remaniement ministériel l’annonçèrent régulièrement comme le futur ministre délégué de la Jeunesse et des sports en remplacement de Edwige Avice ; il n’en fut rien.

Le 16 mars 1986, Roger Mas fut le seul élu de la liste socialiste qui recueillit 46 767 suffrages sur 197 377 inscrits et 150 491 votants dans le département des Ardennes. Il fut réélu député dans la circonscription de Mézières-Rethel, le 12 juin 1988 : après avoir obtenu 17 804 voix sur 69 567 inscrits et 45 699 votants au premier tour, il remporta la victoire au scrutin de ballottage en rassemblant 25 370 voix sur 50 073 votants. Pendant cette législature, Roger Mas fut rapporteur de la commission Production et Échanges du budget de l’Industrie à l’Assemblée nationale. Membre du comité des régions d’Europe, il présida aussi le groupe parlementaire franco-belge. Il perdit son siège de député lors des élections législatives des 21 et 28 mars 1993. Avec seulement 10 227 voix sur 67 433 inscrits et 47 035 votants recueillies au premier tour, il réussit à obtenir 19 682 suffrages sur 48 660 votants au second mais il fut battu par le candidat de droite.

À la retraite politique depuis 1998, Roger Mas résidait à Aiglemont (Ardennes). Il subit une grave intervention chirurgicale, puis il perdit son épouse en décembre 2006. Il était chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur ( décoré en 1998 par son parrain Pierre Mauroy), Grand commandeur de l’ordre de Léopold, officier dans l’ordre du Mérite sportif, des Palmes académiques et du Mérite agricole, titulaire de la médaille d’or de Jeunesse et sports, quand il mourut à l’hôpital de Charleville-Mézières. Il fut alors incinéré dans l’intimité familiale. Aujourd’hui, une esplanade et un boulodrome portent le nom de Roger Mas à Charleville-Mézières.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article139237, notice MAS Roger, Arthur, Gaston par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 3 janvier 2012, dernière modification le 28 avril 2013.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Archives de la Fédération socialiste des Ardennes. – Le Réveil Ardennais, 1968 à 1988. – L’Ardennais, 15 janvier 1982, 9-10 juillet 1988, 5 juin 1995 ,15 mai 1998 13 et 14 août 2009. — Presse locale. — Renseignements communiqués par l’intéressé (entretien en 2005). — État civil de Charleville-Mézières.

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