KOSUTA Alberto

Par Daniel Grason

Né le 28 novembre 1908 à Santa Croce, près de Trieste (Italie) ; maçon, tailleur de pierre ; militant communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; interné.

Fils de Michel et de Marie, née Kobau vint en France en 1930, habitait 27 rue Petite-Saussaie à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), il fit l’objet d’un arrêté d’expulsion le 18 juillet 1932. Il obtint par la voie de sursis trimestriels renouvelables l’autorisation de séjourner en France. Il adhéra au parti communiste en 1924 en Italie, en 1931 il renouvela son adhésion au parti communiste de France, il fut membre de la commission régionale de l’émigration italienne, lisait Stato operaio (L’État ouvrier), publication du parti communiste italien, La Voce degli Italiani (La Voix des Italiens), édité par l’Union populaire italienne (UPI), était membre du bureau de sa cellule à Vitry. En octobre 1936, il partit en Espagne, fut incorporé dans la XIIe Brigade internationale Garibaldi. Blessé le 16 juin 1937 sur le front d’Aragon, son rapatriement eut lieu en septembre.

Il se maria le 9 octobre 1937 à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) avec Catherine, née Félix, mère d’une fille d’une quinzaine d’année. En mars 1938 le couple emménagea dans la ville, voie Barye, ils eurent deux enfants Mireille née en 1939 et Eliane en 1942. Il travailla comme tailleur de pierre à Boulogne-Billancourt, ensuite chez un entrepreneur de maçonnerie dans le XVIe arr. En juin 1940, au moment de l’exode la famille se réfugia dans la Creuse. Il fut arrêté le 24 juin 1941en tant que sympathisant communiste et interné au camp de Compiègne (Oise), il fut libéré par les autorités allemandes le 20 octobre.

En mars 1942 la famille déménagea 35 rue Jean-Jaurès à Thiais. Il y fut appréhendé par la police française le 12 mai 1942, interné administrativement à la caserne des Tourelles XXe arr. en tant qu’ex-milicien des Brigades internationales, sur instructions du commandant SS-Sturmbannführer Boemelburg qui dirigeait la SIPO et la Gestapo sur le territoire français. Le 14 septembre Reiser, chef de la sûreté du service de sécurité écrivait aux autorités françaises : « Après vérification du cas de Kosuta, nous n’avons plus d’intérêt à maintenir plus longtemps son internement, si de votre côté il n’y a pas d’autres raisons d’internement où même de procédure pénale qui s’y opposent ».

La préfecture de police proposa le rapatriement d’office d’Alberto Kosuta en Italie. Cette proposition resta sans suite, il fut interné à Rouillé (Vienne) pendant neuf mois, ramené aux Tourelles, désigné en novembre 1943 pour travailler en Allemagne. Il se serait évadé du train, se rendit à Chartres (Eure-et-Loir), regagna la région parisienne où il s’engagea dans la résistance italienne.

Après la Libération, l’avis d’expulsion de 1932 fut rapporté le 2 mai 1946, une carte d’identité de travailleur lui fut délivrée. Il était Vice-président de l’Union démocratique des originaires de la Marche Julienne et de Trieste en France, organisation qui demandait le rattachement de Trieste à la Yougoslavie, cette association s’éteignit d’elle-même en janvier 1948. Également membre de la fédération Ile-de-France de la Résistance italienne dont le siège était à Paris, un arrêté ministériel de janvier 1949 ordonna sa dissolution. La famille demeurait au 21 rue des Audigeois à Vitry, Alberto Kosuta était employé au Centre d’accueil de la défense des immigrés (CADI), il alla quelque temps à Trieste.

En octobre 1967, il sollicita auprès du Ministère des anciens combattants et victimes de guerre l’attribution du titre d’interné Résistant, la famille était toujours à Vitry, 2 cité des Friches-Malassis.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article139202, notice KOSUTA Alberto par Daniel Grason, version mise en ligne le 24 décembre 2011, dernière modification le 23 décembre 2011.

Par Daniel Grason

SOURCE : Arch. PPo., GA K2.

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