MAGNAUX Alphonse [MAGNAUX François, Alphonse]

Par Alain Dalançon, Nicole Proux

Né le 2 août 1897 à Saint-Agnant-les-Marais (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), fusillé le 11 mai 1943 à Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) ; cheminot ; militant communiste ; résistant au sein des FTPF.

Alphonse Magnaux
Alphonse Magnaux
coll. familiale

Fils de Jean Magnaux, maçon illettré vivant dans le village de Montierneuf, commune de Saint-Agnant, et de Thèrèse Besson, Alphonse Magnaux s’engagea en 1916, fut blessé en Allemagne et décoré de la Croix de guerre. Il épousa le 16 décembre 1922, à La Rochelle-Laleu, Léonce Gorchon et eut deux fils avec elle : Roger et Jean.
Il adhéra au Parti communiste en 1923. Grand et trapu, il portait en permanence une grande écharpe rouge et était connu avant guerre pour son militantisme politique à Saintes (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), où il était électricien au dépôt de la SNCF. Il résidait dans un village voisin, à Fontcouverte.
Alphonse Magnaud participa à la reconstitution clandestine du Parti communiste dès la fin 1940 avec Jean Poilane et Lemasson sous la direction de Jean Papeau, un instituteur déplacé ensuite en Seine-Inférieure, déporté en 1944 à Buchenwald. Ils eurent pour mission de reconstituer les cellules de Saintes et de la SNCF, Magnaux étant plus précisément chargé de cette dernière. Avec Perdrigeat et Ruelland, ils organisèrent la cellule qu’ils divisèrent en trois secteurs : voies et bâtiments, exploitation, matériel et traction. Une imprimerie clandestine fut mise en place chez lui à la Pichauderie dans les bois de la Grève, ce qui leur permit de reproduire des tracts et les journaux qui leur parvenaient de Paris. Devenu ensuite chef des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de la résistance cheminote, il assurait la coordination des actions et participa lui-même à plusieurs sabotages et déraillements. Il participait également à la perturbation du trafic des trains et changeait les étiquettes allemandes sur les wagons qui étaient envoyés dans des directions imprévues.
Il savait qu’il était recherché pour menées communistes et soupçonné d’être le responsable de l’Organisation spéciale (OS). Le 5 septembre 1942 au matin, avec la complicité de ses camarades cheminots, il partit de la gare de Saintes en vélo, disparut et devint clandestin. Un avis de recherche fut immédiatement lancé contre lui par la police française. Son domicile fut perquisitionné en octobre 1942 par les Renseignements généraux et la gendarmerie qui y trouvèrent de la propagande communiste ancienne. Les pièces furent transmises à la sécurité allemande de La Rochelle.
Alphonse Magnaux se réfugia un moment chez Noël Boileau, à la ferme des Mesnards (commune du Douhet). Souhaitant retrouver sa famille à la fin de l’année 1942, il se fit héberger chez une amie coiffeuse, Mme Forest, et fut arrêté dans la nuit du 31 décembre 1942 au 1er janvier 1943. Celle-ci fut également arrêtée, transférée à Poitiers puis déportée.
Alphonse Magnaux fut d’abord incarcéré à la prison de Saintes durant 124 jours puis transféré à la prison Lafond de La Rochelle, le 5 mai 1943. Condamné à mort, il a été fusillé au stand de tir du Polygone de la Marine à Rochefort-sur-Mer, le 11 mai.
Quelques mois plus tard, son neveu, Gilles Jamain, et Maurice Chupin, le mari de sa nièce Yvette Jamain, résistants à Rochefort, ont été fusillés à Poitiers. Son fils, Roger, né le 17 novembre 1924 à Surgères, poursuivit son combat, échappa à liquidation du groupe FTP auquel il appartenait, entra dans le maquis en 1943 et participa comme capitaine des FFI à la libération de la Dordogne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article139172, notice MAGNAUX Alphonse [MAGNAUX François, Alphonse] par Alain Dalançon, Nicole Proux, version mise en ligne le 17 décembre 2011, dernière modification le 20 janvier 2019.

Par Alain Dalançon, Nicole Proux

Alphonse Magnaux
Alphonse Magnaux
coll. familiale

SOURCES : Henri Gayot, Charente-Maritime 1940-1945 : Occupation, Résistance, Libération, 1973. – Jacques Jamain, Les Jamain. Mémoire d’une famille dans la Résistance et la Déportation, Marennes, 2009. – Gisèle Robert, Mes frères contre la Gestapo, p. 80-81. – Témoignage de Jean Poilane.

ICONOGAPHIE : photo, collection de la famille.

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