SUPEK Rudi

Par Daniel Grason

Né le 16 avril 1913 à Zagreb en Croatie (Yougoslavie) ; étudiant ; communiste ; interné ; déporté.

Fils de Rudolph et de Maria, née Sipz, Rudi Supek vint habiter en France. Il fut signalé, à la police en janvier 1942 comme l’un des dirigeants qui reconstituaient le parti communiste yougoslave en France avec Lazare Udovievic et Svetzar Popovic. Ils éditèrent deux ou trois numéros du journal Nas Glass en région parisienne. Ils mirent sur pied une filière de départ d’ex-brigadistes yougoslaves en Espagne pour aller combattre l’armée allemande. Les volontaires étaient invités à signer un engagement à travailler en Allemagne, d’où ils seraient dirigés sur la Serbie méridionale.
Les policiers français arrêtèrent Rudi Supek le 3 mai 1942, une semaine après l’arrestation de sa compagne Sonia Gutmann. Il fut interné au camp des Tourelles, (XXe arr.), fin avril 1943 une note indiquait qu’il quittait la caserne pour l’Allemagne en vue de son emploi comme travailleur, il fut probablement transféré à Compiègne.
Le 17 janvier 1944, il était dans le convoi qui partit de Compiègne (Oise). Mille neuf cent quarante-trois déportés (mille cinq cent six-français et quatre cent trente-sept étrangers) arrivèrent le 19 au camp de concentration de Buchenwald (Allemagne).
Le 11 avril 1945 dans l’après-midi, l’armée américaine conduite par le général Patton libérait Buchenwald. Un Comité militaire clandestin international l’accueillit. Le Comité des intérêts français était composé de : Henri-Frédéric-Henri Manhès, Albert Forcinal, Marcel Paul, Robert Darsonville et Jean Lloubes représentaient les français au sein de ce comité.
Dans son ouvrage 1945 La découverte, Annette Wieviorka soulignait : « c’est avec l’arrivée du résistant communiste Marcel Paul, en mai 1944, qui devient l’interlocuteur des dirigeants allemands, que le parti communiste français s’organise véritablement à Buchenwald et qu’il rassemble d’autres courants de la Résistance dans le Comité des intérêts français. Désormais, le Comité est à présent dans l’organisation de résistance du camp et peut protéger certains détenus. »
Rudi Supek matricule 40756 était probablement parmi les déportés qui résistèrent aux épreuves de la déportation. Il a été homologué Déporté interné résistant (DIR).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article139130, notice SUPEK Rudi par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 décembre 2011, dernière modification le 19 septembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1836, BA 1841, 77W 287, 77W 392. – Bureau Résistance GR 16 P 558221. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. du Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément