ZAJDMAN Szajndla [dite Sonia]

Par Daniel Grason

Née le 1er novembre 1907 à Varsovie (Pologne), morte en février 1943 à Auschwitz (Pologne) ; étudiante ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; résistante ; déportée.

Szajndla Zajdman
Szajndla Zajdman

Fille de Ekiela et de Szocia, née Szpazcer, Szajndla Zajdman demeurait dans un hôtel, 22 rue du Sommerard à Paris (Ve arr.). Elle vécut plusieurs années avec un nommé Warszawski, elle le suivit en Espagne républicaine dans les Brigades internationales. Warszawski pourrait se confondre avec Salomon Warszawski, alias Bronislaw Lecki.
Sept cartes interzones qui étaient destinées à Szajndla Zajdman avaient été découvertes au domicile de Naftule Grosman. Deux inspecteurs de la BS2 interpellèrent Szajndla Zajdman le 3 juillet 1942 vers 21 heures à son hôtel. Dans sa chambre les policiers saisissaient un coupon de mandat qui lui était adressé par Paul Durandon (Hittel Gruszkiewicz), domicilié 11 boulevard de la Madeleine à Marseille (Bouches-du-Rhône), et d’une lettre signée « Ferry ». Szajndla Zajdman n’avait pas attiré l’attention de la police du point de vue politique. Toutefois, elle avait été identifiée parmi les visiteurs de l’Ambassade de l’Union Soviétique le 23 janvier 1940.
Emmenée dans les locaux des Brigades spéciales, elle fut interrogée. Elle déclara d’emblée qu’elle était juive, diplômée en microbiologie de la faculté de Nancy, elle avait deux certificats de la faculté des sciences de Dijon et de Nancy. Elle était inscrite au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris. L’une de ses sœurs et son mari qui était maroquinier l’aidaient financièrement. Szajndla Zajdman était porteuse d’une carte d’étrangère délivrée le 1er février 1942.
Interrogée sur la présence des cartes interzones découvertes dans une valise chez Naftule Grosman. Elle répondit qu’elle avait donné son nom et son adresse à Paul Durandon « pour [lui] rendre service ». Ayant reçu plusieurs courriers elle assura que cela lui avait « paru bizarre, aussi je lui ai dit que je ne voulais plus de cela. Durandon [Hittel Gruszkiewicz] m’a promis de faire cesser ces envois, et à partir de ce moment, je n’ai plus rien reçu. Je n’ai pas su où il résidait à Paris. Quand il voulait savoir s’il y avait un courrier pour lui, il me téléphonait à l’Hôtel. »
Interrogée sur les circonstances dans lesquelles elle fit sa connaissance, elle répondit qu’elle fit sa connaissance à Nancy où il était marchand forain. Concernant les cartes interzones, elle pensait qu’il s’agissait de faux nom, seul celui de Kurc habitant à Nice lui paraissait exact. Elle écrivait à Paul Durandon en poste restante, à sa connaissance il travaillait comme mécanicien dans un garage. La lettre signée « Ferry » était arrivée le 1er ou 2 juillet 1942, elle n’avait pas gardé l’enveloppe qui assura t’elle « ne portait pas l’adresse de l’expéditeur. »
Au cours de l’interrogatoire, elle a été frappée à plusieurs reprises, les policiers citèrent sept noms, elle assura ne pas connaître ces personnes. Plusieurs photographies lui furent présentées, elle ne connaissait personne, Szajndla Zajdman affirma : « Je n’ai jamais appartenu à un groupe politique quelconque. Je n’ai jamais fait de camping. »
Elle fut livrée aux autorités allemandes, internée au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux Juifs. Le 11 février 1943, elle était dans le convoi n° 47 parmi les neuf cent quatre- vingt-dix-huit déportés à destination d’Auschwitz (Pologne), huit cent deux furent gazés à l’arrivée, cent quarante- trois hommes et cinquante-trois femmes furent sélectionnés. Quand l’Armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1945, il ne restait que dix survivants dont une femme.
Le rapport de la commission d’épuration de la police du 22 mars 1945, concernant l’inspecteur Jean S… qui arrêta avec un collègue Szajndla Zajdman ne comportait que quelques mots : « aucune trace de cette personne n’a pu être retrouvée. »

Le nom de Szajndla Zajdman a été gravé sur le mur des noms au Mémorial de Shoah rue Geoffroy-l’Asnier à Paris IVe arrondissement.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article138861, notice ZAJDMAN Szajndla [dite Sonia] par Daniel Grason, version mise en ligne le 9 décembre 2017, dernière modification le 25 février 2019.

Par Daniel Grason

Szajndla Zajdman
Szajndla Zajdman

SOURCES : Arch. PPo. 77W 380, GB 103 BS2, 77W 3117, GB 190 (photo). – Bureau Résistance (pas de dossier) – Site Internet CDJC.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 190.

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