PESCHANSKI Alexandre-Sacha

Par Daniel Grason

Né le 25 janvier 1908 à Rybnitza (Empire Russe, Union soviétique), mort en février 1994 ; chauffeur, monteur câbleur en TSF ; volontaire en Espagne républicaine ; résistant ; déporté.

Alexandre Peschanski.
Alexandre Peschanski.

Alexandre Peschanski fils de Lew et de Bela quitta l’Union soviétique en 1922 pour la Palestine pour travailler, il rencontra Dora Kronfeld. Il alla travailler en Egypte, se rendit en Suisse, gagna la France. En 1937, il partit en Espagne combattre, fut incorporé comme chauffeur à une formation du Train des Equipages des Brigades internationales. Il n’était pas membre du parti communiste, il espérait à son retour obtenir l’autorisation des autorités soviétiques de pouvoir rentrer dans la mère patrie. Son rapatriement eut lieu en février 1939, il fut interné au camp d’Argelès (Pyrénées-Orientales). Libéré le 15 mars, assigné à résider dans la Vienne, il habita à Poitiers, travailla dans des carrières jusqu’au début juillet 1940.

En septembre 1940, il vint à Paris rejoindre Dora Kronfeld qui suivait des études de chimie. Il vécut avec elle 8 Rue des Carmes, Ve arr., ensuite 16 Rue Sorbier (XXe arr.), il prit des cours de montage de TSF. Monteur-câbleur chez Metox 124 rue Réaumur, (IIe arr.), où l’ingénieur radio Jacques Hanlet travaillait, puis aux Ets Michel rue Sorbier. Il montait des appareils de TSF à son domicile qu’il revendait à des détaillants.

Le samedi 7 décembre 1940, il y eut une descente de police au restaurant Goura, rue du Faubourg du Temple, les policiers considéraient l’établissement comme un lieu de réunion des communistes juifs, Alexandre Peschanski en règle ne fut pas inquiété. Le 14 décembre, il se présentait au consulat de l’Union soviétique, sollicita son rapatriement, un certificat attestant qu’il était citoyen soviétique lui fut délivré.

Le 1er juillet 1942 aux environs de Pithiviers (Loiret) Szyfra Lipszyc* était arrêtée par des inspecteurs de la Brigade spéciale n° 2. Elle portait des faux-papiers au nom de Jeannette Dupont, elle était accompagnée de Gilbert Bacot*, tous les deux participèrent à l’incendie de réserves de paille destinées à l’armée allemande et de champs de céréales. Les membres de la Brigade antiterroriste n’hésitaient pas à frapper lors des interrogatoires. Quarante-huit heures plus tard les policiers interpellaient Robert Beck* dit Lucien à son domicile 43 rue Gazan, XIVe arr. Des inspecteurs restèrent à son domicile, plusieurs membres du réseau de renseignement et d’action du Komintern (Internationale communiste) furent arrêtés. Au fil des jours et des semaines il y eut une vingtaine d’arrestations.

Lors de la perquisition chez Dora Kronfeld le 9 juillet, la photographie d’Alexandre Peschanski en uniforme de milicien des Brigades internationales était saisie. Il fut arrêté le lendemain, les inspecteurs de la BS2 lui présentèrent une dizaine de photographies dont celles de Robert Beck*, Naftule Grosman*, Macha Lew*. Ses activités professionnelles, ses relations furent passées au crible, plus particulièrement ses liens avec Dora Kronfeld, sur la présence de produits chimiques à ses domiciles des rues Georges-de-Porto-Riche, (XIVe arr.) et 16 rue Sorbier, (XXe arr.). Ses réponses ne convainquirent pas les policiers. Il fut livré au Sonderkommando IV de la Geheime Feldpolizei (GFP), police de sûreté qui siégeait à l’hôtel Bradford.

Il comparut probablement le 14 octobre 1942 devant le Tribunal militaire allemand du Grand Paris qui siégea dans le quartier allemand de la prison de la Santé, celui-ci prononça six condamnations à mort et cinq peine de travaux forcés à perpétuité. Condamné à une peine de travaux forcés, il était extrait de sa cellule le 26 novembre, partait de la gare de l’Est à destination de l’Allemagne. Déporté politique, classé Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard « NN »), il purgea sa peine dans différentes prisons : Karlsruhe, Sonneburg près de Francfort-sur-Oder, une forteresse d’application des peines pour les déportés « NN », enfin au Kommando de Reichenau (Tchécoslovaquie). Alexandre Peschanski fut libéré le 8 mai 1945, jour de la reddition de l’Allemagne nazie.

Alexandre Peschanski et Dora Kronfeld se marièrent, habitèrent 11 rue Jean-de-Beauvais, à Paris (Ve arr.), puis 13 avenue de Châtenay, à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Il reprit sa profession de réparateur de postes de TSF. Il a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté, interné, résistant (DIR). Reconnut officier FFI par le Ministère des anciens combattants, il fut promu Officier de la Légion d’honneur au titre de son action dans la Résistance. Le couple eut trois enfants : Robi, né en 1947, physicien au CEA, Marc né en 1952, biologiste et neurophysiologiste, Denis né en 1954, historien au CNRS, directeur de recherche spécialiste de l’histoire du communisme.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article138857, notice PESCHANSKI Alexandre-Sacha par Daniel Grason, version mise en ligne le 13 novembre 2011, dernière modification le 25 février 2019.

Par Daniel Grason

Alexandre Peschanski.
Alexandre Peschanski.

SOURCES : RGASPI 545.6.1539, BDIC mfm 880/42 ; RGASPI 545.6.1538, BDIC mfm 880/42, PESANSKI Sasa (sic) 31 ans Palestina Liste des 340 volontaires russes en Espagne républicaine, Le nom est mal orthographié. – Arch. PPo., PCF carton 13, 77W 385, 1W 0101. – Bureau Résistance GR 16 P 470460. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – David Diamant, Combattants Juifs dans l’armée Républicaine espagnole. 1936-1939, Éd. Renouveau, 1979, p.382. Dans la liste de noms de Brigadistes venus de divers pays, il y a : PIECHANSKI Alexandre (Pls.) Palestine. – l’Humanité, 25 février 1994.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 186 cliché du 10 juillet 1942.

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