YOL Camille, Marcel

Par Daniel Grason

Né le 25 février 1901 à Bois-Colombes (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 29 novembre 1942 à Auschwitz (Pologne) ; électricien ; militant communiste de Vanves (Seine, Hauts-de-Seine) ; interné ; déporté.

Camille Yol était le fils de Camille, mécanicien et de Marie, née Charlet, ménagère. Il se maria le 26 août 1920 à Paris XVe arr. avec Hélène Reiset, née le 20 mars 1898 à Seppois-le-Bas (Haut-Rhin). Dès 1920 le couple habita 32 rue Jullien à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine). En mars 1938 il travaillait à Malakoff aux Ets Ragonot qui fabriquaient des moteurs électriques.

Il était connu de la police en tant que secrétaire du Comité local des chômeurs de Vanves. Lors de la dissolution du parti communiste prise par le décret-loi du 26 septembre 1939, la police perquisitionna ses locaux ainsi que ceux de la CGT. Le nom de Camille Yol figurait sur une liste saisie comme secrétaire du comité local de l’union des syndicats des ouvriers de la région parisienne CGT. Mobilisé au début de la guerre au 6e Groupe de repérage par le son, 15e batterie, ses supérieurs apprécièrent sa façon de servir, il fut nommé brigadier. Démobilisé, il retrouva sa place chez Ragonot.

Considéré comme un : « individu dangereux pour la propagande sournoise qu’il menait au sein de l’usine où il travaillait », le commissaire de police de Vanves effectua une perquisition à son domicile le 4 décembre 1940. Une ronéo fut saisie ainsi que des tracts du parti communiste, fut-il déféré, condamné par un Tribunal correctionnel ?

La police de Vanves le catalogua comme un : « Meneur communiste très actif poursuivant clandestinement son activité ». Le 22 juin 1941 les troupes allemandes attaquaient l’Union soviétique, cinq jours plus tard la police arrêtaient et internaient administrativement des militants communistes en application du décret-loi du 18 novembre 1939 : « individus dangereux pour la défense nationale et pour la sécurité publique ». Camille Yol arrêté le 27 juin, fut conduit successivement, au commissariat, remis aux allemands à l’Hôtel Matignon, enfin au Frontstalag 122 à Compiègne (Oise). L’entreprise Ragonot le raya des effectifs le 11 septembre 1941.

Le 14 juillet 1941 date symbolique, Hélène Yol écrivit au ministre de l’Intérieur : « Mon mari est un bon Français et depuis 1939, où il a répondu à l’appel du pays, il n’a jamais eu aucune activité politique ni ne s’est livré à un acte quelconque contraire aux intérêts du pays.
Je suis brutalement privé de mon seul soutien et de la plus grande partie de mes ressources ». En conclusion, elle lui demandait que son : « mari qui n’a commis aucun crime soit rendu à son foyer ». Le 25 août le préfet demandait aux Renseignements généraux d’ouvrir une enquête, le 1er septembre le policier concluait : « Il ne semble pas dans les circonstances actuelles que la demande de libération le concernant puisse être accueillie favorablement ».

Hélène Yol ne se découragea pas, elle écrivit le 12 mai 1942 à Philippe Pétain, elle concluait : « Monsieur le Maréchal, je fais appel à votre haute bienveillance. Je vous serais infiniment reconnaissance de faire rapporter la mesure qui frappe mon mari. […] Je place toute ma confiance en votre clémence pour faire libérer mon mari qui est un honnête homme ».

Le 6 juillet 1942 un convoi de mille cent soixante-quinze hommes partit de Compiègne (Oise) à destination d’Auschwitz (Pologne). Ce transport politique était composé essentiellement de militants communistes, de quelques socialistes et radicaux, de syndicalistes de la CGT, et de cinquante-six juifs. Parmi les déportés plusieurs anciens volontaires des Brigades internationales. L’administration allemande entendait dissuader les dirigeants et les résistants communistes de poursuivre la guérilla urbaine, commencée en août 1941, sous la forme d’attentats contre des officiers et des troupes de l’armée d’occupation. Ce convoi fut particulièrement meurtrier, 90 % des déportés périrent. ». Matricule 46210 Camille Yol mourut le 29 novembre 1942. Son nom figura sur le monument aux morts de Vanves. Quatre militants de la ville étaient dans le transport à destination d’Auschwitz, un seul Lucien Penner qui fut transféré à Buchenwald revint.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article138686, notice YOL Camille, Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 novembre 2011, dernière modification le 7 juin 2016.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 2397, 77W 43. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz. Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éd. Autrement, 2005. – État civil, Bois-Colombes. – Site Internet GenWeb.

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