ANTONINI Angelo

Par Daniel Grason

Né le 2 mai 1909 à Rome (Italie) ; électromécanicien ; volontaire en Espagne républicaine ; interné.

Angelo Antonini fils d’Octave et d’Annonciate, née Libérati quitta clandestinement l’Italie en 1933 pour Prague en Tchécoslovaquie où il résida jusqu’en 1937. Il rejoignit Vienne (Autriche), puis irrégulièrement Paris. Il fréquenta des antifascistes, fut recruté en tant que mécanicien pour travailler en Espagne. Il alla à Valence, à Barcelone où il travaillait chez Hispano-Suiza, firme nouvellement nationalisée qui fabriquait des moteurs d’avions et d’automobiles.

Il revint en France en 1939, et se présenta le 23 février à la préfecture de police au service des miliciens pour régulariser sa situation administrative. Figurant sur la liste déposée par le comité d’aide à l’Espagne républicaine, il s’agissait d’une démarche conjointe. Le 3 mars, un refus de séjour lui était signifié, il obtint plusieurs sursis. Lors de la déclaration de guerre en septembre 1939, il fut affecté à l’usine métallurgique où il travaillait 125, rue de Montreuil, Paris XIe arr. Le 24 novembre 1941, une carte d’identité valable jusqu’au 22 novembre 1942 lui était délivrée au titre de « travailleur industriel.

Il demeura 112, rue des Pyrénées, Paris XXe arr. avec une amie qu’il connut en Espagne, ils se séparèrent. Angelo Antonini vécut avec Yvonne Zimmer, née Schiavetta, d’origine italienne, française par le mariage. Ils habitèrent au 18, av. de Bouvines et 14, passage du Génie, XIe arr. Il travailla pour le compte des autorités allemandes au Fort de Vincennes et en septembre et octobre 1940 à Lublin (Pologne). En raison de son état de santé, il occupa ensuite irrégulièrement des emplois.

Les autorités d’occupation demandèrent à la préfecture de police d’établir une liste des ex-miliciens en Espagne. La 3e section des Renseignements généraux prépara la recension, elle était disponible le 19 septembre 1941. Le conseiller Karl Boemelburg, chef de l’ensemble des forces de police allemande en France, décida d’une vaste opération contre les ex-miliciens en Espagne le 24 décembre 1941. Angelo Antonini fut appréhendé le 19 février 1942 et interné le jour même à la caserne des Tourelles, Paris XXe arr.

Le 31 mai 1942, il s’adressait au préfet de police pour demander sa libération : « J’ai toujours respecté scrupuleusement les lois ; je n’ai jamais appartenu au parti communiste ni participé à aucune action communiste. J’ai toujours gagné honnêtement ma vie par mon travail ». Il soulignait que depuis juillet 1940, il travaillait « pour le compte des Autorités allemandes c’est-à-dire sous leur direction, à qui j’ai donné pleine satisfaction ». Celles-ci lui délivrèrent un certificat pour appuyer sa demande de mise en liberté.

Dans un rapport du 23 juillet 1942, les renseignements généraux écrivaient : « La libération de cet étranger pourrait être envisagée, sous réserve toutefois d’une mesure de rapatriement immédiat après accord des Autorités d’occupation. Sa présence en liberté, sur notre territoire ne peut en effet qu’être préjudiciable à l’ordre public ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article138413, notice ANTONINI Angelo par Daniel Grason, version mise en ligne le 3 octobre 2011, dernière modification le 30 septembre 2011.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, BA 2447, RG77W 218.

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