LEFRANC Raymond, Marius

Par Paul Boulland

Né le 9 février 1916 à Ressons-Le-Long (Aisne), mort le 6 juillet 1977 à Saint-Quentin (Aisne) ; ouvrier agricole, bonnetier, bourrelier ; militant communiste et syndicaliste CGT ; secrétaire de la section fédérale agricole CGT de l’Aisne (1952-1965), secrétaire de l’UL-CGT de Saint-Quentin ; député (1956-1958).

Le père de Raymond Lefranc travailla comme ouvrier agricole (charretier en 1947) ; sa mère fut également ouvrière agricole puis ménagère. Tous deux étaient décrits en 1947 comme sympathisants communistes. Passé par l’école primaire sans obtenir de diplôme, Raymond Lefranc entra dans la vie professionnelle comme ouvrier agricole. Travaillant à Nouvion-et-Catillon (Aisne) en 1935, il y adhéra au syndicat CGT des ouvriers agricoles puis en mai 1936 au Parti communiste. Entre 1936 et 1938, il fut trésorier de la cellule d’Anguilcourt-le-Sart (Aisne). Devenu ouvrier bonnetier à Tergnier (Aisne) en 1938, il y fut trésorier du syndicat CGT des bonnetiers. Gréviste le 30 novembre 1938, il fut licencié de la bonneterie.

Raymond Lefranc suivit l’exode lors de la Drôle de guerre, avant de revenir à Tergnier en octobre 1940. Il retrouva immédiatement le contact avec ses camarades, notamment Paul Doloy. Il fut chargé de réceptionner et diffuser le matériel de propagande et hébergea des responsables de l’organisation clandestine. Selon ses rapports de 1947 et 1950, l’un de ces responsables de passage, uniquement identifié par le pseudonyme de « Louis », lui ordonna en juin 1943 de cesser toute relation avec Paul Doloy, lui suggérant même de l’exécuter. Raymond Lefranc refusa catégoriquement et considérait a posteriori que l’ordre émanait d’un « traître », version reprise par la section des cadres. Il resta toutefois coupé de l’organisation jusqu’à la Libération et reprit contact avec le PCF à Soissons (Aisne) en septembre 1944.

Devenu ouvrier bourrelier à Vic-sur-Aisne (Aisne), Raymond Lefranc fut secrétaire de la cellule locale de Ressons-le-Long puis de la section de Vic-sur-Aisne. Parallèlement, il devint secrétaire du syndicat CGT des ouvriers agricoles. En 1947, René Thullier*, secrétaire de la fédération communiste, indiquait qu’il était un « excellent secrétaire de section » contribuant à l’influence grandissante du PCF dans le canton. Raymond Lefranc fut ainsi candidat aux élections cantonales de mars 1949, dans le canton de Vic-sur-Aisne, battu au second tour par quelques dizaines de voix. Élève d’une école de la fédération communiste à la fin des années 1940, il entra au comité fédéral PCF de l’Aisne en 1950.

Élu secrétaire de la section fédérale agricole de la CGT lors de son XIIIe congrès (novembre 1952), Raymond Lefranc contribua à son rapide développement qui la vit passer de dix syndicats pour 120 adhérents en 1953, à cinquante-six syndicats pour près de 900 adhérents l’année suivante. Figurant en troisième position sur la liste du PCF aux élections législatives de janvier 1956, derrière les députés sortants Adrien Renard* et Raoul Sauer*, il fut élu.

À l’Assemblée nationale, Raymond Lefranc siégea à la commission de l’agriculture et fut désigné comme son représentant à la commission des assurances sociales agricoles. Il fut particulièrement actif dans la défense des salariés agricoles, à travers ses interventions et par diverses propositions de loi ou de résolutions. Il déposa notamment en février 1958 un projet de loi intégrant les salariés agricoles au régime général de sécurité sociale. À nouveau candidat en novembre 1958 dans la cinquième circonscription de l’Aisne, il fut battu. Il se présentant sans plus de succès en 1962 dans la troisième circonscription de l’Aisne.

Membre du bureau de la fédération communiste de l’Aisne depuis 1954, Raymond Lefranc reprit son activité syndicale à l’issue de son mandat parlementaire. Il resta secrétaire de la section fédérale agricole jusqu’au XVIIIe congrès (1965) et intégra le bureau de l’UD-CGT de l’Aisne. En 1961, il fut ramené au comité de la fédération communiste qui souhaitait équilibrer la présence des représentants de l’UD-CGT. Il devint alors secrétaire permanent de l’UL-CGT de Saint-Quentin, fonction qu’il occupa jusqu’en 1968 au moins. En 1971, il demanda son retrait du comité fédéral communiste pour raisons de santé.

Marié une première fois, père de deux enfants (Alain fut directeur d’école à Gauchy), divorcé, Raymond Lefranc s’était remarié avec Lucienne Trichet, morte à Saint-Quentin en mars 2010 à l’âge de 85 ans.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article138165, notice LEFRANC Raymond, Marius par Paul Boulland, version mise en ligne le 7 septembre 2011, dernière modification le 2 octobre 2017.

Par Paul Boulland

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. — DPF.

fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément