PLESINSKI Jean

Par Daniel Grason

Né le 15 juin 1892 à Minska-Vola (Pologne) ; chaudronnier ; militant communiste ; volontaire en Espagne républicaine.

Fils de Jean et de Sophia, née Plesmolki, il épousa Sofia Rozaska, née en Allemagne, le couple eut deux enfants, Stéphane né en 1920 et Stanislas né en 1923. Jean Plesinski et sa famille vinrent en France en 1924, il parlait le russe et un peu l’allemand, la famille habita dès son arrivée 24 boulevard Delambre, puis 194 et 221, rue Jean-Jaurès dans un pavillon d’un étage, composé de trois pièces, à Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), était marié.
Chaudronnier, il travailla dans une fabrique de chaudières pendant trois ans, puis une dizaine d’années chez Lobstein 159 boulevard de Valmy à Colombes (Seine, Hauts-de-Seine). Il adhéra au parti communiste en 1924, à Argenteuil, cellule du quartier des Champioux, ainsi qu’à la CGTU, puis à la CGT lors de la réunification. En 1935 il fut confronté au chômage, puis travailla à Air et Feu.
Il fit grève en 1936, eut des responsabilités syndicales. Il était également membre de Toworsystwa Université Robotnika (TUR). Il lisait l’Humanité, Regards et Dziennik Ludowy (Le Quotidien du Peuple), édité par les communistes polonais.
Il arriva en Espagne le 27 janvier 1938, incorporé à la XIIIe Brigade internationale Dombrowski, 1er bataillon, 2e compagnie. Soldat, il prit part aux combats d’Estramadure, à ceux de Belchite (mars 1938), à la bataille de l’Ebre de la fin juillet à septembre 1938. Son rapatriement eut lieu en novembre 1938.
À son retour il travailla chez Air et Feu, l’entreprise fabriquait des brouettes et des placards métalliques, il y resta jusqu’à l’exode. La famille trouva à s’employer dans une ferme pendant trois semaines. Au chômage, il signa un contrat d’un an pour travailler en Allemagne. Le 9 avril 1941 il partit travailler comme ajusteur à Hambourg, en octobre il vint trois semaines en permission, repartit le 13 novembre. Le 5 janvier 1942, il fut arrêté à Hambourg en flagrant délit de détention de deux tracts en français : « Union pour la liberté et d’indépendance de la France » et « 11 novembre 1941 honorons nos morts », ainsi que des tracts en polonais.
Par courrier du 10 février 1942, la préfecture de police de Paris ouvrit une enquête pour savoir si Plesinski combattit dans le « Front Rouge Espagnol ». Le 3 mars, il fut répondu qu’il était inconnu aux archives de la police judiciaire.
Incarcéré, Jean Plesinski fut transféré dans le quartier allemand de la Santé, des policiers de la 1ère Brigade régionale avec l’accord des allemands vinrent l’interroger le 5 février et le 8 mai1942. Il dissimula habilement son engagement dans les Brigades internationales, affirmant que de 1936 à 1939 il avait travaillé dans des carrières dans les environs de Toulouse. Il affirma : « Je n’ai jamais appartenu à aucune organisation de la IIIe Internationale, soit le Parti communiste, soit le Secours rouge international, soit le Secours ouvrier international ».
Les policiers lui présentèrent les photographies de Casimir Szawejko, Ludwig Kotas, Piotr Baran, Boleslaw Maslankiewicz et François Sobocki, il déclara avoir rencontré les trois premiers aux conférences de Toworsystwa Université Robotnika (TUR). Mais il ne connaissait pas Frantz (François) Sobocki. Quant aux deux tracts il lui avait été remis à Hambourg par un militant de Sartrouville qui y travaillait. Les policiers furent septiques.
François Sobocki, l’un des responsables du triangle du parti communiste polonais en France avait été arrêté fin novembre 1941 à Lens (Pas-de-Calais). Sur des papiers saisis figurait le nom de Jean Plesinski. Celui-ci fut signalé le 19 décembre 1941 par la 1ère Brigade mobile de la police judiciaire comme étant le responsable de la région d’Argenteuil du parti communiste polonais.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article137888, notice PLESINSKI Jean par Daniel Grason, version mise en ligne le 21 août 2011, dernière modification le 27 avril 2016.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/63/B (dossier 431). – Arch. RGASPI 545.6.758 (Moscou) BDIC mfm 880/40. – Arch. PPo. 77W 210, 77W 1783.

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