LAZZARINO Georges, Lucien

Par Jean-Claude Lahaxe

Né le 19 juin 1921 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), mort le 21 février 2002 ; traceur en construction navale ; militant socialiste puis communiste des Bouches-du-Rhône, secrétaire de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône (1953-1982) et membre du comité central du PCF (1956-1985) ; conseiller municipal de Port-de-Bouc, maire adjoint de Marseille (Bouches-du-Rhône), député (1973-1981) ; résistant.

DPF

Le père de Georges Lazzarino, Henri Lazzarino, débitant de boissons, fut secrétaire de la section SFIO de Port-de-Bouc dans les années 1930. Résistant au sein des MUR, il fut arrêté sur dénonciation lors de la répression allemande des maquis de juin 1944, et fusillé le 13 juin 1944 au Fenouillet , entre Charleval et la Roque d’Anthéron (Bouches-du-Rhône) en compagnie du communiste Paul-Baptistin Lombard dont le fils Paul fut, sans interruption, entre 1968 et 2009, maire de Martigues. Sa mère, Marie Fouque, sans profession, était décrite par son fils comme sympathisante communiste en 1949. Antoinette, une de ses sœurs, était aussi proche du PCF et fut en particulier membre du bureau du Mouvement de la paix de Saint-Mauront (quartier de Marseille) en mai du 1953. Marie-Louise, sa seconde soeur, était par contre anticommuniste.

Titulaire du certificat d’études primaires, Georges Lazzarino poursuivit ses études durant deux ans, jusqu’au niveau du Brevet élémentaire. Il devint traceur en construction navale aux Chantiers et ateliers de Provence à Port-de-Bouc où il se syndiqua à la CGT en 1938. Militant des Jeunesses socialistes de cette localité à partir de 1936 ou 1937, Georges Lazzarino devint ensuite secrétaire de section. Il quitta les JS à la suite de la grève du 30 novembre 1938 à laquelle il avait pris part. Il rejoignit les Jeunesses communistes en 1939, organisation dont il devint assez rapidement le secrétaire local.

Convoqué dans les chantiers de la jeunesse en 1942, Georges Lazzarino y resta durant sept mois. Il refusa ensuite de se soumettre à la réquisition pour le STO et rejoignit l’organisation communiste clandestine en mars 1943. Il y devint, sous la responsabilité de Louis Tremellat*, responsable local du Front uni de la jeunesse patriotique (FUJP). Sous les ordres de Coran, Georges Lazzarino fut ensuite responsable politique du secteur Aix-La Ciotat. Il participa aux combats de la Libération avec un groupe de jeunes de Roquevaire (Bouches-du-Rhône).

Après la guerre, Georges Lazzarino devint délégué CGT et membre du conseil syndical du syndicat des Métaux de Port-de-Bouc. Il fut ensuite membre du conseil du syndicat des mensuels, créé à l’issue des grèves de 1947, puis secrétaire du syndicat des mensuels et trésorier du syndicat des Métaux en 1949. Parallèlement, Georges Lazzarino militait à l’UJRF, il fut président de la section locale de Port-de-Bouc en 1945-1946, et suivit une école centrale de l’organisation de jeunesse en juin 1945 à Villejuif (Seine, Val-de-Marne). Au sein du Parti communiste, il devint secrétaire à l’organisation de la section Port-de-Bouc dès novembre 1945.

Ces diverses responsabilités placèrent Georges Lazzarino à la tête du conflit des Chantiers et ateliers de Provence qui dura quatre mois, en 1949. Il fut licencié mais son rôle dirigeant lui valut une appréciation favorable de la fédération communiste, qui jugeait que, durant la grève, il avait fait preuve d’une « grande maîtrise » et « d’une grande autorité sur les membres du Parti et la population de Port-de-Bouc ». Entre novembre 1949 et mars 1950, Georges Lazzarino suivit une école centrale de quatre mois du PCF qui confirma ces appréciations. Les évaluateurs voyaient en lui un militant « intelligent, réfléchi », « parmi les meilleurs de l’école » et promis à un avenir dirigeant. Il entra aussitôt au comité de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône. En 1964, il succéda à Pierre Doize au poste de premier secrétaire de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône. Il conserva cette responsabilité jusqu’en 1982, date à laquelle Robert Bret lui succéda. Élu membre suppléant du comité central du PCF à l’issue du XIVe congrès (Le Havre, 18-21 juillet 1956) il devint membre titulaire à l’occasion du XVIe (Saint-Denis, 11-14 mai 1961), jusqu’au XXVe congrès (Saint-Ouen, 6-10 février 1985).

Du fait de ces responsabilités nouvelles, l’activité militante de Georges Lazzarino se partagea pendant quelques années entre Marseille et Port-de-Bouc.

En 1950, il soutint en mars les grévistes de cette localité, participa au défilé du 1er mai 1950. Il contribua à l’accueil, le 19 avril 1952, de Charles Tillon* et prononça une allocution le 27 du même mois lors du passage à Martigues d’André Stil*. C’est par contre à Marseille qu’il participa le 24 mai suivant à la manifestation organisée pour protester contre la venue du général Ridgway en France. C’est aussi dans la cité phocéenne, où il résidait désormais, qu’il anima, en mai 1953, plusieurs cérémonies en l’honneur du cinquantième anniversaire de François Billoux. Cette même année, il anima les grèves du mois d’août.

À partir des années cinquante, Georges Lazzarino fut ,par ailleurs , régulièrement candidat lors des différents scrutins. À l’occasion des élections législatives de 1951, il figura en quatrième position sur la liste d’Union Républicaine, Résistante et Antifasciste pour l’indépendance nationale, le pain, la liberté et la paix présentée par le PCF dans la deuxième circonscription des Bouches-du-Rhône. Il y était mentionné comme « secrétaire fédéral du PCF, fils de fusillé, métallurgiste ». Georges Lazzarino devint conseiller municipal de Port-de-Bouc à l’issue des élections municipales d’avril 1953 remportées par la liste conduite par René Rieubon. Candidat dans le 10e canton des Bouches-du-Rhône lors des cantonales du 17 avril 1955, il fut par contre battu par le candidat socialiste. Georges Lazzarino fut présenté sans succès dans la 2e circonscription de Marseille à l’occasion des législatives de novembre 1958, novembre 1962, mars 1967, juin 1968. Il se retira parfois au profit du candidat socialiste lors du second tour. Il fut nettement battu lorsqu’il se maintint.

Tête de liste dans le 8e secteur de Marseille, Georges Lazzarino fut élu à l’issue des municipales de mars 1971. Il l’emporta aussi au second tour des législatives, le 11 mars 1973, dans la 5e circonscription de Marseille avec 54,35 %. Il conserva son siège en 1978 mais ne fut pas réélu en 1981.

Resté membre du bureau fédéral des Bouches-du-Rhône jusqu’en 1987, Georges Lazzarino demanda son retrait du comité fédéral en 1990 pour poursuivre son activité sous d’autres formes.

Georges Lazzarino avait épousé, le 18 décembre 1945 à Roquevaire, une militante communiste, Magalie David, fille du conseiller de la République Léon David (Née le 31 mars 1921 à Roquevaire (Bouches-du-Rhône), cette ménagère militait au sein d’un comité de défense Henri Martin en janvier 1951.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article137692, notice LAZZARINO Georges, Lucien par Jean-Claude Lahaxe, version mise en ligne le 24 juillet 2011, dernière modification le 22 septembre 2011.

Par Jean-Claude Lahaxe

DPF

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. ― Arch. dép. des Bouches-du-Rhône. ― La Marseillaise, en particulier les éditions des 22 février 1953 (photo), du 8 novembre 1958 (photo et biographie), du 20 mars 1976 (photo). ― Jean-Claude Lahaxe, Les communistes à Marseille à l’époque de la guerre froide, 1949-1954., Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 2006.— Etat civil.

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