LAURENT Paul, Charles

Par Paul Boulland

Né le 1er mai 1925 à Génelard (Saône-et-Loire), mort le 8 juillet 1990 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) ; agent technique des services publics ; militant communiste de Paris, secrétaire général de l’UJRF (1955) puis des Jeunesses communistes (1956-1962), secrétaire de la fédération de Paris du PCF (1962-1973), membre du comité central (1956-1990), du bureau politique (1961-1990) et du secrétariat (1973-1990) du PCF ; conseiller de Paris (1983-1990), député (1967-1968 et 1973-1981).

Le père de Paul Laurent, originaire d’un petit village proche de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) devint ouvrier métallurgiste (ajusteur) au début de la Première Guerre mondiale et vint travailler à Paris à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Selon son fils, il « avait grandi dans l’anarcho-syndicalisme » et n’adhéra au Parti communiste qu’à la fin de sa vie. Paul Laurent obtint le certificat d’études primaires et poursuivit sa scolarité en école primaire supérieure jusqu’au niveau du brevet élémentaire avant d’abandonner ses études. Il commença à travailler à seize ans comme employé, puis fut dessinateur industriel et enfin agent technique des services publics à la Préfecture de la Seine. Établi dans le XXe arrondissement, il adhéra au PCF et à l’UJRF à la Libération. Il fut plus particulièrement actif dans l’organisation de jeunesse et s’éleva dans les responsabilités avec la génération des adhérents de l’après-guerre qui se forma au sein de l’UJRF parisienne et de l’activisme des premières années de guerre froide (Henri Fiszbin, Jean Gajer, Alfred Gerson, Henri Malberg*, etc.). Permanent dès 1946, Paul Laurent fut élève d’une école centrale de la jeunesse du PCF en 1948 et devint, en 1950, secrétaire de la fédération UJRF de la Seine, en remplacement de Louis Baillot, aux côtés de Jean Gajer. Il entra également au bureau national de l’organisation. Militant de la section communiste du XXe puis, à partir de 1951, de la section du XIXe-Amérique qui resta son fief militant et électoral pour les décennies suivantes, il fut élu, en 1950, au bureau de la fédération communiste de la Seine. Au siège de cette dernière, rue La Fayette, il partagea son bureau avec Annie Besse (voir Annie Kriegel) et devint l’un des proches collaborateurs de Raymond Guyot, secrétaire de la fédération PCF de la Seine.

Au début des années 1950, l’UJRF était travaillée par les tensions entre la direction nationale, supervisée par André Marty, et la fédération parisienne, suivie par Raymond Guyot. En décembre 1951, dans son intervention à la conférence fédérale de la Seine, Paul Laurent évoqua implicitement ces dissensions en critiquant les « erreurs commises par les communistes dirigeants de l’UJRF » et en dénonçant une « confusion opportuniste grave », citations de Lénine, Staline et Auguste Lecœur à l’appui. En septembre 1952, dans les notes qu’il confia à Léon Mauvais pour la commission d’enquête chargée de la mise en accusation d’André Marty, Guy Ducoloné présentait Paul Laurent comme le dirigeant le moins sensible à l’influence et à « l’avant-gardisme » de Marty. Quelques semaines plus tard, en octobre 1952, à la suite de la manifestation contre la venue du général Ridgway et de la vague de répression qui s’abattit sur le PCF autour du « complot des pigeons », Paul Laurent fut arrêté avec Louis Baillot et Guy Ducoloné, dirigeants de l’UJRF, ainsi que Jean Meunier*, rédacteur en chef de l’Avant-Garde. À la faveur des mobilisations du PCF et de l’UJRF, ils acquirent le statut symbolique et la notoriété attachés aux victimes de la répression, en particulier Paul Laurent qui accusait le juge d’instruction de l’avoir giflé au cours d’une audition. Ainsi, en mars 1953, ils furent acclamés en leur absence à la présidence d’honneur de la conférence fédérale de la Seine tandis que leurs portraits, réalisés par le peintre Jean Vénitien, accueillaient les délégués dans la salle des fêtes d’Aubervilliers. En 1974, Paul Laurent témoigna des conditions d’isolement dans lesquelles il vécut son séjour à Fresnes, qu’il mit toutefois à profit pour « lire tout Balzac dans l’ordre ». Les accusés bénéficièrent finalement d’un non-lieu et furent libérés au cours de l’été 1953. Devenu le second de Guy Ducoloné à la tête de l’UJRF, Paul Laurent suivit en 1954 une école centrale de quatre mois du PCF. Très apprécié des militants et des dirigeants de l’organisation selon son camarade d’alors Robert Gerber, porté par son rôle au cours des années précédentes et fort de ses liens avec Raymond Guyot, Paul Laurent devint secrétaire général de l’UJRF en avril 1955, en remplacement de Guy Ducoloné, atteint par la limite d’âge, avec pour adjoint Henri Martin.

La carrière de Paul Laurent connut un nouveau développement au cours de l’année 1956. En juin, il se rendit à Moscou avec la délégation du PCF emmenée par Étienne Fajon, Waldeck Rochet et Marcel Servin pour rencontrer les dirigeants soviétiques après la publication du rapport Khrouchtchev. Au retour, il fut élu membre suppléant du comité central du PCF lors du congrès du Havre (18-21 juillet 1956). L’UJRF vivait alors ses derniers mois et en décembre 1956, il devint secrétaire général de l’Union des jeunesses communistes de France à l’issue de son congrès fondateur. Au cours de cette même période, Paul Laurent rejoignit Raymond Guyot dans la mise en place de la propagande communiste en direction des soldats puis du contingent en Algérie, notamment à travers l’action d’Alfred Gerson. En 1957, toujours aux côtés de Guyot et d’Henri Martin, il prit également part aux discussions qui débouchèrent sur le soutien du PCF à l’insoumis Alban Liechti* mais les témoignages divergent quant à son attitude personnelle, réservée selon les uns, favorable selon les autres.

À la fin des années 1950 et au début des années 1960, par ses responsabilités, Paul Laurent fut directement et personnellement confronté aux contradictions qui travaillaient le PCF. Régulièrement invité au bureau politique en tant que responsable des jeunesses, il combattit l’émergence de courants critiques, notamment au sein de l’UEC dont il signala les premiers foyers d’opposition dès 1957. Aussi, les souvenirs des opposants le représentèrent volontiers parmi les orthodoxes chargés de les mettre au pas. Dans le même temps, réputé proche de Laurent Casanova et sensible à ses analyses, Paul Laurent appuya lui-même certaines initiatives d’ouverture, dans la lutte contre la guerre d’Algérie ou, en 1960, avec la campagne sur « la crise de la jeunesse » menée par l’Avant-Garde dont il était directeur politique depuis 1957. Pour une partie de la direction du parti, cette campagne insistant sur les spécificités de la jeunesse pouvait participer de l’émergence, en différents secteurs du PCF, d’une ligne politique et de dirigeants autonomes à l’égard des schémas traditionnels de l’ouvriérisme thorézien. Avec le bureau national des JC, Paul Laurent subit donc les critiques de Maurice Thorez, Jeannette Vermeersch et Georges Marchais qui souhaitaient accorder le primat à la jeunesse ouvrière et à la « crise du capitalisme ». En décembre suivant, le secrétariat du PCF décida de « créer les conditions » pour que Paul Laurent, Jean Gajer et Henri Martin quittent la direction des JC au prochain congrès. Cette décision, liée à leur âge, n’était nullement une sanction. Au contraire, Paul Laurent fut maintenu dans ses fonctions jusqu’en 1962, sans doute pour parer aux contrecoups de l’éviction de Laurent Casanova et Marcel Servin, et il fut désigné membre suppléant du bureau politique à l’issue du XVIe congrès (Saint-Denis, 11-14 mai 1961). Au soir de la série d’attentats commis par l’OAS le 7 février 1962, Paul Laurent représenta le PCF lors de la réunion unitaire à la Bourse du travail qui appela au rassemblement pour le lendemain. Il représenta le PCF, aux côtés de Raymond Guyot et Waldeck Rochet, lors de la manifestation interdite au cours de laquelle la violente répression fit neuf morts au métro Charonne.

Dès 1960, Paul Laurent avait été désigné pour succéder à Bernard Jourd’hui* à la tête de la fédération de Paris. Membre du comité fédéral depuis 1953, il prit officiellement ses fonctions de premier secrétaire à l’issue de la conférence fédérale de juin 1962, entouré d’Henri Fiszbin et d’une équipe renouvelée par les arrivées au secrétariat de Georges Heckli, André Sibaud* et Madeleine Vigne*. En réponse au recul électoral des législatives de 1962, la fédération parisienne entama un important travail politique pour s’adapter à une population en pleine mutation et conquérir les « couches sociales nouvelles ». Paul Laurent lui-même développa cette politique à travers ses bilans de l’organisation et des effectifs dans la capitale ou dans ses analyses des résultats électoraux, par exemple à l’issue des élections législatives de 1967. Toutefois, certaines innovations de la direction parisienne furent parfois jugées trop audacieuses. Ainsi, lorsque la fédération s’empara de l’instauration, en 1964, du vote à bulletin secret pour l’élection des directions fédérales et crut opportun de proclamer le détail des scrutins, Paul Laurent et Henri Fiszbin furent contraints à l’autocritique. Les archives personnelles de Paul Laurent documentent tout particulièrement son activité de secrétaire fédéral, faisant apparaître son travail minutieux de préparation des rapports au comité fédéral, entre répercussion fidèle de la ligne et volonté de synthèse.

Titularisé au bureau politique au XVIIe congrès (Paris, 14-17 mai 1964), toujours chargé de suivre les questions de la jeunesse, Paul Laurent vit son statut de dirigeant national s’affirmer avec l’avènement de Waldeck Rochet dont il soutint les velléités réformatrices. Déjà en 1963, il avait accompagné ce dernier à Moscou, avec Raymond Guyot et Jacques Denis, au sein de la délégation du PCF chargée d’approuver la condamnation du Parti communiste chinois. Outre ses responsabilités à la tête d’une des principales fédérations du PCF, il acquit également une expérience parlementaire après son élection comme député de la 29e circonscription de Paris (quartier Villette-Flandres) lors des législatives de 1967. En mai-juin 1968, tout comme Georges Marchais, il accompagna le secrétaire général lors de toutes ses rencontres avec les représentants de la FGDS. Aux élections législatives de juin 1968, il perdit son siège de député.

Lors de ses apparitions publiques, plus fréquentes à partir de la fin des années 1960, il fut souvent stigmatisé pour son élocution lente et monocorde, moins marquée toutefois dans les réunions internes dans lesquelles il acquit, auprès des militants, l’image d’un dirigeant posé et réfléchi. Avec la maladie de Waldeck Rochet, il put faire figure de prétendant au poste de secrétaire général mais, étant toujours investi d’importantes responsabilités fédérales, peu à l’aise dans les exercices publics ou médiatiques et marqué par un parcours centré sur les organisations de jeunesse et non sur l’activité à l’entreprise ou le syndicalisme, il restait toutefois en retrait derrière Georges Marchais ou Roland Leroy, déjà membres du secrétariat.

Paul Laurent s’imposa comme l’un des principaux dirigeants du PCF au cours des années 1970, aux côtés de Georges Marchais, secrétaire général de fait à partir de 1969. Il laissa progressivement la direction de la fédération de Paris à Henri Fiszbin, officiellement désigné premier secrétaire en 1972. Élu au secrétariat du parti en 1973, il retrouva la même année son siège de député aux élections de mars et fut réélu en 1978. Il fut un temps chargé des questions militaires, à la suite de Raymond Guyot et avant de laisser cette responsabilité à Louis Baillot, et supervisa notamment la campagne des JC en faveur du « statut démocratique du soldat » en 1974. Paul Laurent joua surtout un rôle de premier plan dans les relations avec le Parti socialiste. À partir de 1972, il participa aux négociations du Programme commun comme responsable du volet consacré aux questions sociales, avec pour interlocuteur Pierre Bérégovoy. En avril 1974, il accompagna également Roland Leroy dans les premières rencontres avec les représentants socialistes pour apporter le soutien du PCF à une candidature de François Mitterrand* à l’élection présidentielle, sur la base du Programme commun. Interviewé dans La nouvelle critique après les législatives partielles de septembre 1974, il se déclarait satisfait des progrès de la gauche et sans inquiétude devant des résultats qui montraient pourtant les premiers progrès socialistes au détriment du PCF. Pourtant, dans les semaines suivantes, notamment lors du XXIe congrès (Vitry, 24-27 décembre 1974) la direction du PCF infléchit son appréciation de l’union, réaffirmant l’objectif du socialisme et la défense de l’URSS. L’année suivante, Paul Laurent représenta le PCF au congrès socialiste (Pau, 31 janvier-2 février 1975) et conduisit encore la délégation communiste lors de la « rencontre de la gauche politique et syndicale » de décembre 1975. En 1976, il fut promu secrétaire à l’organisation à l’issue du XXIIe congrès (l’Ile-Saint-Denis, 4-8 février 1976), devenant le numéro deux de l’organigramme du parti. Toutefois, Charles Fiterman, fraîchement élu au BP, devint le nouveau responsable des contacts avec les autres partis de gauche.

Début 1977, Paul Laurent insista au bureau politique sur l’enjeu de l’organisation et sur l’impératif d’un renforcement du PCF afin de peser sur l’union, avançant le mot d’ordre du million d’adhérents et d’un parti « populaire et actif ». En avril 1977, dans les discussions du BP sur la Défense nationale, nœud des divergences avec les Soviétiques autant qu’avec les socialistes, il exprima une position prudente, doutant, comme Henri Krasucki*, de l’opportunité de mettre en avant la modernisation de l’arme nucléaire. Il resta associé aux négociations d’actualisation du Programme commun ouvertes en mai 1977 mais était seulement en charge du calendrier d’application du programme. Au début de l’été 1977, selon Gérard Belloin, il affichait toujours sa confiance dans l’aboutissement des négociations. Fin septembre, la rupture était toutefois consommée. Dans un contexte toujours marqué par les fortes tensions entre PCF et PCUS, Paul Laurent conduisit, en novembre suivant, la délégation française à Moscou pour le 60e anniversaire de la révolution d’octobre, aux côtés de Jean Kanapa et Marcel Trigon. Lors de la rencontre avec les Soviétiques, Paul Laurent présenta en détail les divergences du PCF sur les questions de la démocratie, de la conception du socialisme et de la force de frappe nucléaire. Toutefois, au retour à Paris, les désaccords furent escamotés et cédèrent rapidement le pas au réalignement de la direction française. Ainsi, Jean Kanapa ne put faire paraître dans l’Humanité l’interview de Paul Laurent qu’il avait préparé pour rendre compte de la rencontre avec les Soviétiques. Dans son rapport au CC du 10 novembre, Paul Laurent ne l’évoqua pas non plus mais présenta les perspectives de renforcement du parti et l’objectif du million d’adhérents. Ces thématiques furent reprises pour son ouvrage d’entretien avec Roger Faivre, paru aux Éditions sociales en 1978.

Le repli du PCF sur la matrice ouvriériste et pro-soviétique eut des conséquences immédiates à Paris, dans la fédération de Paul Laurent, également responsable de la coordination de l’activité communiste en région parisienne. Sous l’égide d’Henri Fiszbin, la direction fédérale de la capitale avait multiplié les initiatives d’ouverture et appuyé le profond renouvellement de son encadrement et de sa base militante, désormais dominés par les adhérents de l’après-68, issus des catégories sociales moyennes ou supérieures et acquis à la politique d’union. Après la rupture de 1977, les tenants de cette « autre configuration partisane » se heurtèrent de plus en plus frontalement à la direction du parti, jusqu’à leur convocation devant le bureau politique, le 11 janvier 1979. À l’issue d’une réunion tendue, qui vit la direction fédérale accusée de « déviation opportuniste » et « d’abandon du contenu de classe », Henri Fiszbin démissionna de son poste de secrétaire fédéral. Selon le récit de Fiszbin, Paul Laurent s’efforça de maintenir le dialogue dans les jours suivants mais s’efforça également d’empêcher que la crise n’éclate au grand jour. Lorsque les désaccords furent finalement portés à la connaissance des militants, à l’automne 1979, Paul Laurent intervint personnellement lors des réunions du comité et du bureau fédéral pour appuyer les changements de direction. De même, en 1980, il fut présent lors de la réunion du comité fédéral qui faisait suite à la parution du livre d’Henri Fiszbin, Les bouches s’ouvrent. Les archives personnelles de Paul Laurent conservent ses notes de lecture sur l’ouvrage, animé selon lui par la volonté de « grossir et dramatiser » la réunion du 11 janvier 1979, en lui donnant une atmosphère de procès et en omettant le « début d’autocritique » de Fiszbin. Il y voyait le signe d’un désaccord « qui vient de loin » et la tentation de se présenter comme à la pointe de l’innovation face à la direction. Enfin, peut-être en référence aux évocations de sa propre attitude, il critiquait les « spéculations sur les divisions de la direction ».

Cet épisode et ces réactions sont sans doute symptomatiques du positionnement complexe de Paul Laurent, dans cette période et plus largement au fil de sa carrière. Dirigeant réputé « libéral », au premier plan dans diverses initiatives novatrices, il restait toutefois un cadre prudent, par attachement aux principes d’unité du parti autant que par conscience des rapports de force et d’autorité internes. Ainsi, reconduit au secrétariat du PCF à l’issue du XXIVe congrès (Saint-Ouen, 4-7 février 1982) et jusqu’à son décès, il resta à l’écart des courants critiques qui émergèrent dans le parti au cours des années 1980. En 1982, il retrouva la responsabilité des relations avec les organisations de gauche. À ce titre, il coordonna côté PCF la campagne unitaire de popularisation des lois Auroux. Il céda ensuite le secteur d’organisation à Jean-Claude Gayssot pour se consacrer aux relations avec les fédérations.

Battu aux élections législatives de juin 1981, Paul Laurent fut élu en 1983 au conseil de Paris, représentant le XIXe arrondissement, dans un contexte difficile, marqué par la victoire de la droite dans toutes les mairies d’arrondissement et par la candidature concurrente d’Henri Fiszbin. Lors de sa dernière campagne, pour les élections législatives de 1988, dans la XIXe circonscription de Paris, il fut battu au premier tour avec 10,8 % des suffrages.

Après son décès au centre anticancéreux René Huguenin de Saint-Cloud, où il était hospitalisé, une cérémonie fut organisée devant la mairie du XIXe arrondissement. Georges Marchais, secrétaire général du PCF, et Henri Malberg*, secrétaire de la fédération de Paris, lui rendirent hommage. Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise dans le caveau des dirigeants du PCF. En 1998, son nom fut donné à une rue du XIXe arrondissement.

Dans ses activités militantes, Paul Laurent avait rencontré Germaine Rougie, dite « Mounette », ouvrière originaire du quartier de Belleville, militante du PCF et de l’UJRF depuis la Libération. Ils se marièrent en juin 1950 à Paris (XXe arr.). Mounette Laurent travailla au journal Vaillant puis à l’Union française universitaire et au SNEP. Elle fut secrétaire et trésorière de la section communiste du XIXe arrondissement et resta membre du PCF jusqu’à sa mort, survenue le 20 juillet 2008 à Châlons-sur-Saône (Saône-et-Loire). Le couple eut trois fils Michel, Pierre et Francis qui s’engagèrent tous trois au Parti communiste. Michel Laurent fut secrétaire de la fédération de Seine-Saint-Denis avant de rejoindre la direction nationale, comme responsable de la vie du parti et des élections. Pierre Laurent, militant de l’UEC au cours de ses études d’économie, fut secrétaire général des étudiants communistes entre 1983 et 1985 puis journaliste à l’Humanité, rédacteur en chef du journal en 1999 puis directeur de la rédaction (2000-2009). Devenu coordinateur national du PCF, il quitta alors le journal pour succéder à Marie-Georges Buffet au poste de secrétaire national, en juin 2010.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article137507, notice LAURENT Paul, Charles par Paul Boulland, version mise en ligne le 10 juillet 2011, dernière modification le 14 avril 2018.

Par Paul Boulland

ŒUVRE : Le PCF tel qu’il est, (entretien avec Roger Faivre), Paris, Éditions sociales, 1978.

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. — Fonds Paul Laurent, Arch. dép. de Seine-Saint-Denis. — l’Humanité — Arch. INA. — Henri Fiszbin (avec Maurice Goldring et Jean-Jacques Rosat), Les bouches s’ouvrent, Paris, Grasset, 1980. — André Harris et Alain de Sédouy, Voyage à l’intérieur du PCF, Seuil, 1974 — Philippe Robrieux, Histoire intérieure du PCF, op. cit. – Gérard Streiff, Jean Kanapa 1921-1978. Une singulière histoire du PCF, Paris, L’Harmattan, 2001. — Paul Boulland, Acteurs et pratiques de l’encadrement communiste à travers l’exemple des fédération de banlieue parisienne (1944-1974), thèse de doctorat d’Histoire, Université Paris 1, 2011. — Amélie Brun, Rupture et reconversion des dirigeants de la fédération de Paris du PCF des années 1970-1980, mémoire de maîtrise (Paris 1), 1999. — Marc Giovaninetti, 50 ans au cœur du système communiste : Raymond Guyot, un dirigeant du PCF, thèse de doctorat d’histoire, Université Paris 13, 2009. — État civil.

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