HORVATH Laszlo

Par Daniel Grason

Né le 8 décembre 1908, à Bakonycsernye Veszprém (Hongrie) ; peintre en bâtiment ; volontaire en Espagne républicaine ; interné.

Laszlo Horvath fils de Laszlo et de Maria, née Borbely, entra en France en septembre 1929, en passant par Wissembourg (Bas-Rhin), était sans passeport. Il fut arrêté par les gendarmes à Saverne. Pour éviter l’expulsion, il s’engagea pour trois ans le 28 septembre 1929, à Strasbourg dans la Légion Étrangère. Il fut incorporé le 8 octobre au 1er Régiment Étranger à Sidi-Bel-Abbès (Algérie), il servit à Colomb-Béchar et au Tafilalet, participa aux campagnes d’Algérie et des régions sahariennes. Malade il fut hospitalisé à Géryville. Il contracta un nouvel engagement de deux ans, fut envoyé à Palmyre en Syrie, alors sous protectorat français. Malade, hospitalisé à l’hôpital de Damas, il fut rapatrié à Marseille. Un certificat de bonne conduite lui fut délivré le 5 avril 1934.

Il regagna la Hongrie pour quelques mois. En septembre 1935, passant par l’Autriche et l’Allemagne, il regagna la France, par Wissembourg. Il contracta un second engagement dans la Légion Étrangère, mais il fut déclaré « inapte » à la visite médicale. Il se rendit à Paris où sa situation fut régularisée.

Il ne se ménagea pas pour travailler, peintre en bâtiment, il fut plongeur dans un restaurant hongrois du quartier latin (20 décembre 1935, 17 juillet 1936). Il alla à Houlgate (Calvados) comme argentier à l’Hôtel restaurant Bellevue, jusqu’au 15 septembre 1936. De là, il partit en Moselle, mineur chargeur à la Société métallurgique de Knutange (21 janvier, 23 avril 1937), puis à la Société des mines et usines de Redange-Dilling, aux mines de Fontoy (28 avril, 19 juin 1937). Enfin, embauché comme aide au laminoir, par la société Les petits fils de François de Wendel et Cie, à Hayange (25 juin, 30 octobre 1937). Au chômage, il trouva asile dans un dépôt de la Légion Étrangère à Toul (Meurthe-et-Moselle) pendant deux semaines. Il voulut signer un nouvel engagement, lors de la visite médicale, un ulcère à son estomac fut diagnostiqué, refus.

Il alla à Paris, logea dans des asiles de nuit. En novembre ou décembre 1937, il s’engagea dans les Brigades internationales. Hospitalisé, il fut rapatrié sanitaire dans un convoi le 12 août 1938. Le Comité international d’aide à l’Espagne républicaine lui vint en aide pendant quelques mois. Il épousa le 12 octobre 1939, à la mairie du XIe arr., Yolande Silberman, née le 29 novembre 1903 à Budapest (Hongrie). Fille de Lazare et de Régina, née Roth, Yolande de confession Juive était venue en France en 1937, à l’occasion de l’Exposition Internationale. De leur union naquit le 16 avril 1941 à Paris, XIIe arr. Ladislas.

Il travailla comme garçon dans un restaurant hongrois du XIe arr. (septembre 1938, juillet 1939), effectua des travaux de peinture pour l’hôtelier là où il logeait avec sa femme, rue de Charonne, XIe arr. Au début de la déclaration de guerre, Laszlo Horvath contracta le 18 octobre 1939, un engagement pour la durée de la guerre à la caserne Clignancourt, à Paris XVIIIe arr. où était le centre de recrutement. Il fut affecté le lendemain au 1er Régiment de marche des volontaires étrangers, à Barcarès (Pyrénées-Orientales). Réformé définitivement le 15 novembre 1939, par la Commission médicale siégeant à Perpignan, il rentra à Paris. Il fut embauché comme monteur de caoutchouc à la société de produits de beauté, Les productions du Dr Arion, rue du Fg Montmartre, Ier arr. Licencié par manque de travail, il s’inscrivit au fonds de chômage, à la mairie du XIe arr., du 11 juin 1940 au 29 août 1941. Sa femme se conforma aux lois de Vichy du 3 octobre 1940 et du 2 juin1941 sur le statut des Juifs. Le 15 septembre 1941, Laszlo Horvath fut opéré de son ulcère à l’estomac, à l’hôpital Rothschild. En octobre 1941 fut embauché comme manœuvre par les autorités allemandes, au Dienststelle Feldpost, installé à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine).

Les autorités d’occupation demandèrent à la préfecture de police, l’établissement d’une liste des ex-Brigadistes en Espagne. Établie par la 3e section des Renseignements généraux, elle fut prête le 19 septembre 1941. Le conseiller Karl Boemelburg, commandant SS-Sturmbannführer qui dirigeait la SIPO et la Gestapo sur le territoire français, décida d’une opération d’ensemble dans le département de la Seine. Elle se déroula le 24 décembre 1941, Laszlo Horvath figurait sur la liste, il fut appréhendé après 19 heures à l’hôtel, 79, rue de Charonne, Paris XIe arr. par des policiers des Renseignements généraux.

Interrogé sur sa participation à la guerre d’Espagne, il déclara qu’il était à cette date sans travail, il rencontra fortuitement un homme dans un asile de nuit qui lui indiqua l’adresse du centre de recrutement des Brigades. Il s’était enrôlé, mais il ne combattit déclara-t-il qu’une « vingtaine de jours ». Il fut interné à la caserne des Tourelles, XXe arr. Il fut hospitalisé du 11 juillet au 7 octobre 1942 à l’hôpital Rothschild pour deux interventions chirurgicales : appendicite et ablation de l’estomac. Il écrivit le 11 février 1943 au préfet de police pour demander sa libération. Il faisait part de son état de santé et écrivait : « Bien qu’ayant appartenu aux Brigades internationales je n’ai jamais fait de politique ; marié, j’ai à ma charge un garçon de vingt-et-un mois. Jamais condamné, j’ai servi dans la Légion Étrangère de 1929 à 1934 et je suis titulaire du Certificat de bonne conduite, en 1939 j’ai contracté un engagement volontaire pour la durée de la guerre. Dans l’espoir d’une réponse favorable ». Le Dr Dieckmann, médecin chef du camp d’internement appuya la requête à deux reprises : « Son maintien dans le camp risque de devenir une question vitale », note du 15 janvier 1943. Sur la lettre de Laszlo Horvath, il écrivit : « Il est dangereux pour ce détenu de prolonger sa détention ».

En attendant la libération de son mari, sa femme était hébergée par sa sœur qui lui venait matériellement en aide. Yolande Horvath percevait pour elle et son fils une allocation accordée aux femmes des internés administratifs. Après accord des autorités allemandes, Laszlo Horvath fut libéré le 19 juillet 1943.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article137498, notice HORVATH Laszlo par Daniel Grason, version mise en ligne le 9 juillet 2011, dernière modification le 16 novembre 2016.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, 77W 160, BA 1836. – Dominique Rémy, Les lois de Vichy, Éd. Romillat, 1992.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément