GRUNENWALD Madeleine

Par Françoise Olivier-Utard

Née le 19 septembre 1908 à Soultz (Haute-Alsace annexée), morte le 4 décembre 1989 à Pamiers (Ariège), dactylo ; communiste ; permanente du Secours Rouge International à Strasbourg (Bas-Rhin) de 1934 à 1939, gérante de la librairie communiste de Strasbourg après 1945.

Sa mère Gebhardine Anna Frey, était ouvrière de fabrique. Madeleine fut reconnue par Jacques Grunenwald en 1911. La famille était catholique d’origine.
Madeleine se maria à Strasbourg le 11 août 1932 avec Jules Louis Stercky, dont elle divorça le 17 avril 1935. Elle avait une fille, qui s’installa à Pamiers lors de l’évacuation de Strasbourg.

Madeleine adhéra en 1933 au parti communiste « orthodoxe », c’est-à-dire qu’elle n’avait pas suivi pas le maire de Strasbourg Charles Hueber* dans sa dissidence autonomiste. C’était une jeune femme énergique. Elle devint secrétaire de la cellule Henri Barbusse et membre de la section Ouest de Strasbourg pendant 3 ans. Elle organisa avec Joséphine Ritt* la venue de l’épouse d’Edgar André, militant communiste allemand exécuté le 3 novembre 1936 en Allemagne. La réunion fut très suivie.

Madeleine devint permanente à Strasbourg du Secours rouge international, de 1934 à 1939. Strasbourg était un centre d’accueil important. Madeleine était chargée de trouver des familles d’accueil et des subsides pour les réfugiés qui affluaient d’Allemagne et d’Europe centrale, fuyant les persécutions nazies, l’anticommunisme et l’antisémitisme. La plupart des jeunes gens s’engageaient dans les Brigades internationales, à partir de 1936. Madeleine fut dans le même temps secrétaire pour l’Alsace et la Lorraine du BWF (organisation féminine) de 1934 à 1935, du Comité mondial des femmes et de l’Aide à l’Espagne républicaine pendant 1 an et demi. De la fin de 1938 à l’évacuation de septembre 1939, elle s’occupait de la Literaturstelle pour l’Alsace, c’est-à-dire de la diffusion de la littérature (presse, brochures, livres) rédigée en allemand spécifiquement pour les Alsaciens non francophones.

En septembre 1939, elle fut évacuée dans le sud-ouest et décida de ne pas rentrer en Alsace annexée de fait. Elle note dans un document biographique qu’elle était à Tarbes en 1942 et qu’elle proposa ses services à la Résistance mais qu’elle ne fut pas utilisée, le camarade contacté lui ayant répondu qu’il n’y avait pas de travail pour les femmes. Cette réponse, qui relevait peut-être d’une certaine suspicion à l’égard des Alsaciens, n’entama pas sa détermination, de sorte qu’elle entra aux FTP à Toulouse en 1943 et servit d’agent de liaison. En avril 1945, elle écrivit au Comité central du parti communiste, pour demander si le parti désirait que les Alsaciens rentrent de suite ou attendent l’appel des autorités d’Alsace. La réponse de la fédération du Bas-Rhin, en allemand, fut la suivante : « Nous serions enchantés qu’elle revienne dans notre région ». Elle rentra alors, devint dactylo au journal l’Humanité d’Alsace-Lorraine et s’occupa de la Librairie du Rhin (librairie du parti).

Madeleine fut quelques années plus tard la cible d’une manœuvre des renseignements généraux qui tentèrent de s’insinuer dans sa vie privée. Le parti, toujours très inquiet des intrigues policières, choisit de la démettre de ses responsabilités. Cette mesure, jugée par la suite excessivement sévère par ses camarades, l’obligea à chercher un nouvel emploi, qu’elle trouva dans une banque strasbourgeoise. A la retraite, elle quitta Strasbourg pour Pamiers, où sa fille s’était installée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article137475, notice GRUNENWALD Madeleine par Françoise Olivier-Utard, version mise en ligne le 16 juillet 2011, dernière modification le 16 juillet 2011.

Par Françoise Olivier-Utard

SOURCES : Arch. de la fédération du parti communiste du Bas-Rhin. — Arch. Dép. Bas-Rhin. — Témoignage d’Alfred Eberhart*, ancien journaliste à l’Humanité d’Alsace et de Lorraine, 20 mars 2011.

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