KAHANE André, Bernard.

Par Jacques Girault

Né le 14 novembre 1929 à Bois-Colombes (Seine-Hauts-de-Seine) ; professeur d’université ; militant communiste, conseiller municipal de La Tronche ; militant associatif.

André Kahane en 1985.
André Kahane en 1985.

Fils d’Ernest Kahane*, professeur de faculté, et de Marcelle Kahane née Wurtz, ingénieure chimiste, André Kahane fut séparé de son père pendant l’occupation et inscrit avec ses frères, en 1942, sur un registre de baptêmes protestants pour être protégé des lois raciales, grâce au pasteur La Gravière. Trois membres de sa famille moururent en déportation.

Élève du lycée Henri IV à Paris, Kahane entra à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1950 (sciences). Après avoir obtenu les licences de mathématiques et de sciences physiques en 1952, le diplôme d’études supérieures en 1953, il fut reçu à l’agrégation de physique en 1954. Militant de la section du Syndicat national de l’enseignement secondaire et de l’Union nationale des étudiants de France, il fut un des animateurs à l’ENS de la campagne pour la fonctionnarisation en première année des élèves des ENS et fit publier une carte postale offerte, à ce propos, par Jean Effel. En 1952, il participa à une délégation de représentants des associations étudiantes minoritaires de l’UNEF invités en URSS. Il contribua, en collaboration avec Michel Rocard*, responsable des étudiants socialistes, à la défense des étudiants Khmers, privés de leurs bourses par leur gouvernement.

Kahane effectua son service militaire de novembre 1954 à avril 1957, d’abord comme élève officier de réserve dans l’artillerie à Châlons-sur-Marne, puis comme aspirant à Vincennes. A partir de décembre 1955, il fut affecté au Maroc dans le 401ème régiment d’artillerie antiaérienne dont les appelés, avant leur départ, avaient assisté à une cérémonie pacifiste dans l’église Saint-Séverin à Paris. Aussi la réputation du régiment lui épargna-t-elle les accrochages militaires.

Kahane se maria en septembre 1955 à Paris (Ve arr.) avec Josette Paillous, élève de l’ENS (sciences, 1951), future professeur de physique dans l’enseignement supérieur, membre du Parti communiste français et future fondatrice du centre universitaire scientifique de Valence (Drôme). Le couple eut quatre enfants.

A son retour à la vie civile, Kahane devint assistant et chef de travaux à la Faculté des Sciences de Paris, puis maître-assistant à la Faculté des Sciences de Grenoble en 1961. Docteur d’État en sciences physiques en 1962, il fut nommé maître de conférences en 1965 puis professeur titulaire à titre personnel en 1972. Il fut élu au Conseil d’Université en 1970. De 1981 à 1990, il fut détaché au Rectorat de Grenoble comme délégué académique à la formation continue (DAFCO). Il poursuivit sa carrière comme enseignant de physique à l’Université de Grenoble, à l’IUFM et à l’École normale d’instituteurs de Privas (Ardèche) jusqu’à sa retraite en 1994.

Kahane s’impliqua dans les mouvements pédagogiques, défendant notamment l’enseignement de la physique dans les collèges où il réussit à assurer personnellement quelques heures de cours.

Militant du SNESup, Kahane participa à sa direction nationale de 1958 à 1961 et anima, avec Pierre Ducros, le comité de liaison des assistants et chefs de travaux dont l’action aboutit à la création du corps de maîtres-assistants.
Membre du PCF depuis 1950 à l’initiative d’Emmanuel Le Roy Ladurie, élève communiste à l’ENS, Kahane assura quelques responsabilités militantes politiques et syndicales à l’ENS, à Paris et à Grenoble dans le cadre de la section communiste de son université. Il fut désigné par le secrétariat du PCF, le 13 avril 1960, pour faire partie de la commission laïque auprès du comité central, nomination qui ne fut pas suivie d’effets durables. Conseiller municipal minoritaire du 6 mars 1983 à 1989 à La Tronche (Isère), membre des commissions « information-affaires culturelles » et « enseignement-vie associative », membre suppléant à la commission consultative sur le tramway, il représentait la commune au Syndicat mixte des transports en commun. Il adhérait toujours au PCF en 2011.

Kahane milita à la Fédération des conseils de parents d’élèves de 1962 à 1983 pendant toute la durée de la scolarité de ses enfants. Il fut membre du conseil national et président de la fédération de l’Isère.

En l’absence de tout sentiment religieux, son origine familiale le rendit « solidaire des juifs persécutés et le désolidarisa des juifs persécuteurs ». Tel fut le sens de sa signature donnée au manifeste "Une autre voix juive" publié en avril 2003, et de sa lettre à la directrice de l’ENS après l’interdiction d’une réunion avec Stéphane Hessel en janvier 2011.

Kahane participa à des animations au jeu de Go dans des collèges en Isère organisées par la fédération française de Go.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article137346, notice KAHANE André, Bernard. par Jacques Girault, version mise en ligne le 12 juin 2011, dernière modification le 16 juillet 2011.

Par Jacques Girault

André Kahane en 1985.
André Kahane en 1985.

ŒUVRES : Recherches expérimentales et théoriques sur les propriétés optiques et la structure de la glace, Gap, impr. L. Jean, multigraphié., 1962.
Publications dans diverses revues scientifiques.
Documents divers sur des expériences pédagogiques dans les collèges, sur la formation continue en collaboration avec des grandes entreprises.

SOURCES : Arch. Com. La Tronche (Nathalie Masclef). –Archives du comité national du PCF. – Divers sites Internet. – Renseignements fournis par l’intéressé.

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