KIRSCHEN André, Florin, Salomon [Rossel André]

Par Jean-Pierre Besse

Né le 11 août 1926 à Bucarest (Roumanie), mort le 29 décembre 2007 ; lycéen puis professeur puis éditeur ; militant communiste ; résistant des Bataillons de la jeunesse ; déporté.

André Kirschen était le fils de Joseph Kirschen ingénieur radiologue d’origine juive (cadre de l’industrie cinématographique selon Berlière et Liaigre). La famille s’installa en France en 1931 d’abord rue Cardinet (XVIIe arr.) puis 31 rue Duret (XVIe arr.). André suivit ses études dans de grands lycées parisiens : Carnot, Janson de Sailly puis Pasteur.

Dès le début de l’Occupation, sous l’influence de son frère [Bernard ->(Bob), il adhéra aux Jeunesses communistes clandestines puis passa aux Bataillons de la jeunesse sous la direction de Pierre Tourettte. Il prit alors comme pseudonyme Rossel, le nom d’un des généraux de la Commune.
Le 10 septembre 1941, place Dauphine, il tira sur un sous officier de marine allemand, pendant très longtemps il pensa avoir tué un officier allemand. Il fut arrêté le 9 mars 1942, le lendemain de l’échec d’un attentat à l’explosif salle Wagram à Paris et de l’arrestation de Georges Tondelier.

Lors du procès de la Maison de la chimie, du 7 au 14 avril 1942, contrairement à ses camarades et en raison de son âge, il ne fut pas condamné à mort mais à dix ans de prison. Le 4 mai 1942, il fut déporté vers les prisons allemandes et libéré le 10 avril 1945 de celle de Bochum. Pendant son séjour en prison, son père et son frère furent fusillés au Mont Valérien en août 1942 et sa mère déportée en Allemagne où elle mourut.

A son retour en 1945, il reprit ses études, obtint son baccalauréat et enseigna le français dans des écoles d’apprentissage
En septembre 1953, il épousa Jeanne-Marie Sorozabal dont il eut deux fils.
Il créa en 1960, sous le nom d’André Rossel, sa maison d’édition puis en 1970 devint directeur d’une maison d’édition.
Il quitta le parti communiste en 1979 en désaccord avec l’abandon de la politique d’union de la gauche.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Mort à quinze ans, entretiens avec Gilles Perrault en 2005 et Le procès de la maison de la chimie en 2002.

André Rossel-Kirschen a été incinéré le 5 janvier 2008 au crématorium du Père Lachaise et ses cendres ont été dispersées au Jardin du Souvenir du Père-Lachaise.

André Rossel-Kirschen était le neveu du producteur de cinéma roumain - devenu français - Natan Tannensaft, dit Bernard Natan, né en 1886 en Roumanie et décédé dans le camp d’Auschwitz en 1943. Celui-ci était un homme d’affaires dans le domaine cinématographique, ayant été le propriétaire de la plus importante société cinématographique dans la période de l’entre-deux-guerres, la société qu’il appellera Pathé-Natan et qui entrera en banqueroute en 1935.
Son frère Bernard, qui l’introduit dans le cercle de la jeunesse communiste clandestine, et son père Joseph sont fusillés au Mont-Valérien en août 1942 par représaille allemande. Sa mère Marie est arrêtée en septembre 1942 dans le cadre d’une rafle. Elle fera partie du convoi 38 à destination d’Auschwitz dont elle ne revint pas.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article137343, notice KIRSCHEN André, Florin, Salomon [Rossel André] par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 10 septembre 2011, dernière modification le 10 décembre 2017.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Le sang des communistes, Les bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, automne 1941, Fayard, 2004.— Maroussia Naïtchenko, Une jeune fille en guerre. La lutte antifasciste d’une génération, Témoignage, Imago, 2003. Elle l’appelle Hank.— La Fondation pour la mémoire de la déportation, Le livre mémorial....op.cit. — Notes de Jean-Yves Conrad.

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