SAKSIDA Giuseppe

Par Daniel Grason

Né le 16 juin 1904 à Gorizia, province du Frioul-Vénétie Julienne (Italie) ; ouvrier maçon ; volontaire en Espagne républicaine ; militant communiste ; interné politique ; résistant.

Giuseppe Saksida s’était marié, en Italie avec Anna Marvin, née en 1929, le couple eut une fille. Il quitta l’Italie en 1932, se rendit en Tchécoslovaquie, il y aurait été emprisonné deux ans pour propagande communiste. À l’expiration de sa peine, il alla en Yougoslavie d’où il fut expulsé en Autriche. Il habitait à Leoben, ville du centre du pays, province de Styrie, travailla comme ouvrier maçon.

En 1936, il combattit en Espagne, au sein des Brigades internationales, il entra en France, le 6 mai 1938, malade, sans passeport. Le Secours populaire de France, certifia le 25 mai, qu’il était réfugié politique, il obtint le droit de résider en France. Il s’engagea le 1er janvier 1940 dans la Légion étrangère pour la durée de la guerre, son unité fut engagé dans la région lyonnaise dans des combats contre les allemands. Il fut démobilisé le 22 août 1940.

Il vint en région parisienne, habita 137, rue Édouard-Vaillant, à Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine). Il était séparé de sa femme, leur fille était placée dans le Limousin, chez un fermier de la commune de Marsac (Creuse). Giuseppe Saksida fut embauché dans différentes entreprises, dont la Pharmacie générale du Fort de Vanves, tenue par les allemands. Il y resta trois mois, rattrapé par son récent passé en Espagne, il fut licencié. Il figurait sur la liste établie le 19 septembre 1941 par la 3e section des Renseignements généraux. Le conseiller Karl Boemelburg, chef de l’ensemble des forces de police allemande en France, décida d’une vaste opération contre les anciens des Brigades internationales.

Le 24 décembre 1941, les policiers français et allemands arrêtèrent de nombreux ex-Brigadistes. Giuseppe Saksida le fut le 24 décembre 1941 à son domicile par des policiers du commissariat du quartier des Invalides-École Militaire. Le commissaire indiqua : « Perquisition sans résultat », il fut néanmoins emprisonné à la caserne des Tourelles, XXe arr.

Le 24 novembre 1942, il demanda en raison de son état de santé son retour en Italie. Il comparut devant la commission spéciale instaurée par l’État fasciste, à Gorizia, condamné à cinq ans de prison, il fut envoyé sur une île du golfe de Naples. Le 25 juillet 1943, chute de Mussolini, en raison d’origines slovène, Giuseppe Saksida fut incorporé d’office dans un bataillon spécial slovène, sous contrôle fasciste. Le 8 septembre, capitulation de l’Italie, retournement de situation, il participa aux combats du maquis italien jusqu’en février 1944.

Il revint en France, travailla trois mois comme interprète à l’organisation Todt. Il participa à des actions de la résistance pour délivrer des prisonniers soviétiques dans la région de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Le Comité italien de libération nationale, Garibaldiens et Milices patriotiques, lui délivra un certificat attestant qu’il avait bien pris part aux combats du maquis. En septembre 1944, de retour à Levallois-Perret, Giuseppe Saksida travailla quelques jours par semaine, comme manœuvre spécialisé chez un menuisier de la rue de Bagnolet, à Paris, XXe arr. Le 15 octobre 1944, il obtenait une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu’au 19 décembre.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article137288, notice SAKSIDA Giuseppe par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 juin 2011, dernière modification le 8 juin 2011.

Par Daniel Grason

SOURCE : Arch. PPo, RG77W, 182.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément