LECŒUVRE Jean, Marie, Raymond dit Jean-Marie

Par Jean Reynaud

Né le 20 avril 1915 à Valenciennes (Nord), mort le 3 novembre 1990 à Bormes-les-Mimosas (Var) ; professeur de mathématiques  ; militant syndicaliste, secrétaire départemental du Var du SNCM, secrétaire de la section académique d’Aix-Marseille du SNES (1953-1967), membre de la commission administrative nationale du SNES.

Jean-Marie Lecoeuvre
Jean-Marie Lecoeuvre
Congrès du SNES 1973 (coll. IRHSES)

Jean-Marie Lecoeuvre effectua ses études à Valenciennes où son père, Georges, dirigeait le Mont de Piété et où sa mère, Augustine Lonpret, était institutrice. Après avoir obtenu le baccalauréat mathématiques en 1932, il réussit la première partie du certificat d’aptitude au professorat des écoles normales et écoles primaires supérieures (sciences) en 1935. Maître au pair (il aimait dire « pion ») au collège Chaptal à Paris, de 1935 à 1937, il obtint la deuxième partie du professorat mathématiques-sciences en 1937. Cette année-là, il épousa le 17 juillet 1937 à Paris (XIVe arr.) Marie, Henriette, Elise dite Mariette Quemere, professeur de mathématiques, avec laquelle il eut deux enfants.

Jean-Marie Lecoeuvre fit toute sa carrière comme professeur de mathématiques. Il enseigna aux écoles primaires supérieures de Mulhouse (Haut-Rhin) (1937-1939) et de Concarneau (Finistère) (1940-1942), puis au collège moderne de Brignoles (Var) (1942-1947). Devenu professeur certifié, il enseigna au collège moderne d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) (1947-1959) et termina sa carrière au lycée Mignet de la même ville (1959-1975). Ce parcours professionnel fut interrompu par la mobilisation, de septembre 1939 à octobre 1940. Après plusieurs périodes militaires, il devint capitaine de réserve dans l’artillerie.

Jean-Marie Lecoeuvre commença à militer au Syndicat national des EPS avant-guerre et fut membre du Parti socialiste SFIO, pendant quelques années après 1936. A la Libération, il milita au Syndicat national des collèges modernes, représenta le Var au congrès national de 1946 et devint secrétaire départemental de 1946 à 1949. Après la création du Syndicat national de l’enseignement secondaire (classique et moderne) en 1949, par fusion du SNES et du SNCM, il milita dans le courant autonome et accepta en 1953 de succéder à son ami Bodiou – nommé dans l’enseignement supérieur – comme secrétaire de la section (S3) de l’académie d’Aix-Marseille, qui s’étendait alors aussi sur les Alpes-Maritimes, la Corse et la Réunion. Il animait l’intervention syndicale dans les démarches auprès du rectorat et dans les organismes dont il était membre, notamment le conseil académique et la commission paritaire des certifiés. Tenace, méticuleux, compétent, efficace, il était respecté à la fois par ses collègues et par l’administration.

Devenu un des secrétaires de S3, piliers de la majorité autonome à la CA nationale du SNES de 1954 à 1966, Jean-Marie Lecoeuvre participa aux travaux préparatoires à la fusion du SNES avec le Syndicat national de l’enseignement technique (SNET). Il co-présida avec Padoue Beretti (secrétaire régional du SNET d’Aix-Marseille) la réunion commune des deux congrès nationaux du SNET et du SNES, en 1965 à Marseille. En 1966, lors du débat sur le projet de statuts du nouveau syndicat, il présenta quatre amendements : deux en commun avec Jean Reynaud concernant la fréquence des réunions de la CA nationale et la souveraineté des congrès, un en commun avec [André Mondot>146362] (secrétaire académique du SNES de Bordeaux) sur le dépouillement centralisé des élections internes, et un à titre personnel sur les statuts des sections académiques.

Lors des élections de la CA académique du nouveau syndicat unifié, en décembre 1966, la liste autonome qu’il conduisait avec Bernard et Serris fut devancée par la lite Unité et Action (Reynaud, Joseph Dunand, Jean Déom, Charlotte Pinatel) ; ce basculement préfigura celui qui eut lieu au printemps dans d’autres académies et au plan national. Lors de la réunion de la nouvelle CA académique, en janvier 1967, Jean-Marie Lecoeuvre refusa l’offre de co-gestion du S3 faite par la nouvelle majorité. Il resta cependant impliqué dans l’activité syndicale et fut membre de cette CA académique jusqu’à sa retraite en 1975. Il continua à figurer sur les listes nationales « Unité, indépendance et démocratie » et le fut encore en 1975 quand la liste se présenta sous la nouvelle dénomination UIDR (et rénovation).

Au cours sa retraite, Jean-Marie Lecoeuvre s’impliqua fortement pour le respect du cahier des charges du domaine dans lequel lui et Mariette avaient fait construire une petite maison près du Lavandou (Var). Ce combat pour la défense de la nature fut aussi prenant que celui qu’il avait mené pour la défense de ses collègues de l’enseignement de second degré. Il était titulaire des Palmes académiques.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article137032, notice LECŒUVRE Jean, Marie, Raymond dit Jean-Marie par Jean Reynaud , version mise en ligne le 16 mai 2011, dernière modification le 30 décembre 2018.

Par Jean Reynaud

Jean-Marie Lecoeuvre
Jean-Marie Lecoeuvre
Congrès du SNES 1973 (coll. IRHSES)

SOURCES : Arch. de la section académique du SNES d’Aix-Marseille. — Arch. IRHSES (fonds SNCM, SNES, CA, congrès, L’Université syndicaliste). — Renseignements fournis par ses enfants Françoise Braun-Lecoeuvre et Claude Lecoeuvre. — Notes d’Alain Dalançon et de Jacques Girault.

ICONOGRAPHIE : Photo au congrès du SNES (coll. IRHSES)

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