LE DUFF Jean, Roger

Par Jacques Girault

Né le 10 août 1934 à Paris (XVe arr.) ; conseiller d’orientation professionnelle ; militant syndicaliste ; militant communiste dans le Finistère, en Ille-et-Vilaine, en Haute-Loire, dans la Manche puis à nouveau en Ille-et-Vilaine, conseiller municipal de Domagné (Ille-et-Vilaine).

Photo d’identité.
Photo d’identité.

Jean Le Duff était l’aîné d’une famille de quatre garçons d’un ouvrier menuisier et d’une « petite-main » de la maison Chanel qui se consacra après son mariage à son foyer. La famille demeura à Boulogne-Billancourt jusqu’en avril 1939, puis à Brest, après le recrutement du père à l’arsenal maritime comme charpentier-tôlier. Pour échapper aux bombardements, la famille se réfugia à Plougonven, près de Morlaix, commune d’origine du père qui démissionna de l’arsenal et s’installa comme artisan menuisier. A la Libération, il adhéra au Parti communiste français et fut élu en 1945 conseiller municipal communiste de Plougonven sur une liste d’union socialiste-communiste. En 1947, il passa le concours de recrutement des professeurs techniques adjoints des centres d’apprentissage de l’Enseignement technique et fut nommé à la rentrée scolaire de 1948 au centre d’apprentissage du Bâtiment du Bouguen à Brest. Il milita au syndicat CGT de l’enseignement technique professionnel tandis que son épouse adhéra à l’Union des Femmes Françaises.

Jean Le Duff reçut les premiers sacrements catholiques « pour suivre les conventions sociales ». Il commença ses études à l’école publique de Saint-Marc à Brest puis à Plougonven. Elève du collège classique, moderne et technique de Morlaix en année préparatoire technique, puis au collège technique industriel de Brest, il obtint le certificat d’aptitude professionnelle de menuiserie, le brevet d’enseignement industriel, puis le baccalauréat « Mathématiques et Techniques ».

Pour pouvoir continuer des études supérieures, Le Duff devint maître d’internat de 1953 à 1956, notamment au centre d’apprentissage du bâtiment à Brest, et s’inscrivit en propédeutique scientifique à la faculté des Sciences de Rennes. A la rentrée scolaire de 1956, il sollicita un emploi d’instituteur suppléant, effectua divers remplacements d’instituteur en classes primaires ou de cours complémentaires, ainsi qu’un stage à l’École normale d’instituteurs de Quimper (février-juin 1957).

En 1957, Le Duff fut reçu au concours d’entrée à l’Institut national d’études du travail et d’orientation professionnelle qui dépendait du Conservatoire des Arts et Métiers et prépara en deux années le diplôme d’État de conseiller d’orientation professionnelle. Il obtint de 1964 à 1966 les certificats de « psychologie générale », de « psychologie de l’enfant », de « psychologie sociale » à la faculté des lettres et sciences humaines de Rennes.

Après avoir été conseiller d’orientation scolaire et professionnelle au centre départemental d’OSP de Rennes à partir de janvier 1960, Le Duff devint directeur du centre d’orientation professionnelle de Brioude (Haute-Loire) de 1967 à 1970. A partir de septembre 1970, il dirigea le centre d’OSP d’Avranches (Manche) avant d’être muté en 1974 comme directeur du centre d’information et d’orientation de Rennes-Sud, poste qu’il occupa jusqu’en 1986. Il devint alors directeur de CIO, adjoint au chef du service académique d’information et d’orientation du rectorat de l’académie de Rennes, fonction qu’il exerça jusqu’à sa retraite en 1994.

Le Duff effectua son service militaire en France puis en Algérie (septembre 1959-décembre 1961, dont seize mois en Algérie) qu’il termina comme maréchal des logis dans le Train. Mis à la disposition du directeur du Centre d’orientation professionnelle de Sétif à partir de mars 1961, quand survint le putsch des généraux, il participa aux réunions des délégués des unités militaires de Sétif. La décision fut prise de lancer une pétition dans les corps de troupe pour obtenir du général commandant la région militaire de ne pas rallier les généraux rebelles.

Le Duff se maria uniquement civilement en août 1958 à l’annexe de Lambézellec (Brest) avec Andrée Mellouet, fille d’un ancien prisonnier, pensionné de guerre employée de bureau à « l’Union des Docks », société commerciale à succursales multiples, militante à l’Union des Jeunes Filles de France puis quelques semaines après leur mariage au PCF,. Le couple eut trois enfants. Son épouse fut membre du comité de la fédération communiste de Haute-Loire.

Le Duff, dès sa nomination comme surveillant, adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique-CGT en octobre 1953. Puis il adhéra au Syndicat national des instituteurs mais n’y milita pas. A l’INETOP, il adhéra au SNET affilié à la Fédération de l’Éducation nationale. Puis, il milita au SNET dans le courant « cégétiste » et fut membre du bureau académique en Ille-et-Vilaine. Muté dans la Manche, il fut élu secrétaire de la section départementale (S2) du Syndicat national des enseignements de second degré au début des années 1970. Revenu à Rennes, il fut pendant de nombreuses années représentant des directeurs de CIO au sein de la commission administrative paritaire académique des personnels d’orientation. En 2011, il exerçait des responsabilités au sein de la section fédérale des retraités de la Fédération syndicale unitaire et siégeait au Comité départemental des Retraités, Personnes âgées et de l’action gérontologique d’Ille-et-Vilaine ainsi qu’au collectif des organisations syndicales de retraités d’Ille-et-Vilaine.

Membre de l’Union des Jeunesses Républicaines de France à Brest depuis 1954, trésorier fédéral en 1955, puis membre de l’Union des Jeunesses communistes à partir de 1956, secrétaire fédéral des JC en novembre 1956, Le Duff adhérait au PCF à Brest depuis janvier 1956. Il fut secrétaire de cellule et membre du comité de la section communiste de Quimper. Le secrétariat de la fédération communiste du Finistère envisagea son élection au comité fédéral alors qu’il était en stage à l’Ecole normale d’instituteurs de Quimper. Finalement il ne fut pas retenu en raison de sa jeunesse et de son absence de militantisme syndical. Il participa au festival mondial de la jeunesse à Moscou en 1957 comme délégué du Finistère. A l’INETOP, il milita dans la cellule du PCF.

Le Duff vint habiter Rennes en janvier 1962. Secrétaire de la section Rennes-Nord du PCF, il fut directement intégré dans le bureau de la fédération communiste d’Ille-et-Vilaine de 1964 à 1967. Il suivit une école centrale du PCF (31 juillet-27 août 1966). Secrétaire de la section communiste de Brioude, il fut élu au secrétariat de la section du PCF, puis au comité et au bureau de la fédération communiste de Haute-Loire par la conférence fédérale du 26 mai 1968, responsable de la propagande. A Avranches, membre du comité de la section communiste d’Avranches, il entra au comité de la fédération communiste en 1971, puis au bureau fédéral de 1972 à 1974. Muté en Ille-et-Vilaine en octobre 1974, secrétaire de la section communiste de Rennes-Nord en 1974, il entra au comité de la fédération communiste en 1974, puis au bureau fédéral (1976-1979), membre de la commission de l’enseignement, revint au seul comité fédéral en 1979, puis au comité départemental dont il faisait toujours partie en 2011. Il devint président de la commission fédérale de contrôle financier en 1996.

Le Duff fut candidat aux élections législatives dans la circonscription de Vitré en 1967 (1 352 voix sur 45 837 inscrits), puis à nouveau en 1978 (1 598 voix sur 51 995 inscrits), en 1983, en 1988 et en 1993 (1 565 voix). Il fut dans cette circonscription le suppléant des candidats communistes en 1997 et en 2002. Il fut le suppléant de la candidate communiste Renée Laplace-Dolonde en 1973 dans la 3e circonscription de la Manche (Coutances). Il se présenta aussi au Conseil général dans le canton de Bréhal (Manche) en 1973, puis dans Ille-et-Vilaine, dans les cantons de Vitré-Est en 1976, de Châteaubourg en 1979, en 1985, en 1991, en 1997, en 2004 et en 2011. En outre, il conduisait la liste communiste aux élections régionales de mars 1986.

Le Duff fut candidat aux élections municipales de Rennes en 1965 sur la liste d’union démocratique. Habitant Domagné depuis décembre 1977, élu conseiller municipal de 1983 (candidat isolé) à 2008, il participait aux commissions de la culture, de l’urbanisme et de la communication.

Le Duff s’investissait dans la Fédération des conseils de parents d’élèves depuis 1964. Il contribua à la création du conseil des parents de l’école de la rue Jeanne Jugan à Rennes, de celui des écoles primaires à Brioude et les présida, ainsi que le conseil des parents d’élèves du collège d’enseignement secondaire d’Avranches, puis l’APE et amis de l’école publique de Domagné à partir de 1977. Il restait collaborateur technique de l’organisation et participait aux réflexions du comité départemental de la FCPE entre 1983 et 1986. En outre, avec son épouse, à Domagné, ils contribuèrent à la création et au développement de la bibliothèque, ainsi qu’à la création d’une association à vocation d’activités de loisirs et culturelles. Il créa en 2006 un blog d’intérêt politique local « Domagné-Débats ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136976, notice LE DUFF Jean, Roger par Jacques Girault, version mise en ligne le 11 mai 2011, dernière modification le 11 mai 2011.

Par Jacques Girault

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SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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