LAUTHELIER Christiane, Jacqueline née DUPONT

Par Jacques Girault

Née le 16 avril 1943 à Paris (Ve arr.) ; institutrice ; militante communiste en Côte-d’Or.

Christiane Lauthelier, lors de la manifestation du 19 mars 2009.
Christiane Lauthelier, lors de la manifestation du 19 mars 2009.

Christiane Dupont naquit au Val-de-Grâce alors que sa mère Marcelle Bastien, employée chez un caviste de Reims (Marne), communiste, arrêtée à Bordeaux le 8 juillet 1942, était détenue au fort de Romainville. Elle fut retirée du convoi des « 31 000 » en partance pour Auschwitz, après l’action des internées organisées par Danielle Casanova*, avant d’être déportée à Ravensbrück. Son père Lucien Dupont qui habitait en Côte-d’Or, communiste et FTP, arrêté à Pantin le 16 octobre 1942, venait d’être fusillé en février 1943 au Mont-Valérien. Amenée par la Croix-Rouge en Côte-d’Or chez ses grands-parents paternels qui l’élevèrent jusqu’en 1948 avec l’aide financière d’anciennes résistantes, elle reçut une éducation religieuse catholique. En 1945, sa mère, au retour de la déportation, s’installa en Côte-d’Or et travailla comme repasseuse à l’hôpital de Dijon. Elle se maria en 1947 avec Eugène Michéa, dépensier-magasinier dans le même hôpital, militant communiste. Ils eurent deux garçons.

Christiane Dupont séjourna dans des colonies de vacances organisées par la Fédération nationale des déportés, internés et résistants politiques en Allemagne de l’Est et dans des centres de vacances des Vaillants et Vaillantes en France. Encouragée par la directrice de l’école primaire, Madame Vieillard, mère d’un des normaliens de Dijon exécutés comme otages, elle réussit l’examen d’entrée en 6eme. Élève du lycée de jeunes filles Marcelle Pardé à Dijon, titulaire du baccalauréat « mathématiques élémentaires », elle effectua des suppléances d’institutrice en Côte-d’Or à partir d’octobre 1961.

Christiane Dupont se maria uniquement civilement en juillet 1962 à Dijon avec Jacky, André Lauthelier, fils d’un maçon, infirmier, militant communiste. Ils eurent deux enfants.

Après avoir obtenu le certificat d’aptitude pédagogique en 1963, titularisée, Christiane Lauthelier enseigna jusqu’à sa retraite en 1998 (poste rural pendant une année, puis à Dijon, enfin à partir de 1969 à Chenôve où elle fut directrice en 1994). Membre du Syndicat national des instituteurs, puis du SNUIPP, elle n’exerça pas de responsabilités syndicales.

Membre de l’Union des jeunes filles de France depuis 1960 et du Parti communiste français depuis octobre 1962, Christiane Lauthelier, trésorière et responsable du journal de sa cellule, était membre du comité de la section communiste Dijon-Nord. Elle entra au comité de la fédération communiste en 1965 où elle fit partie de la commission féminine et y resta jusqu’en 1968. Elle suivit le stage organisé par le PCF pour les instituteurs communistes (3-27 juillet 1965).

Christiane Lauthelier fut candidate communiste au Conseil général dans le canton de Saint-Seine-l’Abbaye en 1967, aux élections européennes de 1992 et comme suppléante aux élections cantonales de 2008 dans le canton de Liernais. Après son emménagement à Chenôve, elle milita dans sa ville ainsi que dans la section de Dijon-sud et figura sur la liste d’union de la gauche aux élections municipales de 1977 et de 1983 à Chenôve. Remplaçant une élue démissionnaire, elle entra au conseil municipal en 1984. Réélue en 1989, elle siégea jusqu’en 1995, souhaitant ne pas se représenter en raison de ses nouvelles responsabilités professionnelles. Elle participa aux commissions de la culture et de l’enseignement.

Parallèlement, Christiane Lauthelier militait au Mouvement de la Paix, au Secours populaire français, à la Fédération des conseils de parents d’élèves. Membre de la FNDIRP comme internée, elle adhéra à l’association des Familles de Fusillés, à l’association "Mémoire vive" qui perpétuait la mémoire des convois « les 45000 » et « les 31000 », à l’association des Amis du Musée de la Résistance nationale et milita aussi dans l’Amicale de Ravensbrück après sa retraite.

Christiane Lauthelier publia en 2008, pour le 65ème anniversaire de l’exécution de son père, avec l’Amicale des vétérans communistes de la Côte-d’Or- dont elle était membre, un document biographique sur Lucien Dupont en y associant les activités de Résistance de sa mère et en y évoquant sa naissance dans la tourmente de l’époque. Cette recherche lui donna la possibilité de témoigner dans divers établissements scolaires.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136924, notice LAUTHELIER Christiane, Jacqueline née DUPONT par Jacques Girault, version mise en ligne le 5 mai 2011, dernière modification le 5 mai 2011.

Par Jacques Girault

Christiane Lauthelier, lors de la manifestation du 19 mars 2009.
Christiane Lauthelier, lors de la manifestation du 19 mars 2009.
Christiane Lauthelier, signant son ouvrage, le 26 février 2008, lors de la cérémonie organisée lors de l’anniversaire de l’exécution de son père.
Christiane Lauthelier, signant son ouvrage, le 26 février 2008, lors de la cérémonie organisée lors de l’anniversaire de l’exécution de son père.

ŒUVRE : Dupont-Lauthelier (Christiane), Un regard sur Lucien Dupont, 21 ans, la vie trop courte d’un homme en Résistance, sl, 2008, 83 p.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse. — Renseignements fournis par l’intéressée.

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