LAMBLIN Claude, Henri, Robert

Par Didier Bigorgne, Jacques Girault

Né le 14 avril 1937 à Champignol-lez-Mondeville (Aube) ; instituteur ; militant communiste, maire de Reims (1977-1983), conseiller général de la Marne (1973-1982), conseiller régional de Champagne-Ardennes (1980-2004)

Claude Lamblin en 1977
Claude Lamblin en 1977

Fils d’un maréchal-ferrant qui devint ouvrier d’entretien aux Forges de Clairvaux (Aube) et d’une mère sans profession, Claude Lamblin était le deuxième d’une famille de cinq enfants. Il fut baptisé et fit sa communion solennelle dans la plus stricte tradition. Il fréquenta d’abord l’école communale de Champignol-lez-Mondeville d’où il sortit avec le certificat d’études primaires. A partir de 1951, il poursuivit ses études, de la classe de 4ème à la terminale, à Bar-sur-Aube. Il y obtint le baccalauréat en 1957.

A la rentrée scolaire de 1957, Lamblin entra dans l’Éducation nationale sans formation professionnelle. Instituteur (d’abord suppléant, remplaçant, puis titulaire), il enseigna dans l’Aube (Ville-sous-la-Ferté de 1957 à 1962, Bar-sur-Aube de 1962 à 1966). Muté instituteur à Reims (école Wilson-Mulhouse) en 1966, il devint rééducateur en psycho-pédagogie à partir de 1972. Il occupa ce poste d’instituteur spécialisé de façon discontinue, en raison de ses mandats politiques, jusqu’à sa retraite en 1992. Il était membre du Syndicat national des instituteurs depuis 1957.

Ayant bénéficié d’un report d’incorporation pendant cinq ans, Lamblin accomplit son service militaire de septembre 1963 à décembre 1964, d’abord en qualité d’élève à l’école d’officier de l’infanterie à Montpellier, puis avec le grade de sous-lieutenant au 26ème régiment d’infanterie à Nancy.

Lamblin, après une longue réflexion politique provoquée par la guerre d’Algérie, adhéra au Parti communiste français en 1965. Secrétaire de la section communiste de Reims, il entra au comité de la fédération communiste de la Marne en 1971, au bureau fédéral en 1972, au secrétariat fédéral (responsable de la jeunesse) en 1974. Il redevint membre du seul bureau fédéral en 1977, responsabilité qu’il exerça jusqu’en 2004. Il suivit une école centrale du PCF en juillet 1972. Il militait aussi au Mouvement de la paix.

La carrière d’élu de Lamblin commença le 30 septembre 1973 avec son élection au Conseil général dans le cinquième canton de Reims : arrivé en tête au premier tour avec 878 voix sur 5 667 inscrits et 2 840 votants, il l’emporta au scrutin de ballottage en réunissant 1 442 voix sur 2 699 votants. Lors du renouvellement en 1976, le canton avait été redessiné, ce qui ne l’empêcha pas d’être facilement réélu en obtenant 1 989 voix sur 8 925 inscrits et 5 045 votants au premier tour, puis 3 078 suffrages sur 5 054 votants au deuxième tour.

En 1977, Lamblin devint maire de Reims après avoir conduit la liste d’union de la gauche à la victoire avec 33 518 voix sur 65 457 suffrages exprimés (51,2 %) contre celle de l’union de droite conduite par le député Jean Falala. Dans cette ville, où les activités liées au vignoble avaient laissé la place à des industries de transformation, la population, frappée par le chômage, avait fait confiance à la gauche qui avait emporté trois sièges sur quatre aux élections cantonales de l’année précédente. Sa victoire aux élections municipales couronnait cette progression continue comme le montra un reportage au journal télévisé d’Antenne 2 qui donnait la parole au nouveau maire.

Les débuts du mandat municipal furent difficiles. Lors de la grève aux Verreries mécaniques champenoises provoquée par le licenciement de deux délégués CGT, Lamblin exprima la solidarité de la municipalité. Le conflit fut marqué par l’assassinat du jeune ouvrier Pierre Maitre, le 5 juin au matin. Le maire fut accusé par l’Union patronale rémoise d’avoir entretenu un climat d’agressivité dans la région ; la réplique de René Andrieu dans l’Humanité fut cinglante. Aussi, l’union de la gauche se distendit-elle rapidement au conseil municipal. Le 4 novembre 1977, les élus socialistes refusèrent de voter le budget supplémentaire, firent le procès de la gestion « communiste » de la ville et lui reprochèrent de recruter des personnels sur des critères politiques. La polémique dépassa la ville ; elle eut des répercussions nationales qui amenèrent Charles Fiterman*, alors secrétaire du PCF, à venir apporter son soutien public au maire de Reims. La politique sociale fut la priorité du mandat de Lamblin (gratuité des transports urbains pour les chômeurs, construction d’une piscine et de salles municipales dans les quartiers défavorisés).

Lors des élections législatives de 1978, l’ascension de Lamblin fut stoppée brutalement. Candidat dans la première circonscription de Reims, il arriva en tête au premier tour en obtenant 19 095 voix sur 90 237 inscrits et 78 321 votants ; mais il échoua au deuxième tour face à son concurrent UDF-CDS, avec 34 928 suffrages (45,94 %), ne retrouvant pas l’ensemble des voix de gauche. Commença alors une spirale de la défaite. Le 14 juin 1981, il fut éliminé au premier tour des élections législatives en arrivant en troisième position avec 12 444 voix sur 95 479 inscrits et 66 432 votants. Il perdit son siège de conseiller général le 14 mars 1982 ; battu dès le premier tour en recueillant 1 284 voix sur 10 922 inscrits et 5 896 votants, il se désista en faveur du candidat socialiste qui le précédait. Aux élections municipales de 1983, l’union de la gauche éclata. Sur 69 747 suffrages exprimés, la liste de Jean Falala l’emporta avec 39 065 voix, suivie par la liste socialiste (16 307 voix) et la liste PCF conduite par Lamblin (13 128 voix) qui n’eut que cinq élus. Ce dernier continua à siéger au conseil municipal dans la minorité jusqu’en 2001 ; il tint une rubrique mensuelle "Les faits sont têtus" dans le journal municipal pendant toutes ces années.

Lamblin resta conseiller régional de Champagne-Ardenne de 1980 à 2004. Membre de l’Association nationale des élus communistes et républicains de 1977 à 2004, il siégea à son conseil national dès 1977, puis au bureau national à partir de 1986. A sa retraite politique en 2004, il fut promu chevalier dans l’ordre national du Mérite.

Marié à Troyes (Aube) en juillet 1961 avec Monique Piet, professeur de collège qui lui donna deux enfants et qui fut candidate sur la liste communiste aux élections municipales de 1971, Claude Lamblin divorça. Il épousa en secondes noces une secrétaire de direction, mère de deux enfants, à Châlons-en-Champagne (Marne) en juillet 1988.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136826, notice LAMBLIN Claude, Henri, Robert par Didier Bigorgne, Jacques Girault , version mise en ligne le 2 mai 2011, dernière modification le 31 octobre 2012.

Par Didier Bigorgne, Jacques Girault

Claude Lamblin en 1977
Claude Lamblin en 1977
Photo après son élection au poste de maire en mai 1977.
Photo après son élection au poste de maire en mai 1977.

SOURCES : Arch du comité national du PCF. — l’Humanité, année 1977. — L’Express, 21-27 mars 1977, « Reims, le sacre du PC ». — L’Union, 1973 à 1983. --- Presse locale. — Entretien de l’intéressé avec Didier Bigorgne.

Version imprimable Signaler un complément