BRÉCHET Marie-Jeanne [née BOISSY Marie]

Née le 27 juillet 1902 à Lyon 2ème arrondissement (Rhône) ; blanchisseuse, apprêteuse ; militante UFF de Clichy-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine).

Fille de Joseph et d’Anne, née Blanc, Marie Boissy rencontra André Bréchet en 1922 et se maria avec lui le 9 septembre 1922. Ils habitaient 19 rue du Docteur Émile-Roux à Clichy (Seine) et eurent un fils, Georges, en 1929. Marie Bréchet était adhérente du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme.
Son mari André Bréchet, militant communiste condamné à mort le 27 août 1941 par la Cour martiale a été guillotDaniel Grasoniné le 28 août 1941 dans la cour de la prison de la Santé, ainsi que Émile Bastard et Abraham Trzebrucki.
Elle bénéficia d’un non-lieu le 4 septembre 1941, mais fut arrêtée Le 5 septembre
1941 en application du décret du 18 novembre 1939. Elle a été internée à la prison de la Petite-Roquette à Paris (XIe arr.). Elle demanda sa libération dès le 8 septembre dans une lettre adressée au Préfet de police. Elle écrivait « Je suis la femme de M. Bréchet arrêté pour activité communiste il y a deux mois et exécuté le 28 août après avoir été condamné par la Cour Martiale. »
« J’ai moi-même été arrêtée peu de temps après lui ; or, pour ma part, je n’ai jamais eu aucune activité politique. Ce qui m’est reproché, c’est qu’ayant connue l’activité de mon mari, de ne pas l’avoir dénoncé. »
« Monsieur Grenier Juge d’Instruction a ordonné un non-lieu, à la suite duquel, au lieu de me libérer, on m’a renvoyé à la Petite Roquette. »
« Je vous prie de bien Gvouloir considérer Monsieur le Préfet que, mariée depuis vingt ans, aimant beaucoup mon mari, il m’était impossible de le dénoncer à la Police sans commettre une mauvaise action. »
« J’espère que vous voudrez bien admettre qu’après avoir perdu mon mari dans d’aussi tristes circonstances il serait juste que maintenant je puisse vivre auprès de mon enfant et lui donner la tendresse et les soins dont il a besoin. »
« C’est pourquoi, je vous prie de bien vouloir examiner mon cas afin qu’il vous soit possible d’ordonner ma mise en liberté. »
Marie Bréchet a été internée le 16 septembre 1941 au camp de Choisel à Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique). Dès le 14 octobre le Préfet écrivait au Préfet de Police de Paris : « on ne peut lui reprocher que l’activité de son mari. […] Mère d’un enfant de 11 ans, souffrante, moralement très déprimée, j’estime qu’elle pourrait bénéficier d’une mesure de clémence. »
« J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien me faire connaître la suite que vous estimez pouvoir être réservée à ma proposition. »
Le 13 mars 1942 dans un courrier « confidentiel », le Préfet de police sollicitait une réponse à sa lettre du 3 novembre 1941 dans laquelle il demandait la libération de Marie Bréchet. Le 16 avril 1942 le Ministre secrétaire d’état à l’intérieur informait le Préfet de police que « la possibilité d’une mesure de libération » allait être examinée.
Marie Bréchet a été libérée le 20 juin 1942 du camp d’Aincourt (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) où elle avait été transférée le 9 juin. Elle signa un engagement sur l’honneur de ne pas participer à l’activité communiste clandestine.
Marie Bréchet souhaitait récupérer la dernière lettre de son mari. En décembre 1944, elle écrivit au ministre de l’Intérieur, Prosper Môquet, appuya sa demande dans un courrier. La lettre ne fut pas retrouvée.
À la Libération veuve de fusillée, elle représenta l’UFF à la délégation spéciale de Clichy désignée par la préfecture en novembre 1944. Elle siégea au conseil municipal élu en mai 1945, mais sans étiquette.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136803, notice BRÉCHET Marie-Jeanne [née BOISSY Marie], version mise en ligne le 16 mars 2019, dernière modification le 16 mars 2019.

SOURCES : Arch. PPo. 1 W 716-26408. – Arch. com. Clichy. – Arch. de Paris. – Bureau Résistance (pas de dossier).

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