MAËS Lucien, Henri, Paul, Emile

Par Daniel Grason

Né le 8 novembre 1913 à Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 15 mars 1985 à Sens (Yonne) ; tourneur ; militant syndicaliste et communiste ; volontaire en Espagne républicaine.

Lucien Maës était le fils d’un confiseur. Il fut légitimé par le mariage de ses parents à Courbevoie en juillet 1915 puis fut adopté par la Nation en janvier 1920.

Il suivit l’école élémentaire, puis entra dans le monde du travail. En 1933, il fit son service militaire en Tunisie, alors protectorat français. Son père était un antifasciste, Lucien Maës travailla comme employé chez Saint-Épin à Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine), une entreprise de peignage et de filature de laine dont les usines de production étaient dans l’Oise. Avec sa femme Yvonne, née Auffret, en 1915, vendeuse, ils habitaient avec leur fille Denise, née en 1934, au 7, rue Sainte-Marie dans la même ville.

Lucien Maës changea d’entreprise et d’emploi, devint tourneur sur métaux, chez Laffly à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine), située au 94 avenue des Grésillons. Cette artère séparait les deux villes, il lui suffisait de la traverser, il était à son travail. Entreprise de la métallurgie, Laffly employait huit cents salariés, elle fabriquait des véhicules militaires dont les radiateurs étaient fournis par les usines Chausson.

Syndiqué à la CGT, les grèves du Front populaire l’éveillèrent à la vie politique, il adhéra au parti communiste, au secours rouge international. Il participa à une école élémentaire de l’organisation politique, prit connaissance des écrits de Lénine et de Staline dans des brochures. Il devint lecteur de l’Humanité et de Regards. Lucien Maës accéda à des responsabilités, secrétaire du comité des métaux chez Laffly, du comité local d’action et de propagande syndical de Gennevilliers, secrétaire de la cellule communiste de l’entreprise. Avant de partir en Espagne, il déménagea à Epinay-sur-Seine (Seine, Seine-Saint-Denis), au 14 rue des Larris.

Lucien Maës se rendit en train jusqu’à la gare la plus proche de la frontière espagnole, puis il traversa les Pyrénées à pied. Il voulait écrira-t-il « lutter contre le fascisme ». Il arriva à destination le 8 février 1938, fut affecté à la XIVe Brigade internationale, auprès de l’état-major, et nommé caporal le 12. Le 23 février, il écrivit au secrétaire de la section communiste, Paul Vergnenaigre dit Paul Vergnes : « Il faut que tu dises à nos camarades des entreprises qu’ils ne cesse pas une minute la solidarité envers le peuple héroïque d’Espagne, il faut des vivres pour les femmes et les enfants, des vêtements. Il faut arriver à leur faire comprendre qu’ils aident non seulement le peuple espagnol, mais aussi la France ».

En mars, il participait aux combats de la bataille d’Aragon, à Caspe. Le 7 avril, il écrivit au journal local la Voix populaire : « Ma santé me laisse tranquille, mon moral est gonflé à bloc. Toutefois, il y a un nuage dans mon bonheur, c’est la fumée de bonnes cigarettes françaises qui s’appellent autant que je m’en souvienne, des Gauloises. Si l’on avait autant de paquets de Gauloises à fumer que de bombes qui nous tombent sur la g…, ce serait du velours. Oh ! Non de Dieu ! Cette non-intervention, qu’a-t-elle fait ! »

En juillet, il prenait part à la bataille de l’Ebre et aux combats de l’Escorial. Lucien Bigouret, responsable du comité de parti de la brigade écrivit : « Courageux et discipliné, à toujours exécuté les tâches qui lui étaient fixées, bon antifasciste, a appliqué les décisions du parti communiste ».

Dans sa biographie qu’il remplit le 7 novembre 1938, Lucien Maës se recommandait de Félix Pozzi, il appréciait positivement l’unité des partis politiques et des antifascistes dans la lutte pour l’indépendance de l’Espagne, cela lui semblait être un exemple pour les forces antifascistes en France. Il demandait son rapatriement à Gennevilliers, où habitaient disait-il ses parents, son frère et sa sœur et ses enfants.

Lucien Maës fut à la réception, suivi d’un repas fraternel donné le dimanche 13 novembre en l’honneur des brigadistes rentrés d’Espagne. Une initiative du comité d’aide à l’Espagne républicaine, de la section communiste, de la CGT, avec l’aide de la Municipalité. Étaient présents : René Coulon, commandant d’une compagnie de mitrailleuses, Marcel Leconte, Auguste Le Tabareux, Henri Ligneau, de Léonard et Robert Detraz de Villeneuve-la-Garenne.

Jean Grandel, Louis Blésy et Lucien Maës prirent la parole. Un hommage fut rendu à Roger Olivier, magasinier au Cinéma tirage Maurice (CTM), tué par un obus le 21 septembre 1938, lors de la bataille de l’Ebre.

Il divorça en 1965 et se remaria à Paris en avril 1966.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136668, notice MAËS Lucien, Henri, Paul, Emile par Daniel Grason, version mise en ligne le 11 avril 2011, dernière modification le 5 décembre 2014.

Par Daniel Grason

SOURCES : RGASPI 545.6.1040, BDIC mfm 880/1 ; RGASPI 545.6.1043, BDIC mfm 880/2 bis ; RGASPI 545.6.1044, BDIC mfm 880/2 bis ; 880/24, RGASPI 545.6.1294, BDIC mfm 880/24. – le Travailleur de la banlieue ouest, 11 mars 1938 ; la Voix populaire, 22 avril, 29 juillet, 18 novembre 1938.— Les archives du Komintern, RGASPI 495 270 5557 ; comprennent un dossier biographique de Maës Yvonne, son épouse. — État civil.

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