LEYER Guillaume, Louis.

Par Christian Bougeard

Né le 16 novembre 1904 à Gouesnou (Finistère), mort le 10 juin 1961 à Brest ; instituteur à Douarnenez puis chef d’établissement à Brest ; conseiller municipal de Brest et candidat socialiste SFIO puis du Parti socialiste unitaire.

Ancien élève de l’Ecole normale d’instituteurs de Quimper, Guillaume Leyer devint professeur à l’école primaire supérieure de Douarnenez dans l’entre-deux-guerres, puis de Brest. A la Libération, il fut directeur du collège moderne de Brest (Saint-Marc), puis directeur de l’école de navigation.

Militant socialiste à partir de 1924, Guillaume Leyer assuma les fonctions de secrétaire de la section SFIO de Douarnenez où il affronta le maire communiste Daniel Le Flanchec et les responsables de la CGTU. En 1928, il entra au comité fédéral de la SFIO. En octobre 1931, il fut le candidat socialiste aux élections cantonales à Douarnenez mais, avec 209 voix au 1er tour, il ne fit pas le poids face à Le Flanchec (2 012 voix), à un radical (1 324 voix) et au conservateur Du Frétay (2 550 voix), élu au 2e tour. Guillaume Leyer se situait alors à l’aile gauche du parti socialiste. Ainsi, à la suite de « l’affaire Goude », la dissidence à la fin 1929 du député de Brest favorable à la participation ministérielle, Guillaume Leyer s’opposa en 1932 à sa réintégration décidée par le 29e congrès de la SFIO. A plusieurs reprises, en 1932 et surtout en 1933, il prit position dans Le Breton Socialiste contre la majorité du groupe parlementaire qui avait adopté une attitude jugée comme trop conciliante à l’égard des gouvernements de gauche. Dans une tribune libre du 11 mars 1933, il dénonçait « la conjonction des gauches » et prônait « l’unité ouvrière le plus tôt possible ». Guillaume Leyer devint en 1933 le secrétaire du comité de défense laïque du Finistère assurant la direction du journal Défense laïque d’octobre 1933 à mars 1939. A ce titre, il participa à la construction du Front populaire dans son département en intervenant dans des meetings en 1935 et 1936. En 1933, il fut aussi secrétaire de la section du Finistère de la Fédération générale de l’enseignement.

Au moment des accords de Munich, Guillaume Leyer défendit l’attachement aux positions pacifistes appelant « les organisations ouvrières » à reprendre « sans plus tarder » « le combat spécifiquement prolétarien contre la guerre » (Le Breton Socialiste du 15 octobre 1938, « La paix est possible, mais il faut la vouloir »). Mais il prit bientôt conscience du danger nazi. Mobilisé en 1939 comme officier de réserve, Guillaume Leyer participa aux combats de la bataille de France (Croix de guerre, deux citations). Sous l’Occupation, il rejoignit la Résistance, organisée précocement dans le Finistère par Tanguy Prigent (voir ce nom), et participa à l’Armée secrète.

À la Libération, Guillaume Leyer était directeur du collège moderne de Brest, et il redevint l’un des militants les plus actifs de la fédération de la SFIO reconstituée dans le Finistère. Intervenant dans les congrès fédéraux, Guillaume Leyer défendit des positions de gauche, d’union avec le PCF, en 1945-1946, au cours des débats sur « l’union prolétarienne », se situant avec Hervé Mao (voir ce nom) dans la minorité de gauche critiquant la direction de Daniel Mayer. Lors du congrès fédéral de novembre 1945, secrétaire de l’union des sections brestoises, il fut élu membre du comité fédéral pour la région brestoise et lors des campagnes électorales de 1946, il devint l’un des principaux orateurs des tournées de propagande de la SFIO dans le Finistère. Au début de 1947, il organisa avec Eugène Reeb (voir ce nom), un secrétariat à la propagande et se chargea de la région brestoise. Au congrès fédéral du 27 juillet 1947, au Huelgoat, il tenta avec le secrétaire fédéral Hippolyte Masson (voir ce nom) de redynamiser la SFIO. En mars 1946, Guillaume Leyer avait été l’un des quatre délégués au congrès national extraordinaire de Montrouge. Aux élections législatives de novembre 1946, il figurait en 5e position sur la liste socialiste qui recueillit 16,26% des voix (deux élus). A la fin juillet 1947, il participa à l’organisation des premiers secours lorsque le navire norvégien L’Ocean Liberty, chargé de nitrate d’ammonium explosa en rade de Brest, faisant des dizaines de mort et de blessés. Et le 19 octobre 1947, il fut élu conseiller municipal socialiste (5 sièges) de Brest.

Mais lorsqu’en janvier 1948, pour cause de désaccord sur la politique de troisième force, la direction de la SFIO décida d’exclure la tendance « Bataille socialiste », Guillaume Leyer démissionna de la SFIO pour rejoindre le nouveau Parti socialiste unitaire (PSU) dont il fut élu membre du comité directeur national. Il n’avait pas non plus accepté la scission de la CGT et la création de FO. Au début 1948, Guillaume Leyer créa à Brest une section du mouvement socialiste unitaire qui comptait une dizaine de membres en mars 1948 mais ne prit guère d’ampleur. Affirmant clairement son positionnement à gauche, il participa à titre personnel au congrès fédéral du PCF en mai 1948 et accepta de figurer sur la liste communiste « Union démocratique pour l’indépendance nationale », conduite par le conseiller de la République sortant Albert Jaouen*. Aux élections cantonales de mars 1949, Guillaume Leyer (5,7% des suffrages) défendit les couleurs du PSU dans le 2e canton de Brest contre le socialiste Robert Arnault (SFIO, voir ce nom) et la communiste Renée Riou dans le fief du sénateur MRP Yves Jaouen. Ce militant socialiste n’apparut plus guère ensuite sur la scène politique brestoise.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136661, notice LEYER Guillaume, Louis. par Christian Bougeard, version mise en ligne le 8 avril 2011, dernière modification le 12 avril 2011.

Par Christian Bougeard

SOURCES : Notice du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, CD-Rom 1997. — Jean-Michel Le Boulanger, Flanchec 1881-1944 ou l’étrange parcours d’un insoumis, Mémoire de la ville, Douarnenez, 1997. — Pierre Brigant, La fédération socialiste SFIO du Finistère (1908-1969), thèse NR, Rennes 2, 2001.

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