LACAPERE Simonne, Madeleine née DEFFAIN.

Par Jacques Girault

Née le 9 mars 1916 à Fougères (Ille-et-Vilaine), morte le 17 octobre 2007 à Plan-de-Cuques (Bouches-du-Rhône) ; institutrice ; militante syndicaliste dans la Seine ; militante socialiste, adjointe au maire de Suresnes (Hauts-de-Seine).

Fille d’un tailleur d’habits et d’une couturière, Simonne (parfois écrit Simone) Deffain encadrait des colonies de vacances organisées par le Secours rouge tout en faisant partie d’un groupe de Faucons rouges. Institutrice, elle se maria en septembre 1934 à Paris (XIeme arr.) avec Jacques Lacapère, instituteur. Avec son mari, elle adhéra aux Jeunesses socialistes SFIO à Vincennes et participa aux auberges de jeunesse. Elle fut « exclue » selon son témoignage des colonies de vacances comme « trotskyste » après que le congrès de la fédération socialiste SFIO de la Seine eut décidé d’exclure ces militants des Jeunesses socialistes.

En 1939-1940, le couple fut chargé d’organiser le centre d’évacuation de Bellou-en-Houlme (Orne), pour une centaine de garçons des écoles primaires de Paris (VIe arr.). De juin 1944 (selon son témoignage) à 1950, ils créèrent, avec d’autres jeunes socialistes, une république d’enfants dite 
« Bastide de Beau-Soucy » gérée par l’Entr’aide française. Cette organisation fut aussi un lieu de rassemblement de jeunes éclaireurs de France résistants.

Pendant la guerre, avec son mari, Simonne Lacapère devint instructrice aux Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active. Ils fréquentèrent la bibliothèque du Musée pédagogique, rue d’Ulm, pour y connaître les analyses sur la psychologie, l’éducation nouvelle, les éducateurs socialistes, et notamment Gustave Robin. Ils ne furent pas admis comme instituteurs à Cempuis, centre fondé par ce dernier. Des journaux furent imprimés et des partisans des méthodes de Célestin Freinet séjournèrent parmi ces militants.

Simonne et Jacques Lacapère travaillèrent par la suite à l’école de plein air de Suresnes qui fut annexée au Centre national d’éducation de plein air en janvier 1954. Elle fut directrice de cette école de plein air de 1954 à sa retraite en 1976.

Simonne Lacapère, militante de la section départementale du Syndicat national des instituteurs, écrivait régulièrement dans la rubrique pédagogique de L’Ecole libératrice, hebdomadaire national du SNI. Les thèmes de ces séries d’articles variaient : « Travaux manuels. La vannerie » en 1952, « En songeant à la fête des mères » en 1953, « Voyage d’éducateurs en Israël » en 1958. Elle signait parfois ces articles avec son mari. A partir de l’année scolaire 1960-1961, elle fut la responsable de la rubrique « Éducation des inadaptés » puis de « L’enfance inadaptée » dans la partie pédagogique. Lors de la journée d’étude du SNI à Vichy, le 3 avril 1963, sur l’enfance inadaptée, elle présenta le thème d’étude sur les moyens d’expression, publié dans L’École libératrice du 4 septembre 1963.. Par ailleurs, elle publiait régulièrement des articles dans Les Cahiers de l’enfance inadaptée (1950-1980) tout en faisant partie du comité de rédaction de ces derniers avec son mari.

Simonne Lacapère fut la candidate du SNI, le 14 juin 1954, à l’élection du conseil d’enseignement du premier degré du Conseil supérieur de l’Education nationale dans le collège des directeurs ou instituteurs d’écoles de plein air de filles et de garçons. Elle fut réélue le 17 novembre 1958 avec 447 voix sur 469 suffrages exprimés. Elle fut à nouveau candidate suppléante le 4 février 1959.

Avec son mari, Simonne Lacapère militait dans l’Association nationale des communautés éducatives et dans le Groupe français d’éducation nouvelle. Ils animèrent de 1951 à 1976, les stages de maîtres d’écoles de plein air, puis d’instituteurs, de directeurs, d’inspecteurs d’établissements spécialisés.

Simonne Lacapère écrivit des ouvrages sur son expérience. Elle publia dans les Cahiers laïques, dans le cadre du Cercle parisien de la Ligue française de l’enseignement, en 1979, des réflexions sur le thème « L’École peut-elle être une communauté éducative ? ». Elle collabora notamment au numéro de la Bibliothèque du travail sonore sur « La vie quotidienne des hommes préhistoriques » en 1988. Elle collabora dans la collection des CEMEA (éditions du Scarabée) à un ouvrage Aimez-vous les oiseaux ?

A Suresnes, Simonne Lacapère fut élue conseillère municipale sur la liste socialiste en 1971. Elle fut désignée comme première adjointe au maire supplémentaire, le 20 septembre 1973, date à laquelle elle devint membre des commissions de l’enseignement, de l’enfance, de la sous-commission de la bibliothèque, du conseil d’administration de l’Office municipal d’habitation à loyer modéré, du comité d’administration de la caisse des écoles, de l’Office culturel, de l‘association médico-pédagogique. Réélue en 1977, elle fut adjointe au maire déléguée à l’enfance jusqu’en 1983. Parallèlement, à partir de 1973, elle assurait la rédaction, dans le Suresnois, de la « Petite chronique de l’enfance ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136243, notice LACAPERE Simonne, Madeleine née DEFFAIN. par Jacques Girault, version mise en ligne le 14 février 2011, dernière modification le 20 janvier 2018.

Par Jacques Girault

ŒUVRES :
Beau Soucy, Communauté d’enfants, Blainville-sur-Mer, l’Amitié par le livre, 1956,
Casse Noisette ou la Charité
Souvenirs de la Maison de Verre : l’école de plein air de Suresnes, communauté éducative, Blamont, l’Amitié par le livre, 1978,
Le métier de parents, Paris, 1982, (distribué par les Presses Universitaires de France).
Trois dames pour un seul petit roi, Paris, Maubert, Académie européenne du livre, 1990,
La femme du militant : récit, préfacé par Pierre Mauroy, Besançon, l’Amitié par le livre, 1995.
Iconographie : Simonne Lacapère, portrait dans le Suresnois en 1973.

SOURCES : Arch. com. Suresnes (Haude de Chalendar). — Presse syndicale. — Divers sites Internet. — Lettre de l’intéressée à Dominique Lerch. — SAVOYE (Antoine), « Les œuvres éducatives sur fond de tragédie : le château de Soucy », dans BOUISSON (Samuel), GARDET (Mathias), Les châteaux du social, Paris, Beauchesne-Presses universitaires de Vincennes, 2010. – LERCH (D.), « Que sont les écoles de plein air devenues ? » dans L’école de plein air. Une expérience pédagogique et architecturale dans l’Europe du XXe siècle, Paris, Editions Recherches, 2003 (actes du colloque de 2001 sous la direction de CHATELET (Anne-Marie), LERCH (Dominique), LUC (Jean-Noël). — Notes de D. Lerch.

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