CHIBANOFF Georges

Par Daniel Grason

Né le 9 août ou le 14 août 1900 à Nicolaïeff (Russie, URSS, Fédération de Russie) ; chauffeur ; dirigeant de l’Union des amis de la patrie soviétique ; volontaire en Espagne républicaine.

Georges Chibanoff habitait 17, rue des Écoles, à Clichy (Seine, Hauts-de-Seine). Marié, père d’un enfant, il était chauffeur de taxi à la compagnie G 7, à Levallois-Perret. Il adhéra au syndicat CGT des cochers chauffeur en 1930 et au Secours rouge interntional (SRI). Il parlait russe, français et espagnol.

Il adhéra à l’Union des émigrés russes, puis à l’Union pour le rapatriement, créée en 1924, devenue Union des amis de la patrie soviétique, en avril 1937, dont le siège était 12 rue de Buci à Paris (VIe arr.). Cette association travaillait avec l’ambassade Soviétique, elle comptait officiellement six cents membres dont deux cents en région parisienne, elle éditait une revue mensuelle Notre Patrie. Paul Belooussoff en était le président depuis 1925 et Alexandre Tveritinoff, le secrétaire et trésorier, et Constantin Koupavkine un des dirigeants.

Georges Chibanoff s’engagea dans les Brigades internationales à la demande de l’Union de rapatriement. Il arriva en Espagne républicaine, le 17 février 1937, à la base d’Albacete, il déposa sa carte d’identité française au service des cadres. Il fut enrôlé un mois au parc auto d’Albacete, un mois ; au 1er régiment du Train ; au centre de récupération camp Annibal, deux mois et à la 129e Brigade du parc auto, les deux derniers mois.

Chauffeur, Georges Chibanoff fut adjoint du Commissaire du Régiment du Train ; délégué politique du groupe, section, commissaire politique de l’escadron du 1er régiment. Il fut nommé commissaire politique le 25 juillet 1937. Il participa aux opérations sur les fronts de Brunete, Belchite, Madrid, Teruel, Aragon, Madrid et du Levant, du 12 avril 1937 au 6 octobre 1938, dont quatorze mois et quinze jours passés au front.

Le 5 décembre 1938, Georges Chibanoff écrivait dans sa biographie : « En tant que commissaire politique, j’ai appris à organiser et éduquer politiquement et militairement les soldats et à organiser les convois motorisés ». Il était venu en terre espagnole « pour combattre et vaincre le fascisme ».

Il comptait sur Léon Depollier, dit Léon Girault, secrétaire général du syndicat CGT des cochers chauffeurs pour reprendre son métier de chauffeur de taxis. Il considérait l’Union des amis de la patrie soviétique comme une organisation antifasciste et faisait référence à Alexandre Tveritinoff.

À son retour, Georges Chibanoff s’occupa avec quelques anciens des Brigades internationales de canaliser les demandes de retour en Union soviétique. Il figurait sur la liste des trois cents quarante membres des Brigades internationales russes qui avaient combattu en Espagne.

Le 5 décembre 1941, Georges Chibanoff devenu déménageur, demeurait 17 rue Pelloutier, fit une déclaration sur la main courante du commissariat de Clichy. Il déclara que pendant son sommeil son portefeuille lui avait été volé. Il contenait mille huit cent cinquante francs, son permis de conduire, une carte d’alimentation et un permis de séjour. Ce dernier point surprend, car en Espagne Georges Chibanoff était porteur d’une carte d’identité française.

En septembre 1943, se créa L’Union des patriotes russes dont plusieurs dirigeants étaient des anciens Brigadistes : Georges Chibanoff, Alexis Kotchetkov, Jean Trojan, N. Roller. Cette organisation était partie intégrante des groupes de la Main d’œuvre immigrée (MOI). Le journal Le patriote russe fut édité, Gaston Laroche (Boris Matline) écrivit : « Les Russes immigrés sont utilisés comme agents de liaison avec les prisonniers de guerre soviétiques et dans l’organisation de détachements ».

Une organisation de prisonniers de guerre soviétiques fut créée dès octobre 1942 dans le Pas-de-Calais. En décembre 1943 se constitua à Paris, un Comité central des prisonniers de guerre soviétiques. Georges Chibanoff était le responsable des cadres. Des détachements de maquisards soviétiques intégrés aux FTP furent formés dans plusieurs régions et départements : Limousin, Pas-de-Calais, Lozère, Bretagne, Saône-et-Loire, Ain, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Côte-d’Or, Haute-Savoie, Tarn, Rhône, Haute-Saône, Eure…

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136165, notice CHIBANOFF Georges par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 mai 2011, dernière modification le 17 juillet 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : RGASPI 545.2.1541. BDIC mfm 880/42 ; RGASPI 545.2.293. BDIC mfm 880/48. – RGASPI, 495 270 8403, dossier CHIBANOV Georges du Komintern, pas encore consulté. – Arch. PPo BA 1928, CB 84 36. – Marina Gorboff, La Russie fantôme. L’émigration russe de 1920 à 1950, L’Âge d’Homme, 1995. – Gaston Laroche (Boris Matline), On les nommait des étrangers. Les immigrés dans la Résistance, ÉFR, 1965.

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