JOUET Camille, Roger

Par Michel Carvou

Né le 15 juin 1930 et mort 6 octobre 2017 à Rueil-Malmaison (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine) ; ajusteur ; responsable fédéral JOC (1946-1955) ; secrétaire de l’Union locale CFTC puis CFDT de Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine) de 1961 à 1968.

Fils d’Henri Jouet, ouvrier spécialisé chez LMT à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine), agnostique, et Julia Dorsemaine, sans profession, catholique pratiquante, membre de la Ligue féminine d’action catholique, Camille Jouet était le second d’une fratrie de quatre enfants. Après sa scolarité à l’école Jules Ferry à Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine) où il obtint le certificat d’études, il entra comme apprenti en 1944 à la Société des aéroplanes Voisin à Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine), y obtint son CAP d’ajusteur en 1947 et se syndiqua à la CFTC. Il quitta l’entreprise aéronautique en 1949 pour s’embaucher aux Engrenages Durand à Nanterre où il resta jusqu’en 1954 avec une interruption pour accomplir son service militaire en Allemagne de 1950 à 1952.

Inscrit par ses parents aux Cœurs vaillants durant son enfance, Camille Jouet adhéra en 1943 à la JOC, dont il devint responsable fédéral (1946-1955), chargé des dix communes dites « de la Boucle » du département de la Seine. Sa responsabilité de jociste l’impliqua dans des débats initiés par le Parti communiste dans le cadre de sa politique de « la main tendue aux chrétiens ». Il signa l’appel de Stockholm du Conseil mondial de la Paix en 1950 contre l’utilisation de l’arme atomique.

Camille Jouet exerça son métier d’ajusteur dans plusieurs entreprises de la Boucle de la Seine, dont les Papeteries de la Seine à Nanterre (1954-1956) où il fut élu délégué du personnel CFTC, Aluvac à Nanterre (1957-1961) et chez Mouza, à Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine) de 1961 à 1972. Il y fut un des animateurs de l’occupation de l’usine en Mai 1968, et interlocuteur auprès du chef d’entreprise pour négocier les accords de fin de grève. Il revint en 1972 chez Aluvac où il franchit les diverses étapes d’ouvrier professionnel jusqu’à la qualification d’agent technique, lorsque l’entreprise ferma ses portes en 1983. Il traversa alors une période d’emplois de courtes durées dans plusieurs entreprises du Val-d’Oise et des Hauts-de-Seine, entrecoupée de chômage, jusqu’en 1990 où il fit valoir ses droits à la retraite.

Camille Jouet participa à l’assemblée générale du syndicat CFTC des ouvriers de la métallurgie de la région parisienne en 1957 et fut actif au sein de l’Union locale de Nanterre dont il devint secrétaire (1961-1968). Camille Jouet impulsa le développement de la CFTC puis de la CFDT et s’impliqua personnellement dans le soutien juridique aux salariés des petites entreprises de Nanterre dans lesquelles le syndicalisme était absent. En 1963, il organisa des actions de solidarité avec les mineurs en grève et accueillit sous le toit familial une fillette d’un mineur de Lens avec laquelle la famille Jouet garda des liens durables. Il fut partisan de la déconfessionnalisation de la CFTC et apporta sa contribution avec énergie lors des nombreux débats régionaux préparatoires au congrès confédéral de 1964. Pendant les évènements de Mai 1968, pour sensibiliser les travailleurs portugais et les inviter à s’organiser, il prit l’initiative de distributions de tracts dans leur langue, à la sortie des églises de Nanterre et des environs, fréquentées par les membres de la communauté portugaise.

Marié le 28 mai 1955 à Nanterre avec Yolande Cerri, d’origine italienne, née le 8 mars 1932, il partagea avec elle un engagement dans l’Action catholique ouvrière (ACO) qu’ils créèrent à Nanterre en 1955. Il y fut responsable d’équipe, responsable du sous-secteur Suresnes-Nanterre, participa à la vie du secteur des Hauts-de-Seine et représenta l’ACO dans les instances départementales de la Mission ouvrière. Titulaire d’un Brevet d’enseignement commercial, son épouse Yolande travailla de 1949 à 1953 comme secrétaire à l’Agence de publicité Plas. Elle interrompit son activité salariée pour raison de santé puis pour élever leurs deux enfants : Anne-Marie, née le 28 mai 1956, et Jean, né le 12 septembre 1957. De 1967 à 1989 Yolande Jouet reprit une activité salariée dans l’entreprise Fichet-Bauche à Suresnes (Hauts-de-Seine), Vélizy (Yvelines) puis Bezons (Val-d’Oise). Adhérente à la CFDT, elle fut également membre de la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE). Elle prit résolument position pour la laïcité de l’enseignement au moment de la loi Debré de 1959 et fut membre du conseil d’administration du lycée Joliot-Curie de Nanterre de 1969 à 1974.

En 1990 Camille et Yolande Jouet s’établirent dans le Loir-et-Cher, berceau natal de la famille Jouet pour y vivre leur retraite. Ils continuèrent leur engagement syndical en rejoignant la section des retraités CFDT de Blois.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136138, notice JOUET Camille, Roger par Michel Carvou, version mise en ligne le 14 janvier 2011, dernière modification le 14 octobre 2017.

Par Michel Carvou

SOURCES : Archives UPSM-CFDT. — Notes de Camille Jouet.

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