VACHER Jacques

Par Philippe Darriulat

Né et mort à Saint-Étienne (24 décembre 1842- 4 juin 1897). Ébéniste et chansonnier.

Jacques Vacher
Jacques Vacher
Cliché fourni par Philippe Darriulat

La vie de ce chansonnier stéphanois nous est bien connue grâce à la publication de ses compositions en langue régionale commentée par Jean Lorcin, Jean-Baptiste Martin et Anne-Marie Vurpas. Ayant connu, d’après Eugène Imbert, une enfance très difficile avec des parents qui le battaient, il entre en apprentissage comme ébéniste à Terrenoire. Républicain pendant le Second Empire il fonde en 1869, avec Remy Doutre, le « Caveau stéphanois », une goguette où se faisaient entendre des refrains antibonapartistes et anticléricaux et dont L’Éloge, écrite par Vacher, affirme que l’on y refuse les « disciples d’Escobar » et la « froide étiquette » pour honorer « la cause démocratique ». Ses chansons sont conservées à la Bibliothèque municipale de Saint-Etienne sous la forme de trois recueils : Les Ségusiennes, Poésie et Les Derniers chants Ségusiaves. Son œuvre compte 624 chansons et poésie dont 40 en dialecte régional. Il se spécialise dans les chansons de métier (Le Rubanier, Le Tailleur de limes…) et dans les refrains sociaux aux accents très engagés (Jacques Bonhomme, Sous les verrous, Les Jacques). Ses premiers vers républicains sont en français, comme la plupart de ses compositions politiques, et datent de 1858. Il faut attendre 1863, après l’élection à Saint-Étienne du républicain Dorain, pour le voir utiliser le dialecte local, dans ce type de refrains. Ses deux plus célèbres chansons en langue régionale datent de la fin du Second Empire : la Marianna écrite le 15 août 1869, de la prison de Bellevue où il est incarcéré pour avoir signé le Manifeste du Non adressé par le comité anti-plébiscitaire de Saint-Étienne ; et La Marseillaisa doeu Panassa du 4 septembre 1870. Il s’engage dans les corps-francs et participe, sous le commandement de Garibaldi, à la 4e brigade. Il écrit alors Les Garibaldiens, Notre Patrie, Respect à la France et Les Volontaires de 1870. Il reste cependant étranger à la Commune de Saint-Étienne, ce qui ne l’empêche pas d’être inquiété, mais acquitté en 1872. Il manifeste cependant de la pitié et de la sympathie pour les victimes de la répression (Floréal).. Il s’installe ensuite aux Charpentes dans la banlieue industrielle de Lyon. Il avait la réputation d’aimer particulièrement la dive bouteille et ses chansons assimilent les « buveurs d’eau » aux « jésuites ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136136, notice VACHER Jacques par Philippe Darriulat, version mise en ligne le 13 janvier 2011, dernière modification le 24 août 2017.

Par Philippe Darriulat

Jacques Vacher
Jacques Vacher
Cliché fourni par Philippe Darriulat

ŒUVRES : Jean Lorcin, Jean-Baptiste Martin, Anne-Marie Vurpas, Le Rêve républicain d’un poète ouvrier, chansons et poésies en dialecte stéphanois de Jacques Vacher (1842-1898), Saint-Julien-Molin-Molette, Jean-Pierre Huguet, 1999.

SOURCES : AN, ABXIX 729 (collection Bachimont). Jean Lorcin, « Le Garibaldien Jacques Vacher et la Commune de Saint-Étienne », dans La Commune de 1871. L’événement, les hommes et la mémoire. Actes du colloque organisé à Précieux et Montbrison sous la présidence de Michelle Perrot et Jacques Rougerie, PUSE, 2004, 199-212 . — Jean Lorcin, « introduction », dans Jean Lorcin, Jean-Baptiste Martin, Anne-Marie Vurpas, Le Rêve républicain d’un poète ouvrier op. cit.

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