TESTELIN Achille, Arthur, Armand

Né à Lille (Nord) en juillet 1814, mort en 1891 ; docteur en médecine ; représentant du peuple à la Législative (1849) ; préfet du Nord (1870) ; député du Nord (1871) ; sénateur inamovible (1876) ; militant du mouvement coopératif.

Testelin fit ses études de médecine à Paris dans les premières années de la monarchie de juillet. Il se lia alors avec Alphonse Bianchi*. L’année de son doctorat en 1837, il était membre de la Société des Saisons et il fut impliqué dans une tentative pour débaucher des sous-officiers du 51e de ligne, recrutés dans le Nord, le 18 juin. L’enquête, à Lille, fit découvrir chez Testelin, huit fusils destinés à « tirer des carpes au vol » dans les fossés de la citadelle. A Paris, chez Testelin, on trouva des munitions et des pistolets, que Bianchi déclara lui avoir prêtés : il lui évita ainsi d’avoir à abandonner ses études médicales déjà avancées. Il passa son doctorat, fit un séjour d’un an en Algérie et revint en 1841 se fixer dans sa ville natale. Il eut bientôt une solide réputation en chirurgie oculaire. Et il fut encore plus connu comme militant républicain. Bon orateur, à la parole ardente et incisive, caractère énergique, il joua un rôle important dans l’organisation de banquets réformistes à Lille et dans le Nord.

En 1848, il exerçait une grande influence sur les ouvriers qui l’écoutaient ou qui lisaient ses articles du Messager du Nord dans les estaminets. Élu maire de Wazemmes et conseiller général du Nord, il prit de nombreuses initiatives pour donner du travail aux chômeurs. À la fin de 1848, ou au début de 1849, il adhéra à la société coopérative « l’Humanité ». (Voir Lebrun Auguste*). Il n’avait pu se faire élire à la Constituante, le 23 avril 1848, mais il prit sa revanche, le 13 mai 1849. Ce jour-là, le département du Nord l’envoya siéger à la Législative. Il passa en dernière position, par 76 755 voix (24e sur 24).

Le 7 janvier 1850, il monta à la tribune pour demander à l’Assemblée de désapprouver les mesures de police prises par le préfet du Nord et qui avaient abouti à la suppression de toutes les sociétés d’ouvriers fileurs de l’arr. de Lille. L’Assemblée refusa de l’écouter.

Au début de 1851, au conseil général du Nord, où il siégeait depuis 1848, il présenta, au nom d’une commission de médecins et d’hygiénistes, un rapport soulignant le taux effroyable de la mortalité à Lille. Il dut s’exiler au moment du coup d’État de 1851. Il rentra après l’amnistie de 1859, mais resta surveillé par la police.

En 1867, il fut élu conseiller général du Nord. En 1868, il fut, en même temps qu’Alphonse Bianchi, Léonard Delmar, Jules Dutilleul, Paul Pilate, Ravet-Anceau, membre de la Banque du Crédit au Travail G. Wattrelot et Cie, 41, rue de Béthune, à Lille, constituée sur le type de la Banque du Crédit au Travail de Beluze*, et en liaison avec elle. Il devint membre et secrétaire du conseil de surveillance de cette banque populaire qu’il avait contribué à fonder.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136023, notice TESTELIN Achille, Arthur, Armand , version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 7 juin 2012.

SOURCES : Arch. Dép. Nord, M 137/76 ; M 139/24 ; M 140/46 ; M 141/73 ; M 141/89. — Le Messager du Nord, 7 janvier 1850. — J. Gaumont, Histoire générale de la coopération en France, t. I. — Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français. — H. Verly, Biographie lilloise, Lille, 1869, p. 214. — M. Aubert, La Presse lilloise pendant l’année 1848. Diplôme d’Études supérieures, Lille, 1946.

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