RICARD Louis, Xavier (de)

Par Jean Sagnes

Né en 1843 ; mort en 1911 ; écrivain ; républicain puis socialiste ; fédéraliste.

Dès sa vingtième année, de Ricard militait dans les rangs du mouvement républicain bien que fils d’un général — marquis du Second Empire. En 1864, à Paris, il était condamné à trois mois de prison pour attaques contre l’Empire et le clergé dans la Revue du Progrès qu’il dirigeait. Cela ne l’empêcha pas de continuer son combat. Il collabora à La Cloche, au Rappel. Avec Catulle Mendès, il fondait aussi L’Art en 1865. Il écrivait au Figaro. Engagé volontaire pendant le siège de Paris, il demeura à Paris durant la Commune à laquelle il participa et fut collaborateur du Journal Officiel de la Commune de Paris, 19 mars-24 mai 1871 (cf. La Comune di Parigi, G. Del Bo, op. cit.). Après la chute de la Commune, il réussit à passer en Suisse où il devint professeur dans une pension de jeunes Britanniques. Il s’y maria avec une jeune Écossaise, Lydie Wilson, et vint habiter, à partir de 1873, dans l’Hérault d’où sa famille était originaire.
Il s’installa près de Montpellier, à Castelnau-le-Lez, avec sa jeune femme, fonda une société littéraire languedocienne, « La Cigale ». Ce fut l’époque où Napoléon Peyrat, pasteur protestant, auteur d’une Histoire des Albigeois parue en 1870, acheva de le gagner aux idées du fédéralisme languedocien.
En Xavier de Ricard se rejoignaient les idées de la République démocratique et sociale, de l’anticléricalisme, d’un socialisme soucieux de l’émancipation du prolétariat, et du fédéralisme.
En 1877, il faisait paraître Le Fédéralisme qui était un exposé de sa conception dans ce domaine aux points de vue politique et administratif. Avec N. Peyrat et A. Fourès, il créait le groupe de « La Lauseto » (« L’Alouette ») groupe fédéraliste occitan « rouge », très hostile aux félibres avignonnais conservateurs. Ce groupe publiait des écrits bilingues en faveur d’une République centralisatrice. En février 1879, de Ricard créait l’éphémère Commune libre, journal socialiste fédéraliste et organe des travailleurs.
X. de Ricard publiait également des ouvrages en français, tel le roman anticlérical La Conversion d’une bourgeoise. Il donna aussi une traduction des Nationalités, ouvrage du Catalan Pi y Margall, le président de la République espagnole élu en février 1873.
En politique, de Ricard était un socialiste de la tendance du Montpelliérain Paul Brousse , c’est dire qu’il était très proche des radicaux. En janvier 1881, à Montpellier, lors des élections municipales, il fut tête de liste radicale et obtint plus de 2 000 voix. C’est alors qu’il publia de nombreux articles dans le quotidien républicain de Montpellier Le Petit Éclaireur. Il joua aussi un rôle important dans la fondation des chambres syndicales de Montpellier.
Aux élections législatives de 1881, candidat socialiste dans la 2e circonscription de Montpellier, il obtenait 5 492 voix, soit 21,3 % des inscrits, contre 8 121 voix au républicain et 3 692 au légitimiste. Son programme faisait une large place à l’autonomie communale. Mais, malgré le succès de cette candidature (son ami Paul Brousse, candidat dans la 1re de Montpellier n’ayant obtenu que 8,1 % des inscrits), X. de Ricard ne poursuivit pas son activité politique avec la même intensité. Aux élections législatives de 1885, il figura encore sur une « liste radicale-socialiste de protestation » (radical-socialiste signifiant dans l’Hérault, à cette époque, que la liste comportait des radicaux et des socialistes). Il s’agissait pour les divers comités socialistes et radicaux du département de protester contre le titre de « Radicaux » qu’auraient usurpé les sept candidats opportunistes. Mais l’échec des protestataires fut complet. Leur liste n’obtint que 3 % des inscrits (4 154 voix de moyenne et X. de Ricard 3 175 seulement). Dès lors, de Ricard se consacra essentiellement à son activité d’écrivain et de journaliste. Il militait également en France et à l’étranger en faveur d’une alliance latine, aidant à la fondation de divers journaux jusqu’en Amérique latine.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136014, notice RICARD Louis, Xavier (de) par Jean Sagnes, version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 1er décembre 2010.

Par Jean Sagnes

ŒUVRE : Outre les publications citées ci-dessus, de Ricard collabora à divers journaux dont La République du Midi (1892-1893) et La Dépêche de Toulouse.

SOURCES : Arch. Dép. Hérault : 15 M 34, 35 et 38. — L’Union républicaine, août 1881 et septembre 1885. — F. Saladin, Les élections législatives dans l’Hérault de 1881 à 1885 (Montpellier-DES-1965). — J. Salvat, La Vie tourmentée de L.-X. de Ricard (1843-1911), Toulouse, 1943. — R. Lafont et C. Anatole, Nouvelle histoire de la littérature occitane (PUF, 1970, t. 2, p. 670-671).

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