JOSSELIN François, Nicolas

Né à Paris le 10 décembre 1832 ; " comptable de Bercy " ; marié, père d’un enfant ; membre du Comité central de la Garde nationale ; colonel de la XVIIIe légion fédérée ; membre de l’Association Internationale des Travailleurs, section de Montmartre.
Son dernier domicile connu avant 1871 était, 26, rue Ravignan, à Paris, XVIIIe arr.
Josselin avait la réputation d’être un " révolutionnaire convaincu ". D’après sa femme, il appartenait à la franc-maçonnerie. En 1862, il était employé au Comptoir d’Escompte d’où il fut renvoyé, si l’on en croit le rédacteur de la notice contumax, " pour indélicatesse ". Par la suite, il fut employé dans diverses agences d’où il aurait été également renvoyé. En 1869, il fut élu membre du Comité électoral de la 1re circonscription " pour favoriser l’élection de Rochefort ". Il s’affilia ensuite à l’Internationale, section de Montmartre. Après le 4 septembre, il fut nommé membre du Comité d’armement du XVIIIe arr., puis sergent-major à la 4e compagnie de marche du 152e bataillon.
En février et mars 1871, il s’occupa activement de la formation du Comité de la rue des Rosiers dont il fit partie comme délégué du 152e bataillon.
Le 18 mars, il fit dresser le procès-verbal de l’exécution des généraux Lecomte et Cl. Thomas. Il exerça ensuite les fonctions de colonel de la XVIIIe légion — voir H. Franconi.
Par contumace, le 4e conseil de guerre condamna Josselin, le 26 avril 1873, à la peine de mort.
Réfugié à Genève, il y exerça sa profession de comptable tout en participant aux activités des proscrits. Membre influent de la " Solidarité ", leur société, il était aussi l’un des militants de la Section de propagande et d’action révolutionnaire socialiste. Il était également l’un des meilleurs informateurs de la préfecture de police de Paris ; ses très nombreux rapports, signés L. X. jusqu’en février 1873, puis Ludovic, fournissent de copieux renseignements sur ses compagnons d’exil et leurs activités. En 1877, il racheta une agence de publicité et d’édition. Exclu de l’amnistie partielle de 1879, Josselin resta à Genève jusqu’en août 1880.
De retour à Paris, Josselin participa activement au mouvement ouvrier et fut délégué aux congrès du Havre (1880) et de Reims (1881). Au congrès du Havre, il représentait le Cercle d’études sociales du XVIIIe arr. de Paris et il siégea parmi les collectivistes, salle de l’Union lyrique, rue de Fécamp. À Reims, il représenta le cercle " L’Égalité " de Paris. Plusieurs années durant, écrit Claude Willard, il fut un des dirigeants de la fédération du Centre, puis de l’Agglomération parisienne du Parti ouvrier, demeurant, semble-t-il, " un des principaux indicateurs de la Sûreté générale " sous le pseudonyme de Ludovic.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article135949, notice JOSSELIN François, Nicolas , version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 1er décembre 2010.

ŒUVRE : Josselin est un des 54 signataires d’une proclamation (4 p. imprimées) des proscrits de la Commune Au Citoyen Garibaldi, Genève, 27 janvier 1875.
_ Il est également un des 17 signataires de la brochure Les Proscrits français et leurs calomniateurs..., Genève, 1880, 38 p. Ces deux imprimés se trouvent à l’IFHS (archives Claris).

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/857, n° 2841. — Arch. Min. Guerre, 4e conseil. — M. Vuilleumier, Les Proscrits de la Commune en Suisse (1871-1880). — Cl. Willard, Les Guesdistes, Paris, 1965.

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