HUGUES Clovis [HUGUES Hubert, Clovis]

Par Justinien Raymond

Né le 3 novembre 1851 à Ménerbes (Vaucluse), mort le 11 juin 1907 à Paris XVIIIe arr., ; poète ; journaliste et député socialiste ; franc-maçon ; défend la Commune de Paris et de Marseille.

Clovis Hugues naquit au pied nord du Lubéron, cher à Mistral, où son père était meunier et très peu fortuné. Néanmoins, dans ce petit village de Ménerbes, dans une « pauvre maison délabrée, comme écrasée au bas du coteau, avec un tremblement dans ses vieilles pierres quand la meule tournait » (Manuscrit de Cl. Hugues), il passa une enfance libre et heureuse dont le souvenir rit dans ses vers quand il chante la nature, le soleil et son amour d’enfant de douze ans pour sa petite cousine. Le moulin du Castelet, on l’appelait ainsi, ne subvenant plus à ses besoins, la famille Hugues (Clovis avait une sœur), alla s’établir à quelques lieues de Ménerbes, à Velleron, sur les bords de la Sorgue. Le père de Clovis y tint « en pauvre diable de fermier qui joint difficilement les deux bouts » (Armana prouvençau), le Moulin de l’hôpital qui tirait son nom du voisinage de l’Hospice. Clovis continua de s’y épanouir dans la liberté, tout en recevant « une éducation qui, a-t-il écrit, devait me conduire à la démocratie par des chemins étrangement détournés » (ibid., p. 10). Il servit la messe, témoigna d’une piété telle que le curé de la paroisse décida le père de Clovis à mettre son fils au séminaire de Sainte-Garde, commune de Saint-Didier, près de Carpentras. Élève brillant, il passa de septième en cinquième et reçut pendant plus de cinq ans un enseignement du latin dont il devait garder la leçon. Mais, « dans la chrysalide noire, il y avait un papillon rouge » (ibid., p. 10). La piété enfantine de Cl. Hugues semble bien n’avoir été qu’un aspect passager de son idéalisme foncier qui allait bientôt prendre une autre forme. A. Velleron, il avait lu avec avidité les Almanachs de Raspail et de Mathieu de la Drôme. « J’eus d’autres lectures, a-t-il écrit (...) ; elles firent éclore en moi l’idée républicaine (...) Mais qui me dit que l’idée aurait tant rapidement éclos, si mes pauvres vieux almanachs républicains n’en avaient pas déposé en moi le germe subtil et sacré ? » (ibid., p. 10). Au surplus, Cl. Hugues aimait trop la vie, la liberté, la fantaisie pour entrer dans les ordres. En 1867, puni pour avoir manifesté bruyamment sa sympathie envers Garibaldi, le vaincu de Mentana, il quitta le séminaire. Son père, dont les affaires avaient périclité, occupait alors à Marseille un modeste emploi dans l’administration. Sans ressources, Clovis fut quelque temps maître d’études dans un pensionnat religieux où on lui fit porter la soutane pour donner plus d’autorité à sa jeunesse, puis il se lança dans le journalisme pour ne plus le quitter, malgré des débuts difficiles.

Il y entra par la petite porte, puisqu’il fut garçon de bureau au Peuple de Gustave Naquet avant d’y devenir rédacteur. Il s’engageait ainsi dans le combat républicain contre l’Empire où le portaient ses origines populaires, ses lectures, son goût inné de l’indépendance et un besoin de rimer qui, lui proposant Hugo pour modèle, le lui donnait comme source d’inspiration politique. L’élan généreux qui gonfle la poésie de Clovis Hugues et qui le portait vers les humbles, les déshérités, vers l’humanité, allait pousser son républicanisme très loin, vers le socialisme naissant, dans l’exaltation des premières batailles et des premières blessures. Par deux fois, le 1er novembre 1870, avec la « Jeune légion urbaine » dont il était un des dirigeants, le 23 mars 1871 avec les républicains avancés de Marseille, il tenta de s’emparer de la mairie et de la préfecture. Il fut de cœur avec la Commune de Paris, en fit l’apologie dans une feuille qu’il lança lui-même, La Voix du Peuple, la défendit alors qu’elle agonisait, en dénonçant, comme déserteurs, les républicains hésitants, dans sa Lettre de Marianne (2 mai 1871). Traduit en conseil de guerre, Clovis Hugues se vit infliger, le 21 septembre 1871, six mille francs d’amende et trois ans de prison que l’application de la contrainte par corps pour insolvabilité porta à quatre. Enfermé d’abord au fort Saint-Nicolas, puis à la prison Saint-Pierre à Marseille, il alla terminer sa captivité au château de Tarascon, à la prison Saint-Paul de Lyon et enfin à Moulins et à Tours, datant de chacune de ces retraites de nombreux poèmes, chantant ce dont il était sevré, l’amour, la nature et la liberté.

Remise du reste de l’amende fut accordée le 18 juillet 1875 à Clovis Hugues qui revint à Marseille et au journalisme de lutte, à l’Égalité et à la Jeune République, bataillant contre l’Ordre moral et le Seize Mai. Il assura, en outre, à l’Égalité, du 30 avril au 19 novembre 1876, une collaboration poétique remarquée dont il tirera le recueil La Petite Muse. En 1876, il lança en Vaucluse Le Réveil du Peuple, organe républicain du Midi, presque mort-né. En 1877, son mariage civil à Toulon avec Jeanne Royannez, fille d’un proscrit du 2 décembre, suscita des réflexions outrageantes et lui valut un duel à l’épée avec celui qui les proféra, Joseph Daine, rédacteur sous le nom de Désiré Mordant au journal bonapartiste l’Aigle. Le 3 décembre 1877, il tua son adversaire. Affolé, il se réfugia à Gênes tout en déclarant qu’il se tiendrait à la disposition de la Justice. La cour d’assises d’Aix l’acquitta le 22 février 1878. Les groupes socialistes locaux pensèrent monnayer le retentissement de l’affaire en posant la candidature de Cl. Hugues dans la 2e circonscription de Marseille, vacante par la mort du vieux socialiste Raspail. Il se classa en tête avec 4 024 voix sur 9 127 suffrages exprimés et ne fut battu que de 139 voix au second tour par le candidat gouvernemental Amat (17 mars 1878). En 1879, il suivit le congrès ouvrier de Marseille comme envoyé de La Jeune République dont il était le rédacteur en chef. Dans le numéro du 1er novembre, il se félicita chaleureusement de l’orientation finale des débats, apportant ainsi son adhésion aux résolutions collectivistes qui venaient de triompher et au mouvement socialiste auquel elles donnaient l’essor.

Le 22 août 1881, à nouveau candidat socialiste dans la 2e circonscription de Marseille, le quartier populaire de la Belle-de-Mai, dont une rue porte aujourd’hui son nom, Clovis Hugues recueillit 4 970 voix et, par 5 288 contre 4 211 à M. Simonin, fut, au second tour, élu député des Bouches-du-Rhône. Ainsi, l’année même où Jaurès allait siéger au centre gauche, avant même que le socialisme disposât d’une force réelle dans le pays, Clovis Hugues en représentait, seul, au Parlement, la nouvelle génération auprès de Louis Blanc, témoin de celle de 1848. D’autres le rejoindront plus tard, qui en seront l’expression plus directe et le supplanteront quelque peu. C’est donc au cours de cette première législature qu’il s’affirma le mieux. Son talent oratoire était celui d’un poète dont il avait la silhouette et le style. Barbu et chevelu à souhait, son masque léonin, éclairé de grands yeux au regard mobile et brûlant, lui donnait l’aspect classique du poète romantique. Ses discours, dits d’« une voix chantante et douce » (R. Kemp), avaient le mouvement et la sonorité de sa poésie. Il était imagé et savait être sarcastique. Il débuta à la tribune le 14 décembre 1881. Il interpella le « grand ministère » Gambetta et son ministre de la Guerre, le général Campenon, pour avoir nommé le général de Miribel, chef d’état-major, le maréchal Canrobert et le général de Gallifet au Conseil supérieur de la Guerre. « Vous faites fraterniser Baudin avec Canrobert » (J.O., 15 décembre), s’écria-t-il, stigmatisant l’accès de généraux monarchistes et bonapartistes aux postes élevés des armées de la République.

Le 24 janvier 1882, il interpella le ministère Freycinet sur l’expulsion du socialiste russe Pierre Lavroff et, le 29 décembre 1883, encourut la censure et l’exclusion temporaire de la Chambre pour avoir apostrophé le président du Conseil Jules Ferry. Il sut aussi s’élever à des considérations doctrinales et traduire des aspirations populaires. Le 9 juillet 1883, il déclara que « l’Internationale a été la plus grande pensée du dix-neuvième siècle » et, s’adressant à la majorité opportuniste, il énonça l’idée à laquelle Jaurès donnera dix ans plus tard l’éclat d’une image fameuse. « Avec la Révolution française, dit-il, vous avez amené dans le monde un courant nouveau ; mais vous n’avez accordé aucune satisfaction immédiate au travailleur. Le jour où vous avez laissé la religion s’émietter dans le faux spiritualisme de Jean-Jacques, où vous avez laissé foudroyer Dieu par l’ironie de Diderot, ce jour-là, il ne vous est plus resté qu’à subir la revendication légitime des appétits matériels » (J.O. 10 juillet 1883). Affilié d’abord à la Loge de « Parfaite Union » de Marseille, puis à celle des « Neuf Sœurs » de Paris, enfin membre du Grand-Orient de France, Clovis Hugues ne s’élevait pas contre l’anticléricalisme de la majorité auquel il ne reprochait que d’en couvrir son conservatisme social. Le 1er février 1884, il intervint dans le long débat qui s’institua à propos des manifestations ouvrières, puissantes et répétées, provoquées par la crise et le chômage. Il exalta les doctrines socialistes, défendit les travailleurs et demanda la mise en chantier de grands travaux. Député d’avant-garde, il se fit parfois l’écho des mouvements d’opinion du pays : en 1882, il proposa d’accorder aux femmes tous les droits politiques, en réponse à la pétition lancée en 1881 par l’association d’Hubertine Auclert « le Droit des Femmes ». En 1881 Il fut l’un des fondateurs de la « Ligue de l’intérêt public - Société protectrice des citoyens contre les abus » créée à l’initiative du docteur Edmond Goupil.

Au cours de sa première législature, un nouveau drame traversa sa vie familiale. Un certain Morin, ancien agent de police devenu directeur d’une louche agence de chantage, agissant pour la comtesse du Tillet qui souhaitait rompre avec son second mari, M. Lenormand, accusa ce dernier d’avoir été l’amant de Mme Clovis Hugues au temps où elle était Mlle Royannez. Cette dernière, publiquement calomniée, demanda justice et l’obtint : le 22 décembre 1883, Morin fut condamné à deux ans de prison, cinquante francs d’amende et deux mille francs de dommages-intérêts. Il fit appel et, son avocat étant défaillant devant la cour, le 24 novembre 1884, il obtint un renvoi. Alors, excédée des lenteurs de la procédure, en pleine galerie des assises, Mme Cl. Hugues se fit justice et, de cinq coups de revolver, blessa mortellement son calomniateur. Sauf une astreinte de deux mille francs de dommages à la partie civile, elle fut acquittée le 8 janvier 1885. La faveur de l’opinion en avait fait une héroïne et la popularité de Clovis Hugues n’y perdit rien.

Aux élections générales de 1885, tandis que J. Guesde, B. Cadenat, Jean Lombard, H. Cadenat, sur une liste purement socialiste, ne recueillirent pas 800 voix dans les Bouches-du-Rhône, Clovis Hugues y fut réélu, sur une liste de coalition, en compagnie d’Antide Boyer et des radicaux-socialistes Leydet et Camille Pelletan contre la liste opportuniste de Rouvier et contre une liste conservatrice. Au sein du PO, Cl. Hugues s’était rangé dans la majorité possibiliste, en 1882, au congrès de Saint-Étienne où il représentait le syndicat des chaisiers de Marseille. L’année suivante, il avait quitté la FTSF pour devenir socialiste indépendant. Il n’en appartint pas moins, au cours de cette seconde législature, au premier groupe parlementaire socialiste de dix-huit membres, appelé « groupe ouvrier », constitué en 1886 après la grève de Decazeville qui dressa contre toute la Chambre la petite minorité des élus socialistes dont Cl. Hugues et quelques autres avaient, pendant des semaines, soutenu sur place les mineurs de l’Aveyron.

Le 28 mai 1888, avec Antide Boyer, devant un rassemblement franco-italien à Marseille, Clovis Hugues magnifia, aux côtés de Félix Pyat, la fraternité des peuples latins. Ainsi, tout en se mêlant au mouvement ouvrier, il ne perdait pas contact avec les milieux républicains avancés. Il fut aussi un temps de ces républicains et socialistes qui espérèrent du général Boulanger l’ouverture d’espoirs sociaux par la rénovation de la vie politique qu’ils jugeaient enlisée dans l’opportunisme conservateur. « Je n’étais pas un boulangiste dans le sens politique du mot », confessa-t-il quelques années plus tard, avouant avoir voté pour Jacques le 27 janvier 1889 (Almanach Clovis Hugues, p. 50). Néanmoins, ce flirt avec le boulangisme semble l’avoir incité à changer de circonscription en 1889. Il échoua avec 2 610 voix dans la 4e circonscription de Lyon, quartier de la Guillotière, devant le député opportuniste sortant Victor Lagrange réélu par 3 255 suffrages. Il rompit alors ses attaches politiques avec Marseille, pour les nouer, quatre ans plus tard, avec Paris, son cœur ne cessant d’appartenir à sa Provence natale. Il la chantait si bien, dans sa langue, qu’il fut sacré « félibre majoral ».

Le 20 août 1893, candidat « socialiste indépendant » dans la première circonscription du XIXe arr. de Paris (Combat-Villette), Cl. Hugues se battit en franc-tireur, conquit 3 771 suffrages et laissa loin derrière lui avec respectivement 1 520, 1 505 et 783 voix, trois autres candidats socialistes, Aristide Briand, socialiste révolutionnaire, Paris, possibiliste, et Bourderon (POSR). Malgré le désistement de ces deux derniers pour Briand, Cl. Hugues le battit par 4 571 voix contre 3 352. La déviation boulangiste oubliée, il appartint, au cours de cette législature, au groupe socialiste d’élus de toutes tendances et, le 30 mai 1896, il assista au banquet d’union de Saint-Mandé illustré par le discours de Millerand. À son issue, après les grands discours et à la demande de Jaurès, Clovis Hugues déclama le Droit au Bonheur, poésie qu’il avait écrite à vingt ans à la prison de Tours. Le 27 janvier 1894, il avait interpellé le cabinet Casimir Périer à propos des perquisitions et arrestations qu’il ordonna au lendemain de l’attentat de Vaillant à la Chambre des députés. Quelques mois plus tard, il alla à Graissessac encourager les mineurs en grève. En 1898, Clovis Hugues triompha plus aisément encore qu’en 1893. Le 8 mai, sur 19 630 inscrits, 6 159 suffrages le mirent en tête, 3 227 allant à son adversaire principal, de Pontèves de Sabran qu’il vainquit au second tour par 9 716 voix contre 4 116. L’Affaire Dreyfus allait déchirer le pays. Après un temps d’expectative, Cl. Hugues s’engagea dans le camp révisionniste : selon son aveu même, il le fit sous l’effet du suicide du colonel Henry (La Petite République, 22 mars 1899). Aux élections de 1902, il se classa encore en tête de trois candidats socialistes avec 4 410 voix, mais il était talonné par l’un d’eux qui en recueillit 4 191. Il bénéficia de leur retrait et fut réélu par 9 154 voix. Bien qu’aucune fédération ne l’eût patronné, il s’inscrivit alors au groupe du « Parti socialiste français », non sans soulever de vives protestations chez les militants contre la « constitution irrégulière » du groupe parlementaire (La Petite République, 26 juillet 1902).

Aux époques de division, Cl. Hugues avait pu faire carrière dans le socialisme, en marge de tous les groupements rivaux, indépendant même des « socialistes indépendants ». Cette attitude, déjà difficile en 1902, lorsque deux partis socialistes seulement s’opposaient, devenait intenable dès lors qu’un parti unifié, solidement organisé et discipliné, monopolisait le socialisme. Alors, à sa naissance même, en 1905, il s’en sépara, alléguant son désaccord avec Hervé, repoussant l’idée d’une « grève des réservistes devant un assaut de l’étranger contre la France de 1793 et de 1870 » (L’Humanité, 17 mai 1905). Le socialisme de Cl. Hugues n’était rien moins que dogmatique. Il avait bien acquiescé aux doctrines du congrès de Marseille. À la Chambre des députés, le 1er février 1884, il avait glorifié le caractère scientifique de la pensée de Karl Marx, de Lassalle et de J. Guesde. « Qui nous dit, interrogea-t-il, que ces hommes qu’on traite d’utopistes ne sont pas les avant-coureurs d’un grand événement ? » (Cl. Renault, op. cit., p. 104). En écho à la manifestation de Saint-Mandé, en 1896, il avait adhéré à la déclaration de la majorité du groupe socialiste clamant sa volonté d’« abolir le régime capitaliste » et de « mettre un terme à l’exploitation de l’homme par l’homme, au moyen de la conquête du pouvoir politique par le prolétariat, de la substitution de la propriété sociale à la propriété capitaliste et de l’entente internationale des travailleurs » (A. Orry, op. cit., p. 30). Mais, ni avant ni après l’unité, sa personne, sa pensée, son action n’appartinrent pleinement à aucun des partis socialistes. On a pu dire que c’était « un socialiste à la façon de François d’Assise, mais pas de K. Marx (...), qu’il avait lu, mais (...) assez mal retenu » (R. Kemp). Son socialisme était un républicanisme intransigeant, il était amour du peuple et de l’humanité, protestation contre le mal, contre la misère, tout ce qu’exprime sa poésie jaillie du cœur, il n’était pas une philosophie sociale.

En 1904, Clovis Hugues se présenta aux élections sénatoriales en Vaucluse, son département natal. Il n’y fut pas élu et souffrit des polémiques que souleva sa candidature.

En 1906, il ne sollicita pas le renouvellement de son mandat de député. Plus usé que vieilli, il ne survécut qu’un an à la fin de sa carrière parlementaire et alla reposer au cimetière d’Embrun, petite ville où il avait pris coutume de passer d’apaisantes vacances.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article135942, notice HUGUES Clovis [HUGUES Hubert, Clovis] par Justinien Raymond, version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 9 mars 2019.

Par Justinien Raymond

Statue à Embrun
Statue à Embrun
Cliché Annie Pennetier

ŒUVRE. Journaux : Clovis Hugues a collaboré aux journaux suivants : Le Peuple journal d’un radicalisme extrémiste. — L’Égalité, de Marseille. — Le Vrai Marseillais et La Liberté pour tous, deux quotidiens fondés par Cl. Hugues en 1871. — La Jeune République, quotidien paraissant à Marseille depuis le 6 décembre 1876. E. de Girardin s’intéressa à ce journal, le prit en main et l’appela Le Petit Provençal à dater du 1er mai 1880. Cl. Hugues continua à y écrire. Il dirigea en 1881 un hebdomadaire La Jeune République, distinct du précédent et dont six exemplaires sont à Marseille (Biblioth. Mun. cote 65 661). — Le Petit Dauphinois, fondé en 1885 à Grenoble, par un ancien journaliste officiel de l’Empire, Baragnon ; ce grand quotidien régional était un journal d’information orienté à droite. À ses débuts, au temps de la collaboration de Cl. Hugues, il était radical. — La Petite République du Midi, quotidien, 1893. — L’Écho de Paris. — La France, journal du soir. — Le Gaulois. — L’Armana prouvençau où Clovis Hugues publia presque toutes ses poésies provençales.
_ Écrits : L’œuvre de Cl. Hugues est essentiellement poétique. Nous ne retenons ici que ses écrits politiques : Lettre de Marianne aux Républicains, Marseille, 1871, in-16, 19 p. (Bibl. Nat. 8° Lb 57/2040). — Les Intransigeants, Paris, 1875, in-16, 16 p. (Bibl. Nat. Ye 44 806). — Poésie socialiste, Paris, 1905 (Bibl. Nat. 8° Y 2/48 312).

SOURCES : Archives : Arch. Nat. BB 24/736. — Arch. Nat. C. 5361, dossiers électoraux. — Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône : Affaires judiciaires, dossier 17 v 7. Affaire Clovis Hugues : duel 1877. — Musée Arbaud (Aix) : dossier 2/26-A1 : 25 pièces dont sept lettres inédites s’échelonnant de 1877 à 1907 et dossier : Portraits. C. A. Portraits VIII, 10 : une douzaine de portraits et de caricatures. — Bibliothèque Inguimbertine (Carpentras) : dossier 26 691 (12). Sept lettres de Cl. Hugues écrites à son ami Jouvent, de la prison de Tours entre 1872 et 1875.
Sources imprimées ou dactylographiées : Robert Kemp, « Clovis Hugues » in La Liberté, 20 juillet 1923. — Hubert-Rouger, La France socialiste, op. cit., p. 146 et Les Fédérations socialistes I, op. cit., pp. 155 et 158 et II, p. 489. — Claude Renault, Le Mouvement ouvrier parisien de 1881 à 1885, DES, Paris, pp. 96 à 105, passim. — H. Heinzely, Le Mouvement socialiste devant les problèmes du féminisme, 1879-1914, DES, Paris, p. 39. — Albert Orry, Les Socialistes indépendants, passim. — Alexandre Zévaès « Clovis Hugues : Sa vie. Son œuvre littéraire. L’affaire Morin » in La Nouvelle Revue, 1er et 15 mars, et 1er avril 1928, pp. 15 à 23 ; 133 à 142 ; 171 à 178. — Marcel Bonnet, Le citoyen Clovis Hugues, poète provençal, Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône) s. d. Texte d’une conférence faite à Saint-Rémy-de-Provence le dimanche 10 février 1952, reproduit au duplicateur à 200 exemplaires de 61 pages ; ce texte nous a été communiqué par Mme Andrieu, fille du poète. — L. Campion, Les Anarchistes dans la Franc-maçonnerie, Marseille, 1969, p. 78.
Enquêtes : Mme Andrieu nous a confié les « Souvenirs » rédigés par son mari ; elle a bien voulu, en outre, nous éclairer de ses souvenirs précis et évoquer pour nous la physionomie de son père. Mme Andrieu possède de nombreuses lettres écrites à son père, notamment de Victor Hugo, ainsi que des tableaux exécutés par Cl. Hugues, grand admirateur de Corot. — Notes de Roger Vignaud.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, La France socialiste, op. cit., p. 146.

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