GOUTTENOIRE Louis-Philippe, dit Léo, Lion

Par Y. L.

Né à Thizy (Rhône) le 16 novembre 1835 ; ouvrier blanchisseur à Roanne ; marié, sans enfant ; militant de l’Alliance républicaine et de l’Internationale.

Il fut cofondateur, en 1869, de la coopérative de consommation « La Solidarité », de Roanne, dont il fut président. Cette société était considérée, en 1872, par le sous-préfet, comme « une œuvre de propagande révolutionnaire » se rapprochant de l’Internationale et liée à la fédération ouvrière récemment créée par les mineurs de la Loire (lettre du sous-préfet au préfet, 24 avril 1872).
Vice-président de l’Alliance républicaine de Roanne, en 1871, il fut, de ce fait, arrêté l’année suivante le 15 août.

Fin 1872, il reconstitua clandestinement la section de Roanne de l’Internationale — il possédait une carte au nom de Tillancourt — et entra en rapports avec celle de Saint-Étienne dirigée par Dupin. Il représenta Roanne au congrès régional de Saint-Étienne organisé par Gillet, le 8 juin 1873, et, avec Ayèle, assista au congrès régional tenu à Lyon le 15 août de la même année. Il rencontra Gillet et Camet à Saint-Étienne le 1er novembre suivant pour discuter du programme révolutionnaire élaboré par ce dernier. Mais Camet fut arrêté le 16 et les groupes, peu à peu, démantelés. Gouttenoire, arrêté le 23 décembre, comparut devant le tribunal correctionnel de Lyon et, le 25 avril 1874, fut condamné à trois ans de prison, 50 f d’amende et cinq ans de privation des droits civiques (affaire dite du Complot de Lyon). Voir Camet C.

Après sa libération, il poursuivit son action et, en 1879 notamment, fut à l’origine de la candidature Blanqui. Mais lorsque la majorité des militants roannais suivit Guesde et Lafargue dans la scission de 1882, Gouttenoire, qui avait représenté au congrès de Saint-Étienne le syndicat des brossiers, créa un nouveau groupe indépendant, Travail et Progrès, qui comptait en 1883 une douzaine de membres. Il se rattachait aux possibilistes, mais, en fait, son idéologie semble avoir été assez confuse puisqu’il faisait place à un certain nombre de thèmes anarchistes. Malgré la progression des éléments guesdistes, Gouttenoire continuait d’être considéré comme un des meneurs du parti collectiviste et révolutionnaire roannais : en 1884, à la suite d’un attentat contre la maison d’arrêt, il fut inquiété et condamné à cinq ans de prison pour détention d’explosifs.
Par la suite, il semble avoir continué son évolution vers le modérantisme et, en avril 1889, toujours blanchisseur, il fut élu conseiller municipal sur la liste du maire radical ; en août 1891, il devint son premier adjoint, et assurait en même temps la gérance du Réveil roannais, le journal local du parti radical-socialiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article135936, notice GOUTTENOIRE Louis-Philippe, dit Léo, Lion par Y. L., version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 7 août 2019.

Par Y. L.

SOURCES : Arch. Dép. Loire, 10 M 63, 10 M 66, 10 M 70 et 71, 10 M 80 et 10 M 96. — Arch. Dép. Rhône, série U, procès-verbaux du tribunal correctionnel de Lyon, avril 1874. — Gazette des Tribunaux, 22-26 avril 1874.

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