FOSSARD Louis, Hippolyte

Né le 5 janvier 1831 à Caudebec-les-Elbeuf (Seine-Inférieure) ; ouvrier tisserand ; membre de l’Internationale ; sympathisant de la Commune de Paris à Elbeuf.

Le 5 janvier 1831, Louis Fossard naquit à Caudebec-lès-Elbeuf, dans le hameau de la Bétèque, d’un père bélieur, c’est à dire fileur de laine sur un métier appelé Bélier. Il se maria en seconde noces à une blanchisseuse. Il fut père de deux filles dont l’une était rentrayeuse et l’autre apprentie couturière (17 et 15 ans en 1871) ; il était domicilié à Elbeuf, rue des Rouvallets. Il subit l’« influence funeste » d’Aubry, correspondant de l’Internationale à Rouen.

En 1869 et 1870, il fut l’un des animateurs du groupe elbeuvien de l’internationale animé avec Eugène Piéton, et Régnier, groupe dans lequel faisaient aussi partie, d’après la police, des « individualités assez ardentes » comme Deparnay, Mangeot, Harang,et Diot. La police dit de lui qu’il était l’ami de Diot. D’après la police, « ces ouvriers avaient depuis longtemps des penchants socialistes, qui se seraient développés par les publications que leur envoyaient l’École socialiste, et aussi par la propagande que faisaient auprès d’eux le sieur Verdure, membre de la commune, dans ses voyages à Elbeuf, à l’occasion des sociétés corporatives. »

Le 13 août 1869, dans Le Progrès de Rouen, Fossard dénonce des journées de 13 heures, voire de 16 heures et plus, suivant le caprice de la saison, ou du fabricant.

Le 8 février 1871, il est candidat aux élections législatives sur la liste du Comité Radical Républicain avec Aubry, Cord’homme, Ernest Vaughan, et Régnier.

Le 24 avril 1871, une réunion en vue des élections municipales avait été organisée par le Comité radical « au Cercle d’études économiques », siège de la Fédération rouennaise de l’Internationale. Elle fut présidée par Cord’homme. Fossard y prit la parole et fit l’apologie de faits de la Commune qui furent qualifiés crimes par la suite, déclaration qu’on lui reprocha. Dans cette réunion qui réunit 250 personnes, on y applaudit « un projet d’adresse donnant adhésion à la Commune » et un projet d’adresse aux électeurs.

Le lendemain de cette réunion, Fossard fut arrêté en même temps que plusieurs participants à cette réunion : Jacques Cord’homme, Creusot, Paul Delaporte, Frischt*, Gustave Mondet, Jean-Louis Lécureuil, François Boulanger*, Percheval, Ernest Vaughan. Une copie des deux manifestes fut saisie chez lui. Ils furent poursuivis pour complot, mais la chambre d’accusation écarta ce motif, et ils furent mis en liberté provisoire le 5 juillet.

Le 15 novembre 1871, un procès fut intenté à Jacques Cord’homme*, Paul Delaporte*, Gustave Mondet*, Jean-Louis Lécureuil*, François Boulanger*, Olympe Riduet*, Percheval, Ernest Vaughan (absent) et Louis Fossard. Celui-ci, qui avait déjà subi un mois et vingt-quatre jours de détention préventive, fut condamné, le 15 novembre 1871, par la cour d’assises de la Seine-Inférieure, à trois mois de prison, 50 f d’amende et, solidairement, aux dépens et frais du procès. Il n’avait encouru auparavant aucune condamnation.

Dans un recours en grâce du 21 novembre 1871, Fossard déclara « répudier toute solidarité avec les agissements de la Commune ». Il fut gracié le 22 février 1872. Il était alors dans une situation voisine de l’indigence et n’avait acquitté ni amende ni frais.

Conseiller prud’homme, conseiller municipal d’Elbeuf en 1881, il fut candidat sans succès sur une liste de droite en 1896.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article135921, notice FOSSARD Louis, Hippolyte, version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 16 juin 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/732 n° 5601. — Pierre Largesse, La Bourse du Travail et les luttes ouvrières. Elbeuf 1892-1927, Edité par l’Union locale des syndicats CGT de l’agglomération elbeuvienne, 1996. — Notes de Gilles Pichavant et Pierre Largesse. — Arch. Dép. de Seine-Maritime, cote 2U2704, dossier "Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871" ; lettre du commissaire central d’Elbeuf au préfet de Seine-Inférieure. —Mathieux Bidaux, Ernest Vaughan, Le Patron rouge, Éditions l’Écho des vagues, 2013, ISBN : 978-2-918616-16-0. — Czeslav Cechura, Les Elbeuviens pendant la Commune de Paris, in Bulletin de la Société de l’Histoire d’Elbeuf, n° 51, mai 2009.

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