FERROUILLAT Jean-Baptiste, dit Joannis

Par Notice revue et complétée par M. Cordillot

Né le 4 mai 1820 à Lyon, mort le 24 mars 1903 à Montpellier (Hérault) ; avocat ; élu à la Constituante ; rallié à L-N Bonaparte, puis opposant républicain sous l’Empire ; député, sénateur, puis ministre sous la Troisième République.

Il était issu d’une famille d’industriels. Docteur en droit en 1843, il devint secrétaire particulier de Bethmont dont il partageait les idées démocratiques modérées. Avocat républicain, il se présenta en avril 1848 aux élections à la Constituante, et n’hésita pas à aller défendre sa candidature devant les Clubs et dans les cantons ruraux. Élu à Lyon à l’Assemblée Constituante par 53 406 voix, il fut l’un des plus jeunes membres de la Constituante, fit partie, comme secrétaire, du Bureau provisoire de l’Assemblée et entra au comité du travail. Proche des Républicains conservateurs, il se rapprocha de l’Élysée après l’élection de L.-N. Bonaparte et ses votes furent acquis au parti du National, puis à la politique du prince-président. Non réélu à la législative en 1849, il s’inscrivit au barreau de Lyon.
Sous l’Empire en revanche il se rallia à l’opposition républicaine et fut élu conseiller général du Rhône en 1864, contre le candidat officiel. C’est à cette période que son parcours croise le mouvement ouvrier en devenant propagandiste actif en faveur de la coopération et des associations ouvrières. Il était alors membre du Comité central républicain de Lyon et proche d’Eugène Flottard.
Nommé membre du conseil municipal de Lyon au lendemain du 4 septembre 1870, il se rangea durant la Commune dans le camp des républicains conciliateurs qui cherchèrent à convaincre Thiers de faire aux Parisiens un minimum de concessions. Le 23 avril 1871, parut à Lyon un Rapport au Conseil municipal de Lyon par le citoyen Ferrouillat, au nom de la délégation envoyée à Versailles et à Paris. Le rapporteur y relatait l’accueil hostile de Thiers à la demande d’une solution négociée.
Élu du Var à l’Assemblée nationale le 2 juillet 1871, il prit place à l’extrême-gauche. Nommé sénateur du même département lors des élections du 30 janvier 1876, il fut l’un des signataires de la proposition d’amnistie pleine et entière déposée par Victor Hugo. Après l’acte du 16 mai 1877, il vota contre la dissolution de la Chambre demandée par M. de Broglie.
Ministre de la Justice et des Cultes d’avril 1888 à février 1889, il réussit à faire voter, contre l’opposition conservatrice, un budget prévoyant la baisse du salaire des évêques. Par ailleurs, il ne se cachait d’être en faveur de la séparation de l’Église et de l’État.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article135919, notice FERROUILLAT Jean-Baptiste, dit Joannis par Notice revue et complétée par M. Cordillot, version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 30 mai 2019.

Par Notice revue et complétée par M. Cordillot

SOURCES : G. Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, Paris, Hachette, 5e éd. — Jean Gaumont, Histoire générale de la Coopération en France, Paris, Fédération Nationale des coopératives de consommation, 1924. — Maurice Moissonnier, La Première Internationale et la Commune à Lyon, Paris, éd. sociales, 1972. — Note de A. Perrier.

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