DAUTHIER Irénée [DAUTHIER Onésime, Irénée.]

Né vers 1838 ; ouvrier sellier, il demeurait, en 1879, 168, rue Oberkampf à Paris, XIe arr. ; membre de l’Internationale ; militant syndicaliste.

Selon Testut, la carte d’adhésion d’Irénée Dauthier à l’Internationale aurait porté le n° 4 et aurait datée du 8 octobre 1869. (Cf. Arch. PPo., B a/439, pièce 4824). Nous ne savons ce qu’il en est du n° de la carte, peut-être d’ailleurs sans signification, mais il est certain que la date d’adhésion est bien antérieure, puisque Dauthier fit partie de la nouvelle commission de 15 membres constituant le bureau de Paris, élue après le congrès de Lausanne, en septembre 1867 — voir Tolain. Ces quinze membres démissionnèrent le 19 février 1868 après que des poursuites eurent été engagées contre eux. Le 20 mars, Dauthier fut condamné, ainsi que chacun de ses camarades, à 100 f d’amende, la durée de la contrainte par corps ayant été fixée à trente jours. La condamnation fut confirmée en appel, le 29 avril, en cassation le 12 novembre.

Le 3e congrès de l’Internationale se tint à Bruxelles en septembre 1868, et Dauthier y représenta l’Association des selliers-bourreliers de Paris. Il intervint sur la question de l’instruction.

En juillet 1870, Dauthier signa le manifeste contre la guerre adressé aux travailleurs de tous pays. Le 9 août, il fut traduit devant la 6e chambre du tribunal correctionnel de Paris sous la prévention d’avoir, depuis moins de trois ans à Paris, fait partie d’une association de plus de vingt personnes (Gazette des Tribunaux, 10 août 1870). La cause fut renvoyée.

I. Dauthier assista comme délégué aux séances du congrès ouvrier de France qui se tint à Paris du 2 au 10 octobre 1876. Il représentait la chambre syndicale des selliers de Paris et intervint le 3 octobre sur la question du « Travail des femmes ». Il se déclara hostile au travail des femmes qui détruit la famille et provoque la dégénérescence de la race, admettant toutefois le travail de lingerie en chambre. Il demanda l’égalité des salaires masculins et féminins et critiqua la concurrence faite par les couvents et les prisons au travail des femmes. Il dénonça également les entrepreneurs qui dissimulaient des entreprises de prostitution derrière l’apparence d’ateliers, et les couturières en renom, qui payaient mal leurs ouvrières, alors qu’elles vendaient leurs robes à un prix élevé. Il proposa comme solution la création de sociétés coopératives de production.

Délégué de la chambre syndicale et de la société des Travailleurs amis de la paix, il assista à la troisième session du congrès ouvrier socialiste de France qui se tint à Marseille du 20 au 31 octobre 1879. Rapporteur de la deuxième question « Des chambres syndicales », il figura parmi les modérés de ce congrès.

L’année suivante, au congrès du Havre, I. Dauthier siégea parmi les « barberettistes », salle Franklin.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article135902, notice DAUTHIER Irénée [DAUTHIER Onésime, Irénée.], version mise en ligne le 1er décembre 2010, dernière modification le 19 mars 2019.

SOURCE : Comptes rendus des congrès.

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