WEISKOPF Joseph dit GOMBAULT Georges, dit de CLIN Pierre

Par Gilles Morin

Né le 12 août 1881 à Paris ; journaliste ; militant socialiste ; vice-président de la Ligue des droits de l’Homme.

Élevé dans la religion la plus stricte, Joseph Weiskopf s’en libéra totalement vers dix-huit ans durant ses études de philosophie. Étudiant à la Sorbonne au temps de l’affaire Dreyfus, il devint ligueur et participa, à ce titre, à la rédaction des interventions parlementaires de Francis de Pressensé. Il abandonna ses études sans passer l’agrégation et adhéra au Parti socialiste.

Journaliste, Joseph Weiskopf débuta en 1905 à l’Aurore, collabora ensuite à L’Action, au Siècle, à Paris-Midi et en 1913 à L’Homme libre de Clemenceau. Après la guerre, il collabora à L’œuvre et quelques années après au Quotidien, instrument de la victoire du Cartel des gauches en mai 1924. Il fonda avec Georges Boris et Émile Kahn* l’hebdomadaire La Lumière sous le nom de Pierre de Clain, chroniqueur parlementaire, tout en collaborant à La France de Bordeaux sous le pseudonyme de « L’Homme des pas perdus ». En 1936, il appartenait au conseil d’administration du syndicat national des journalistes, conseil d’administration d’une trentaine de membres, qui comptait entre autres Jean-Maurice Hermann*, André Pierre*, Andrée Viollis*. Ce syndicat, fondé en mai 1918, groupait alors environ 2 000 adhérents et avait comme organe mensuel Le Journaliste.

Profondément antifasciste, Joseph Weiskopf fut partisan ardent du Front populaire et adversaire résolu des accords de Munich qu’il fustigea, en tant que membre du comité central de la Ligue des droits de l’Homme, dans les Cahiers des droits de l’Homme du 15 novembre 1938.

Après la défaite de 1940, Joseph Weiskopf arriva le 27 juin à Londres avec son fils Charles, où il fonda le quotidien La France, destiné aux Français réfugiés en Angleterre, qui fut régulièrement vendu à 35 000 exemplaires. Cela lui valut d’être déchu de la nationalité française, avec son fils, par le gouvernement de Vichy. Tout en respectant l’auteur de l’Appel du 18 juin, Joseph Weiskopf manifestait une réticence certaine envers le général de Gaulle qu’il soupçonnait de « monocratie », comme le Groupe socialiste « Jean-Jaurès » dont il était proche.

Après la Libération, Joseph Weiskopf devint l’éditorialiste politique de France-Soir où il demeura jusqu’en 1958 ; il cessa alors d’y collaborer, se refusant à cautionner la politique gaulliste du journal. Appelé le 14 février 1946 à la vice-présidence de la Ligue des droits de l’Homme, Joseph Weiskopf fut au cœur et souvent à l’origine des grandes campagnes qu’elle mena sous la IVe République : contre le RPF en 1947, contre la CED en 1952-1954, contre les guerres coloniales et, après le 13 mai, contre le retour au pouvoir de De Gaulle et les institutions de la Ve République dont il ne cessa de dénoncer le « vice essentiel » jusqu’à la fin de sa vie, le pouvoir personnel légitimé par l’élection du président de la République au suffrage universel (Bulletin de la Ligue, octobre 1966). Avec son ami Daniel Mayer*, il quitta le Parti socialiste SFIO en 1956. Puis il adhéra au PSA après avoir écrit dans le journal des minoritaires, Tribune du socialisme.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article135295, notice WEISKOPF Joseph dit GOMBAULT Georges, dit de CLIN Pierre par Gilles Morin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. PPo. 311. — Cahiers des droits de l’Homme, 15 avril 1947. — Bulletin de la Ligue des droits de l’Homme, décembre 1970. — Ch. Gombault (fils), Un Journal, une aventure, Gallimard, 1982.

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