WEIL-CURIEL André

Par Gilles Morin

Né le 1er juillet 1910 à Paris, mort le 11 janvier 1988 ; avocat ; conseiller municipal socialiste, puis non-inscrit de Paris (IIe arr.) de 1959 à 1965.

Fils d’un négociant, André Weil-Curiel commença ses études à Paris, au lycée Janson-de-Sailly, puis les poursuivit à l’école de l’Ile-de-France à Villebon (Eure-et-Loir) et les acheva au lycée de Reims (Marne), où il eut comme professeur d’histoire Georges Bidault. Il regagna Paris pour suivre les cours de la faculté de droit et des lettres. Ayant obtenu la licence en droit et un diplôme de littérature comparée, il s’inscrivit au barreau de Paris en 1932 et fut secrétaire de la conférence du stage en 1936. Il fut également secrétaire général adjoint du syndicat national des avocats.

André Weil-Curiel s’était engagé dans l’action politique à dix-sept ans. Il participa à la fondation du groupe universitaire des Amis de l’Union soviétique, puis fut membre du comité directeur du Cercle d’étudiants de la Ligue des droits de l’Homme et du citoyen, dont il devint le secrétaire général. Il dirigea un temps L’Université républicaine et en 1930 adhéra aux Jeunesses socialistes puis au Parti socialiste SFIO.

Aux élections municipales du 5 mai 1935, André Weil-Curiel se présenta sans succès contre l’ancien préfet de police Jean Chiappe dans le VIe arr. (quartier Notre-Dame-des-Champs). Aux élections législatives de 1936 dans la 2e circonscription du Ve arr. (Val-de-Grâce, Saint-Victor) contre un autre élu de la droite parisienne, Louis Rollin, Weil-Curiel obtint 1 432 voix sur 11 575 suffrages exprimés. De 1936 à 1938, il fut secrétaire général à la propagande de la Fédération socialiste de la Seine. En 1938, il adhéra au Parti socialiste ouvrier paysan de Marceau Pivert*, et fut membre de sa commission administrative permanente. Il semble avoir été, pendant l’entre-deux-guerres, partisan du rapprochement franco-allemand et l’ami d’Otto Abetz. Il se prononça néanmoins contre les accords de Munich et démissionna du PSOP.

Mobilisé en 1939, André Weil-Curiel fut fait prisonnier et s’évada. Servant comme agent de liaison auprès de l’armée britannique, il fut ramené en Angleterre après Dunkerque et rallia le général de Gaulle à Londres dès juillet 1940. Il fut alors envoyé en France par de Boislambert, chef de cabinet du général de Gaulle, afin d’organiser les Français favorables à la France libre. Il parvint en France le 1er août 1940. A Paris le 25 août, il chercha à contacter ses anciens amis socialistes, rencontra Paul Rivet*, Henri Vergnolle* et Jean Jaudel, membre de l’Alliance démocratique, à qui il demanda de sonder le Parti socialiste français. Après un périple qui le mena en Bretagne, il fut arrêté le 12 mars 1941 mais fut relâché en avril. André Weil-Curiel devait rendre compte de son expérience dans ses livres de souvenirs parus après la guerre. Il gagna l’Espagne en décembre 1941. Son action lui valut d’être décoré de la médaille de la Résistance, de la Croix de guerre 1939-1945, de la Médaille des évadés et de la Légion d’honneur.

A la Libération, André Weil-Curiel milita à nouveau au Parti socialiste SFIO et se présenta aux élections législatives de 1956, de 1958 et de 1962 dans la 2e circonscription de Paris (IIe et IIIe arr.) ; il fut candidat au Sénat en 1962 en Polynésie. Élu conseiller municipal en 1959 sur la liste socialiste, il quitta ce parti en 1962 pour devenir non-inscrit et se rapprocher des gaullistes. Il se représenta aux municipales de 1965 comme socialiste indépendant sur la liste « Union pour le renouveau de Paris » conduite par l’ancien ministre UNR Bernard Chenot mais cette liste fut battue et André Weil-Curiel perdit son siège de conseiller municipal. Militant ensuite dans la mouvance du gaullisme de gauche, il fut en 1967 membre du comité politique de l’Union de la gauche Ve République. En 1969, il appartint à l’Union populaire progressiste, groupe gaulliste de gauche qui participa à la reconstitution de l’Union démocratique du travail (voir Louis Vallon*) puis appartint au mouvement « Présence socialiste », fondé en février 1971 « pour que le courant socialiste puisse exercer son influence sur la majorité ». Il en fut premier vice-président, appartint à son comité directeur et à son bureau. Il semble qu’ensuite il se soit rapproché de la majorité issue des élections de 1981 puisqu’il occupa des responsabilités au sein du Mouvement gaulliste populaire, créé en 1982 et proche de la majorité socialiste. En décembre 1986, il fut élu président du Rassemblement des gaullistes de progrès.

Secrétaire du conseil municipal en 1960-1961 puis vice-président en 1962-1963, André Weil-Curiel fut vice-président de la commission d’hygiène et des eaux ainsi que de la commission de la jeunesse et des sports.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article135279, notice WEIL-CURIEL André par Gilles Morin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 8 décembre 2015.

Par Gilles Morin

ŒUVRE : Traité des spoliations et restitutions. — Règles de savoir-vivre à l’usage d’un jeune juif de mes amis. — Le Temps de la Honte, 2 vol., Éd. du Myrte, 1946.

SOURCES : Arch. Dép. Seine, D 3 M2, n° 6. — Le Ve socialiste, organe de la 5e section socialiste, Éd. spéciale, s.d. — Le Monde, 23 janvier 1988. — BMO, n° 9, 23 janvier 1988. — Dict. des 10 000..., p. 703. — Who’s who, 1955-1956, 1965-1966, 1973-1974. — R. Abellio, Les Militants, p. 269. — J. Rabaut, Tout est possible, Paris Denoël, 1974., p. 347-348.

Version imprimable Signaler un complément