Né le 12 janvier 1882 à Yzeure (Allier), mort le 11 septembre 1969 à Yzeure ; cultivateur, journaliste, écrivain ; militant syndicaliste.

Fils de petits cultivateurs, Joseph Voisin quitta l’école après avoir obtenu son CEP et dès l’âge de treize ans, participa aux travaux de la ferme. Enfant de nature timide, il lisait tous les livres (C. Dickens, J. Verne, E. About), journaux et brochures qu’il pouvait se procurer. A dix-huit ans, Joseph Voisin étudia la vie des abeilles et, en 1906, publia une série d’études sur l’apiculture que devait publier L’Agriculteur bourbonnais. Après ses trois années de service militaire passées à Besançon, Joseph Voisin, très influencé par Émile Guillaumin* dont il lisait les contes dans Le Courrier de l’Allier, voulut s’essayer à écrire. Il entra en relation avec l’auteur de La Vie d’un simple qui le conseilla et l’encouragea et, en 1909, il publia à ses frais un recueil de contes, L’Académie de Mérival-les-Chaumes. Il reprit ses livres scolaires, en acheta d’autres, un professeur de lettres le guida dans ses lectures auxquelles il consacra ses veillées. C’est vers cette époque que Joseph Voisin adhéra à la Fédération des syndicats de cultivateurs de la région de Moulins qui avait été créée en 1906 sous l’impulsion de Michel Bernard* et d’Émile Guillaumin.
En 1912, il publia aux Cahiers du Centre un petit roman, Entre Loire et Allier et, en 1913, dans la Revue hebdomadaire, des « scènes de la vie des champs », Sur la glèbe, titre qui devait être repris en 1922 par Joseph de Pesquidoux. Ce livre devait être réédité plus tard sous le titre Saisons paysannes. Mobilisé en 1914 comme sergent d’infanterie, Joseph Voisin fit la guerre sur les fronts d’Alsace et des Flandres, à Douaumont, au CHEMin-des-Dames, et fut grièvement blessé en septembre 1918. A son retour, il afferma six hectares de terre à Toulon-sur-Allier, mais revint se fixer à Yzeure après la mort de sa mère. Militant syndical, Voisin continua à écrire, et Albin Michel édita, en 1927, son roman Mathurin Barot. En 1931 parut Francine et son village, puis Jean Veyre et son ménage, en 1933, dans le Peuple, roman repris en volume en 1936. Ces trois livres, romans des drames de la terre, constituent certainement les œuvres les plus fortes que Joseph Voisin ait écrites. En outre, dans Francine et son village, Voisin a exprimé, par le truchement d’un de ses personnages, ses propres conceptions sur ce que pourrait être l’organisation de la vie sociale à la campagne.
En 1930, Joseph Voisin publia dans Le Peuple une série d’articles contre la guerre et, en 1932, il adhéra au Groupe des écrivains prolétariens de langue française. Mais, aux prises avec des difficultés croissantes, Joseph Voisin, à cinquante ans, quitta la vie rurale et accepta un emploi de nuit que lui offrait Le Progrès de l’Allier à Moulins. Fondateur et secrétaire du syndicat des journalistes de l’Allier, il intervint comme écrivain paysan, en même temps qu’Émile Guillaumin, au congrès de Moulins de la Confédération nationale paysanne (CNP) en décembre 1935, pour apporter son témoignage d’attaCHEMent au syndicalisme paysan.

œuvre : Ouvrages cités. — La Belle Marguerite, Le Roman littéraire. — Fontaine revient, Moulins, Éd. du Beffoi, 1946. — Yzeure, promenade des Moulinois, Éd. NPL. — Marinette (publié dans le Progrès de l’Allier). — A la recherche des pas perdus. — Jean Faitout, facteur-express (paru dans l’Espoir). — Ceux qui les avaient connus. — Le Vrai visage d’Émile Guillaumin, Moulins, chez l’auteur, 1953.

SOURCES : G. Depresle, Anthologie des écrivains ouvriers, Éd. Aujourd’hui, 1925. — « Un écrivain aux mains rugueuses, Joseph Voisin », le Journal du peuple, 2 juin 1929. — P. Luc, « Joseph Voisin, l’homme et l’écrivain », Le Peuple, septembre 1936.

Jean Prugnot

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