VIERNY Dina [AIBINDER Dina dite]

Par Jean-Michel Brabant, Claude Pennetier

Née le 25 janvier 1919 en Bessarabie (actuelle Moldavie), morte le 20 janvier 2009 à Paris ; artiste en diverses disciplines, notamment les arts graphiques et le chant ; modèle : militante des Jeunesses socialistes ; un temps proche du trotskysme ; galeriste ; créatrice du Musée Maillol.

Dina Vierny avec Maillol
Dina Vierny avec Maillol

Fille d’un militant social-démocrate russe, emprisonné et déporté sous le tsarisme, Dina Aibinder arriva en France à l’âge de sept ans. Après le lycée et la Faculté, elle s’orienta vers des études d’art. Par ce biais et par l’intermédiaire de groupes de jeunes, elle entra en contact avec l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) et participa aux activités du groupe Octobre en 1935 et 1936. Membre, à cette époque, de la Chorale populaire de Paris, elle se produisit, avec elle, dans les usines occupées pendant les grèves de juin.

Dans le même temps, Dina Aibinder militait aux Jeunesses socialistes, auxquelles elle avait adhéré par l’intermédiaire des Amis de l’enfance ouvrière dont elle était membre depuis 1933 et où elle travaillait comme éducatrice. Elle sympathisa avec les thèses trotskystes développées par le Groupe bolchevik-léniniste de la SFIO. Elle participa, avec ses militants à la création de la JSR, dirigée par Fred Zeller, en janvier 1936. Elle était amie de Marcel Bleibtreu qui partageait les mêmes options politiques. En juin, elle adhéra également au Parti ouvrier internationaliste. Elle fit alors un voyage en Espagne, et se rendit à Barcelone où elle prit contact avec le Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM). Dina Aibinder s’éloigna ensuite du mouvement trotskyste. Elle fut l’amie du photographe Pierre Jamet qui laissa un bel ensemble de clichés présentés au Rencontre photographiques d’Arles en 2013.

Pendant la drôle de guerre, elle tenta, avec le fils de Victor Serge, de sortir un périodique éphémère le Nouveau départ. Elle séjourna à Marseille où elle suivit Sylvain Itkine à la coopérative des Croque-fruits, puis à Banyuls avec Maillol et aurait été, selon son témoignage, agent de liaison de la Résistance.

Connue comme « muse » d’Aristide Maillol, elle avait posé comme modèle pour le sculpteur, en particulier pour les statues exposées aux Tuileries. À la mort de Maillol, elle ouvrit une galerie rue Jacob puis créa en 1995 le Musée Maillol, géré par la fondation Dina Vierny.

En 1975, Dina Vierny enregistra un disque consacré aux Chants des prisonniers sibériens d’aujourd’hui (Mary Melody), dont la pochette est illustrée par Fred Zeller,.
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Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article134513, notice VIERNY Dina [AIBINDER Dina dite] par Jean-Michel Brabant, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 2 décembre 2016.

Par Jean-Michel Brabant, Claude Pennetier

Dina Vierny avec Maillol
Dina Vierny avec Maillol
Dina sur la route, photographie de Pierre Jamet
Dina sur la route, photographie de Pierre Jamet
Ce cliché naturel, sans pose, fut repris par les publications des Auberges de jeunesse.
Dina Vierny dans la Chorale populaire de Paris (première debout à droite du chef de Choeur).
Dina Vierny dans la Chorale populaire de Paris (première debout à droite du chef de Choeur).
Concert pour les grévistes de l’usine SIF de Montrouge, en juin 1936.
Cliché Pierre Jamet
Collection Corinne Jamet
Collection Corinne Jamet

SOURCES : Témoignage autobiographique, 1976. — Témoignage de Mathias Corvin, 1976. — Notes de Claude Pennetier. — Dina Vierny, Histoire de ma vie racontée à Alain Jaubert, Gallimard, témoin de l’art, 2009. — http://www.pierrejamet-photos.com/fr/galerie-1744-dina-vierny-1936-1939.html

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