VIDAL Raymond, Auguste, René

Par Antoine Olivesi

Né le 27 septembre 1896 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 18 juin 1991. Avocat ; député socialiste des Bouches-du-Rhône (1932-1940) ; conseiller municipal et adjoint au maire de Marseille (1935-1940).

Vidal Raymond
Vidal Raymond

Fils d’un capitaine au long cours, Raymond Vidal fit ses études au lycée Thiers à Marseille puis fut étudiant en droit à Paris où il fit également du journalisme pour gagner sa vie. Inscrit au barreau de Marseille, il y connut un succès rapide grâce à son éloquence et plaida surtout au tribunal de commerce. Décrit par certains comme le « prototype du politicien arriviste » (Marseille-Matin, 10 mai 1935) et « bourgeois cossu », Raymond Vidal commença sa carrière politique sous la bannière du radicalisme. En effet, il se présenta comme candidat radical-socialiste contre Antoine Cerati* (SFIO) au conseil général dans le 6e canton de Marseille en octobre 1928. Il obtint 1 864 voix qui se partagèrent entre les deux camps, malgré son désistement « loyal » pour Cerati.

Peu après, il adhéra à la 10e section du Parti socialiste SFIO et s’imposa assez vite puisqu’il fut choisi comme candidat dans la 5e circonscription aux élections législatives de 1932. Ayant obtenu, 4 042 voix au premier tour sur 17 227 inscrits, Raymond Vidal fut élu au second avec 7 518 voix, enlevant un siège à la droite. L’une de ses premières interventions à la Chambre des députés consista en une polémique avec Simon Sabiani* qu’il accusa d’avoir, lors des élections, fait régner l’intimidation et la fraude à Marseille. Il renouvela ses attaques, en les élargissant à la gestion communale de son adversaire pendant la campagne pour les élections municipales de 1935, où il conduisit, avec Rémy Roux*, la liste SFIO dans le 5e secteur. Il fut élu après le désistement des communistes. Ces derniers ne l’avaient guère ménagé, dans leurs attaques, jusqu’à l’unité d’action, et Raymond Vidal lui-même n’accepta cette unité qu’avec beaucoup de méfiance. En effet, au congrès fédéral SFIO d’Istres, préparatoire au congrès national de Toulouse, le 13 mai 1934, Raymond Vidal s’était prononcé contre toute alliance électorale avec le PC et, en juin 1936, il devait dénoncer « les grèves révolutionnaires communistes ».

Après la victoire municipale, il fut élu premier adjoint au maire, Henri Tasso*. L’année suivante, il fut réélu député devançant d’assez peu le communiste David Peyrot, avec 6 211 suffrages contre 5 916 sur 19 551 inscrits, au premier tour, puis rassemblant 10 160 suffrages au second, sans faire le plein des voix communistes. A l’Hôtel de ville, Raymond Vidal hérita des sabianistes une situation financière désastreuse. Après les premiers mois d’euphorie consécutifs aux succès électoraux de 1935 et de 1936, il fallut bien proposer des mesures de rigueur budgétaire et notamment des compressions de personnel, sans compter le relèvement des impôts locaux. Adjoint aux finances et au personnel, Vidal établit, au printemps 1937, un rapport financier dans ce sens mais se heurta à beaucoup de ses collègues du conseil municipal ainsi qu’à l’hostilité du puissant syndicat CGT des municipaux et de son leader Noël Carrega*. Mal soutenu par Henri Tasso, Raymond Vidal démissionna le 16 juillet 1937, décision qui ne fut annoncée officiellement qu’après les élections cantonales d’octobre 1937.

Raymond Vidal protesta, au printemps 1939, contre la mise en tutelle de la commune de Marseille. Il semble qu’il ait eu alors, au sein de la Fédération SFIO des Bouches-du-Rhône, une position assez forte. Massalia le présenta comme l’un des leaders socialistes locaux contrebalançant l’influence d’Henri Tasso. A la Chambre des députés, il fut membre de la commission de législation civile et criminelle. A la tribune, il intervint en matière fiscale et économique, agricole surtout, en tant que rapporteur. Il fit aussi partie des commissions des travaux publics, du commerce et de l’industrie, des mines et des douanes. Ardent défenseur de la non-intervention en Espagne, il fut rapporteur du projet de loi permettant au gouvernement de prendre toutes les mesures pour empêcher l’enrôlement des Français dans les forces des deux camps. Il prit souvent la parole, aussi, pour défendre la réputation de Marseille contre les attaques injustes dont la ville était l’objet, notamment à la suite de l’assassinat du roi Alexandre de Yougoslavie.

Présent à Vichy le 10 juillet 1940, Raymond Vidal s’abstint volontairement lors du vote des pouvoirs constituants au maréchal Pétain. Peu après le 5 septembre, il envoya une lettre au préfet des Bouches-du-Rhône, l’informant de sa démission de conseiller municipal de Marseille. Il se retira alors de la vie politique. Dans les années 1960, il dirigeait un grand hôtel sur la Côte-d’Azur.

Raymond Vidal appartenait à la Libre pensée (groupe Voltaire).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article134466, notice VIDAL Raymond, Auguste, René par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 4 août 2015.

Par Antoine Olivesi

Vidal Raymond
Vidal Raymond

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, II M3/58, 59, 60, 61 et 62 ; VM2/282 et 289 ; M6/11379. — Le Petit Provençal, 4 octobre 1928 (photo), 14 mai 1934, 18 avril 1936 (photo). — Rouge-Midi, 17 février 1934, 1er juillet 1936. — Marseille-Matin, 10 mai 1935, 1er octobre 1937. — Massalia, 15 février 1939. — Journal officiel, mai-juin 1932. — Dict. parl., PUF. — Témoignage de L. Baudou.

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