VALADE Marcel

Par Daniel Grason

Né le 11 juin 1902 à Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine), mort en Espagne le 14 mars 1938 ; ajusteur ; communiste, IVe Internationale ; antifasciste ; volontaire en Espagne républicaine.

Marcel Valade était le fils naturel d’une blanchisseuse, âgée de quarante ans à sa naissance.
Il résidait dans la ville où il était né et où il s’était marié le 26 juillet 1924 avec Fernande Vergnac, alors âgée de seize ans.
Père de deux enfants, séparé de sa femme, il eut un long parcours militant. Il fut membre de la jeunesse socialiste jusqu’en 1920, adhéra au parti socialiste (SFIO). Au lendemain du congrès de Tours (Indre-et-Loire), il quitta le parti socialiste et suivit Maurice Laporte*. Celui-ci devint secrétaire des jeunesses communistes.

Adhérent au tout nouveau parti communiste en 1921, il milita chez Talbot, une usine d’automobiles, membre de la CGTU, délégué pendant trois ans, à la suite d’une grève il fut lockouté. Il travailla à Courbevoie dans une usine de la métallurgie, observa à l’appel de la CGTU en 1925, une grève contre la guerre au Maroc et de soutien aux Rifains qui revendiquaient l’indépendance, il fut renvoyé le lendemain. Il trouva un emploi chez Boutillon, une fabrique de pompes à essence, sa présence fut de courte durée, un mois, le temps de participer à une grève initiée par un ouvrier d’opinion anarchiste qui lui valut de se retrouver chômeur.

Il entra à la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), au dépôt de Puteaux. Grève en 1928, à l’appel de la CGTU, renvoyé, il fut reprit et y travailla jusqu’en 1933. Il eut des difficultés à trouver un emploi stable, travaillant un mois à la parfumerie Coty à Puteaux, manœuvre à la radio, déménageur… inscrit au chômage.

Il connaissait quelques membres de la IVe Internationale (trotskiste) et y adhéra. Il rencontra occasionnellement au café « Chez Marius » : Marc Laurent, Raymond Molinier*, Pierre Frank* des rencontres dont les motivations n’étaient pas toujours politiques, certains sympathisants trotskistes jouaient à la belote y compris avec des membres du Parti communiste. Les rapports politiques avec eux furent limités, mais ne passèrent pas inaperçus de ses anciens camarades du PC.

Marcel Valade culpabilisait, avant de partir en Espagne, il alla voir André Frejabue, secrétaire de la section communiste, il lui déclara qu’il partait : « pour l’Espagne pour essayer de [se] réhabiliter en luttant contre le fascisme ». Il rendit aussi visite à Alfred Bourgoin*, secrétaire du syndicat de la STCRP avec qui il travailla au dépôt de Puteaux, il lui demanda de lui délivrer un papier attestant de son activité syndicale pendant sept ans, celui-ci lui délivra l’attestation.

Il arriva en Espagne le 2 décembre 1936, fut incorporé dans une Brigade internationale, combattit à Morata et Guadalajara (mars 1937). Un jour où il était éméché, il créa du scandale, fut incarcéré le 28 septembre 1937 en maison de prévention. Deux jours plus tard, Marcel Valade rédigea un rapport dans lequel il retraçait son parcours tant professionnel que politique. Sur le second point, il écrivait : « Mes relations avec la quatrième internationale ne furent que quelques réunions et une douzaine d’affiches déposées à Puteaux contre un bâtiment. […] J’ai voté communiste au 1er tour [des élections législatives] en 1936 ».

La commission judiciaire ne rédigea aucun rapport sur ce qui était reproché à Marcel Valade, le service d’investigation militaire (SIM) examina le 2 novembre 1937 uniquement son passé politique. En conclusion, il fut décidé l’intégration dans la XIVe Brigade internationale, la rédaction d’un rapport adressé à l’État-major de ladite brigade avec l’envoi au front comme sanction. En 1939, le SIM inscrivit à côté de son nom « indiscipliné ».

Le 9 mars 1938, débuta la bataille d’Aragón, la mort faucha Marcel Valade le 14 mars à Gandesa. Son nom figura sur la liste : « Ceux des nôtres qui ont donné leur vie pour la liberté. Honneur à la mémoire de nos héros » dans l’ouvrage Épopée d’Espagne, édité par l’AVER.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article133415, notice VALADE Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 29 août 2011, dernière modification le 6 octobre 2011.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. AVER (dossier ARE). – RGASPI 545.6.1428, BDIC mfm 880/35. – La Vérité, décembre 1937. – Épopée d’Espagne. Brigades internationales 1936-1939, AVER, 1956, rééd. 1957.— Renseignements fournis par les archives municipales de Suresnes.

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