VACHERON Gilbert

Par Maurice Moissonnier

Secrétaire du Cartel lyonnais du Bâtiment (autonome) de 1931 à 1934.

Monteur électricien à Lyon, Gilbert Vacheron militait à la fin des années vingt chez les monteurs électriciens, adhérents au Cartel autonome du Bâtiment lyonnais (il en était le secrétaire en 1928) qui groupait les syndicats hostiles à la CGT, à la CGTU et à la CGT-SR Ce Cartel avait acquis, en particulier avec le contrôle qu’il exerçait sur la puissante Imprimerie intersyndicale, une influence certaine dans le mouvement ouvrier lyonnais. Cette organisation recourait aux méthodes les plus énergiques de l’action directe et avait souvent maille à partir avec les autres formations syndicales ou la police. En mars 1930, Vacheron qui était chargé de remettre aux afficheurs lyonnais en grève, le produit d’une collecte de solidarité fut impliqué dans de vifs incidents entre grévistes et non grévistes connus sous le nom de la « fusillade du quai de la bibliothèque ». Il fut arrêté. A la suite de cet événement, son syndicat le fit élire, le 22 mai, à la commission administrative de la Bourse du Travail de Lyon, mandat qu’il allait conserver jusqu’au 20 décembre 1934. Le 26 novembre 1931, il fut candidat au poste de secrétaire de la Bourse du Travail mais le candidat des réformistes, Trivery*, secrétaire sortant, le battit dès le premier tour par 49 voix contre 17. En juin 1932, à la suite d’une bagarre violente qui, sur les chantiers de construction du palais de la foire de Lyon, opposa les militants du Cartel à ceux des trois autres CGT, il refusa avec vigueur tout arbitrage de la Bourse du travail, menaçant de retirer du conseil d’administration, tous les délégués du Cartel si l’on passait outre à son désir.

Depuis février 1931, il était trésorier du comité de défense du Cartel des syndicats du Bâtiment de Lyon et sa région. Lorsque, au cours de l’année 1932, René Lavieille*, secrétaire du Cartel, mourut, Gilbert Vacheron assura alors l’intérim du secrétariat général jusqu’au VIe congrès du Cartel (Lyon, 18 décembre) au cours duquel il fut reconduit pour deux ans dans cette fonction.

Partageant le point de vue de Gustave Eysséris* sur la réunification syndicale, il rallia en 1935 le groupe hostile à l’accord avec les unitaires qu’Hildebert Chaintreuil*, nouveau secrétaire du Cartel s’efforçait de promouvoir. L’affaire se dénoua dramatiquement : Vacheron frappé par Raymond Ducourthial* brandit un revolver puis déposa une plainte contre son adversaire. Quelques mois plus tard, Eysséris, convaincu d’indélicatesse, fut arrêté pour faux et usage de faux. Gilbert Vacheron fut alors entraîné dans la débâcle qui emporta les amis d’Eysséris. Exclu du syndicat, il travailla un moment à l’entreprise mécanique électrique Calor. Au moment de la réunification au sein de la CGT les dirigeants du Cartel exigèrent que leurs adversaires (dont beaucoup s’étaient réfugiés à la CGT confédérée) fussent écartés de la nouvelle confédération unifiée. En 1938, Vacheron participa aux activités du syndicat professionnel du Bâtiment (inspiré par le Parti populaire français) qui joua un rôle équivoque lors de la grève lyonnaise des ouvriers de la Construction (juillet-octobre 1938).

Fortement compromis par ses relations avec les adversaires d’extrême droite du Front populaire, il quitta ensuite Lyon pour le Midi de la France.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article133353, notice VACHERON Gilbert par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13715. — Arch. Dép. Rhône, 10 M. — Arch. B.T. Lyon. — Le Semeur, 1929-1934. — VIe congrès du Cartel du Bâtiment, Lyon, Impr. intersyndicale. — L’Effort, 1934-1935. — Le Progrès et Lyon-Républicain. — Témoignages d’A. Fau, R. Ducourthial, H. Chaintreuil.

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