USCLAT Marguerite, Joséphine, née VARESIO Marguerite

Par Louis Bonnel, Rodolphe Prager

Née le 28 novembre 1911 à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), morte le 20 février 1954 à La Ciotat ; institutrice ; militante syndicaliste CGTU, École émancipée ; militante du PSOP, puis trotskyste, POI et PCI ; résistante.

Marguerite Usclat
Marguerite Usclat
Cliché fourni par Sébastien Madau

Née dans une famille ouvrière — son père fut tourneur aux Chantiers de la Méditerranée, sa femme était couturière — Marguerite Varesio fut élève de l’École normale d’institutrices d’Aix-en-Provence, de 1927 à 1930. Elle épousa en août 1931 Ferdinand Usclat dont elle divorça en 1946. Nommée à Marseille en 1932, elle fut membre de la Fédération CGTU de l’Enseignement et suivit la tendance de l’École émancipée. Elle adhéra en 1938 au Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert, puis devint une militante trotskyste active. Au début de la guerre et sous le règne vichyssois, elle participa à la reconstruction clandestine du Parti ouvrier internationaliste à Marseille et dans la zone libre, qui publia en 1942 l’Étincelle.

Marguerite Usclat fut arrêtée le 2 juin 1942 avec sept autres militants trotskystes, parmi lesquels Albert Demazière*, Pietro Tresso* et Jean Reboul* dont elle fut la compagne, par la brigade spéciale aux ordres du commissaire Sirinelli. Elle comparut le 30 septembre avec ses camarades devant la section spéciale du Tribunal militaire de la XVe division militaire et fut condamnée à cinq ans de prison pour « activité relevant directement ou indirectement de la IIIe Internationale ». Incarcérée d’abord à la prison des Baumettes, elle se trouva en cellule avec deux autres détenues trotskystes : Gabrielle Brausch* et Jeanne Katzenstein, jugées dans d’autres affaires. Toutes trois furent transférées en février 1944 à la centrale de Rennes (Ille-et-Vilaine) où elles furent soumises à une sévère quarantaine ordonnée par le collectif communiste. Le hasard fit que les compagnons de Gabrielle Brausch et de Marguerite Usclat (Mocho Segal* et Jean Reboul) séjournaient dans une même cellule à la prison du Puy-en-Velay (Haute-Loire), d’où les prisonniers politiques s’évadèrent dans la nuit du 1er au 2 octobre 1943. Les deux militantes peu rassurées craignaient de possibles représailles exercées par des membres du PC.

Marguerite Usclat fut livrée le 16 mai 1944 aux Allemands qui la déportèrent à Ravensbrück (Allemagne), via le fort de Romainville et Sarrebrück. Au bout de deux mois elle fut affectée à une usine d’aviation installée dans l’ancienne mine de sel de Beendorf, relevant du camp de Neuengamme. Elle y travailla sur machine jusqu’au 7 avril 1945, date de l’évacuation. Sur l’intervention de la Croix rouge les déportées françaises furent évacuées sur Malmö (Suède) dans l’attente de leur rapatriement, en mai 1945.

Physiquement éprouvée et gravement tourmentée par la fin tragique de Jean Reboul, officiellement inexpliquée mais en fait due à l’exécution des trotskystes par des communistes, Marguerite Usclat entreprit d’enquêter dans la Loire et la Haute-Loire pour élucider le mystère. Les témoins du crime et ceux qui en eurent connaissance prétendirent invariablement ne rien savoir. Elle reprit dans la région parisienne son activité au Parti communiste internationaliste, qui la présenta sur la liste de ses candidats dans le premier secteur de la Seine, aux élections des première et seconde Assemblées constituantes, les 21 octobre 1945 et 2 juin 1946, où ces listes obtinrent respectivement 8 113 et 4 677 voix. Elle fut ensuite candidate sur une liste conduite par Albert Demazière, dans la 1re circonscription des Bouches-du-Rhône, aux élections législatives du 10 novembre 1946, qui recueillit 2 518 voix. Elle porta à cette occasion la contradiction au candidat MRP dans un meeting à La Ciotat, le 6 novembre. Ses ennuis de santé s’aggravant, elle s’installa en 1953 à La Ciotat où elle mourut prématurément.

Une école maternelle dans le quartier de Virebelle, à La Ciotat, porte le nom de Marguerite-Varesio depuis 1978.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article133332, notice USCLAT Marguerite, Joséphine, née VARESIO Marguerite par Louis Bonnel, Rodolphe Prager, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 20 mai 2011.

Par Louis Bonnel, Rodolphe Prager

Marguerite Usclat
Marguerite Usclat
Cliché fourni par Sébastien Madau

SOURCES : La Vérité, octobre et novembre 1945, mai, juin, et novembre 1946, avril 1954. — Témoignages de Jeanne Katzenstein et de l’oncle de Marguerite Usclat. — Etat civil.

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