TROTOBAS Marius, Georges, Pierre

Par Jacques Girault

Né le 10 janvier 1875 à Ollioules (Var), mort le 11 octobre 1947 à Ollioules ; cafetier ; conseiller d’arrondissement (1913-1931, 1937-1940), maire (1919-1941, 1944-1947) socialiste d’Ollioules.

Fils d’un cafetier, petit-fils d’un républicain déporté en 1851, Marius Trotobas, marié en juin 1899 à Ollioules, succéda à son père, place des Palmiers. Au deuxième étage du café, fut créé le Cercle d’études sociales, le 25 août 1900. Membre de la Libre pensée et du Parti socialiste SFIO depuis 1909, il anima, en septembre 1910, un comité antimunicipal. La même année, candidat pour le conseil d’arrondissement, il obtint 706 voix et 723 voix sur 2 702 inscrits alors que le conseiller d’arrondissement sortant appartenait au Parti socialiste SFIO Aux élections municipales du 5 mai 1912, la liste « du comité républicain socialiste (SFIO) et des intérêts locaux » l’emporta et il fut désigné comme adjoint. Secrétaire de la section socialiste SFIO, il fut élu au conseil d’arrondissement, le 7 août 1913, battant nettement le conseiller sortant, avec 932 voix sur 2 722 inscrits. Il fit partie pour les élections législatives du comité central électoral (en 1914) et du comité départemental (en 1919).

Mobilisé en 1914 dans les chasseurs alpins, Marius Trotobas combattit pendant la Première Guerre mondiale. Démobilisé, le 30vnovembre 1919, réélu sur une liste analogue, il devint maire et, seul en lice, retrouva son siège de conseiller d’arrondissement, le 14 décembre 1919, avec 1 075 voix sur 2 505 inscrits. Membre de la Ligue des Droits de l’Homme, il participa au congrès socialiste SFIO, le 19 décembre 1920, et s’y prononça pour la motion des reconstructeurs. Resté au Parti socialiste SFIO, pour les élections législatives de 1924, il fit partie de la commission exécutive du Comité général varois pour l’élection rouge. Il fut président du Conseil d’arrondissement.

Marius Trotobas, surnommé “Titi“, fut réélu le 3 mai 1925 avec 587 voix sur 1 113 inscrits et conserva son mandat de conseiller d’arrondissement, le 19 juillet 1925, avec 838 voix sur 2 655 inscrits. Membre de la commission administrative de la fédération des municipalités socialistes, il en devint le trésorier, le 19 juin 1927. L’année suivante, le sous-préfet indiqua qu’il "jouissait d’une réelle autorité dans les milieux républicains du canton" et qu’il entretenait de "très bons rapports avec l’administration". Pour les élections législatives de 1928, il fut vice-président du comité de soutien du candidat Pierre Renaudel avec qui il était en bons termes, votant régulièrement ses motions dans les instances socialistes. Président de la section de la Ligue des droits de l’Homme, réélu sur la liste républicaine, socialiste SFIO et union des gauches, le 5 mai 1929, avec 600 voix sur 1 135 inscrits, maintenu maire, indiqué "propriétaire", il ne se représenta pas aux élections cantonales de 1931. Membre du comité central électoral socialiste SFIO pour les élections législatives de 1932, il quitta le Parti socialiste SFIO à la fin de 1933 pour rejoindre le Parti socialiste de France et participa à de nombreuses réunions de propagande avec Renaudel dans le Sud-Ouest varois. Lors du congrès du Parti socialiste de France en septembre 1935, il obtint 20 voix pour son éventuelle candidature aux élections sénatoriales.

En 1935, le Parti socialiste SFIO, reconstitué dans la commune, lui opposa une liste aux élections municipales. Sa liste républicaine-socialiste de France l’emporta. Obtenant personnellement 758 voix, le 5 mai 1935, sur 1 413 inscrits, il conserva son écharpe de maire. Pour le conseil d’arrondissement, l’Union socialiste et républicaine présenta sa candidature. Il obtint 928 voix, le 10 octobre 1937, sur 3 593 inscrits. Le Parti communiste et le Parti socialiste SFIO, représenté par Octave Maurel, conseiller d’arrondissement sortant, se désistèrent. Le dimanche suivant, il ne fut élu qu’avec 1 625 voix sur les 1 991 attendues d’après les résultats du premier tour.

Président du comité local d’accueil aux réfugiés espagnols, Marius Trotobas se montra fort actif. Après l’arrivée du maréchal Pétain à la tête de l’État, il afficha une « prudente réserve » et « s’abstint de toute manifestation à l’égard du gouvernement ». Le buste de Matteoti fut enlevé de la salle de délibération du conseil municipal et la plaque de la rue Henri Barbusse connut le même sort. D’après le commissaire spécial, le 6 janvier 1941, « républicain farouche [...] il ne cacha pas ses sentiments ». Le 14 février 1941, il rédigea la lettre de démission des édiles : "Ayant été élus avec un programme économique local, ce programme étant réalisé, à l’heure actuelle, […] notre présence à la mairie ne se justifie plus, d’autant que nous croyons savoir que nos remplaçants sont déjà désignés." Dès lors, Trotobas afficha son opposition ostensible au régime (distribution de boissons aux ménagères manifestant, le 30 mars 1942, dépôt d’une gerbe et manifestation le 14 juillet 1942) et aida la Résistance. Arrêté le 13 juillet 1943 par l’armée italienne, il fut emprisonné à Modane avant d’être libéré le 27 juillet.

A la Libération, Marius Trotobas présida, à partir du 18 septembre 1944, la commission municipale provisoire. Élu conseiller municipal puis maire, en avril 1945, il démissionna pour raisons de santé, le 1er octobre 1946.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article133202, notice TROTOBAS Marius, Georges, Pierre par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 6 octobre 2015.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 6 23, 25, 28, 7 24 2, 26 1, 28 3, 30 2, 31 1, 32 1, 2, 35 3, 4 M 44, 45, 6 M 18 8, 8 M 16 15, 18 M 35, 94, 3 Z 2 5, 9, 10, 4 14, 19. — Arch. Com. Ollioules. — Arch. J. Charlot (Centre d’histoire sociale du XXeme siècle. Université de Paris I). — Rens. fournis par le fils de l’intéressé. — Notes de Jean-Marie Guillon. — Presse locale. — Sources orales.

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