TOURETTE Guy ou TOURRETTE

Par Jean-Louis Panné

Né vers 1884, mort le 5 mars 1924 ; typographe, correcteur ; militant syndicaliste CGT puis CGTU ; militant communiste de gauche.

Typographe puis postier, selon les sources, enfin correcteur, Guy Tourette (parfois écrit Tourrette), frère d’Alexis Tourette*, fut membre du comité du syndicat des correcteurs en 1905 puis à nouveau en 1917 et 1918. Gérant de La Guerre sociale de Gustave Hervé*, il fut arrêté et condamné en 1910 pour fabrication de faux mandats. A la veille de la Première Guerre mondiale, il se rapprocha du « noyau » de La Vie ouvrière (voir Pierre Monatte).
Opposant à l’Union sacrée, il participa aux réunions organisées dans la boutique du quai de Jemmapes. Échappant à la mobilisation, vraisemblablement pour raisons de santé, Guy Tourette prit un emploi de surveillant dans un collège de la région parisienne et put ainsi assurer la permanence de la boutique courant 1915, après la mobilisation de Pierre Monatte et Alfred Rosmer*. Avec ce dernier et Alphonse Merrheim*, il contribua à la publication des brochures rendant compte de la Conférence de Zimmerwald (1915) et des « Lettres aux abonnés de La Vie ouvrière ». En 1916, il signa la réponse adressée au Manifeste des Seize (voir Jean Grave*) intitulée La Paix par les peuples. Il devint l’un des plus actifs militants du Comité pour la reprise des relations internationales (CRRI) créé en 1915 à la suite de la conférence internationale de Zimmerwald. Guy Tourette collabora alors au Journal du peuple d’Henri Fabre* et à La Vérité de Paul Meunier*.

Membre du Comité de la IIIe Internationale qui succéda au CRRI en mai 1919, Guy Tourette écrivit par la suite dans La Vie ouvrière (2e série) et dans le Bulletin communiste. Signataire de la motion du Comité de la IIIe internationale pour le congrès de Tours (décembre 1920), à laquelle se rallièrent les démissionnaires du Comité pour la reconstruction de l’Internationale (L.-O. Frossard*, Marcel Cachin*), il publia fin 1921 dans La Correspondance internationale un article sur la scission syndicale.

Membre de la IXe section et militant de la « gauche » du Parti communiste, Guy Tourette fut l’un des rédacteurs du bulletin de l’Internationale syndicale rouge, La Lutte de classes et, en juin 1922, participa au congrès constitutif du Livre CGTU. En octobre 1922, il démissionna de l’Humanité avec les autres rédacteurs appartenant à cette tendance, pour protester contre la constitution d’un Comité directeur composé exclusivement de membres de la fraction du « centre ».

Lors de la réunion du Comité directeur du 24 octobre 1922, Dimitri Manouilski le désigna comme collaborateur technique de la délégation française au IVe congrès de l’Internationale communiste. En compagnie de René Reynaud et Boris Souvarine, Guy Tourette se rendit à Moscou et, à son retour, fut désigné, le 23 janvier 1923, par le Bureau politique, comme rédacteur à la rubrique Vie sociale de l’Humanité ; il assura également la fonction de secrétaire de rédaction du journal jusqu’à sa mort survenue.

Marié, Guy Tourette était père de trois enfants. Ses fils Pierre Tourette, résistant, et Jacques furent des militants des JC. Sa femme aurait été la secrétaire de Gabriel Péri et aurait assuré, un temps, la liaison entre ce dernier et le PC. Après la mort de son mari, elle avait épousé Alexandre Ballu*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article132909, notice TOURETTE Guy ou TOURRETTE par Jean-Louis Panné, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 10 juillet 2019.

Par Jean-Louis Panné

SOURCES : Arch. Nat. F7/13090. — B.M.P., Mfm n° 30, n° 32, n° 38. — Syndicalisme révolutionnaire et communisme. Les archives P. Monatte, Paris, 1968. — Alfred Rosmer, Le Mouvement ouvrier pendant la guerre. De l’Union sacrée à Zimmerwald, Paris, Librairie du Travail, 1936. — Alfred Rosmer, Le Mouvement ouvrier pendant la première Guerre mondiale, De Zimmerwald à la Révolution russe, Paris, La Haye Mouton et Cie, 1959. — La Correspondance internationale, n° 23, 29 décembre 1921. — L’Humanité, 6 mars 1924. — Bulletin communiste, 14 mars 1924. — Bulletin des correcteurs, mars 1924.

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