TOTOT Léon, Ovide

Par Didier Bigorgne

Né le 10 juillet 1876 à Vivier-au-Court (Ardennes), mort le 26 septembre 1958 à Charleville (Ardennes) ; ouvrier métallurgiste ; syndicaliste, coopérateur et militant socialiste ; administrateur de l’Union des coopératives des Ardennes (1919-1929), puis de l’UDC de Lorraine jusqu’en 1940 ; maire de Vivier-au-Court (1919-1935).

Fils d’un ferronnier et d’une mère au foyer, Léon Totot exerçait le métier de mouleur ; son frère aîné était ouvrier polisseur sur métaux, sa sœur cadette, couturière. Léon Totot vécut maritalement avec la fille d’un mouleur vivarois, Marie Catherine Foulon, couturière de profession, qui lui donna une fille le 23 février 1895 ; il l’épousa le 30 septembre 1899.
Léon Totot militait au Parti socialiste SFIO. A partir de 1906, il occupa le poste de secrétaire du cercle d’études sociales ’’L’Eclaireur’’ de Vivier-au-Court. Lors des élections municipales de mai 1908, il assuma la responsabilité de secrétaire du comité électoral. Enfin, il fut élu conseiller municipal de Vivier-au-Court en mai 1912 sur la liste de son parti qui remporta les vingt et un sièges. Après une nouvelle victoire de la liste socialiste au scrutin du 30 novembre 1919, Léon Totot devint maire de Vivier-au-Court.

La même année ; Léon Totot fit partie d’une commission paritaire de la métallurgie. Le 21 janvier 1920, il présida le congrès de l’UD-CGT des Ardennes qui décida le transfert du siège de l’Union départementale de Monthermé à Charleville. Pendant les grèves de l’année 1920, il représenta la section des Métaux et mena une activité importante au côté des syndicats des postiers, des cheminots, des employés, des ouvriers du transport et du bâtiment au sein du comité intersyndical. En janvier 1921, il fut élu à la commission exécutive de l’UD-CGT avec Recurt*, Chalté*, Chéret*, Juvigny*, Labbé*, Coulon*, Pierre*, et Guéry*. Après la scission syndicale du 21 juillet suivant, Léon Totot adhéra à la CGTU, avec Alexis Coulon* et Maurice Guéry*. Il fut membre du syndicat des Métaux de Vivier-au-Court jusqu’en 1926, date à laquelle il rejoignit la CGT.

Après la scission du congrès de Tours (25-30 décembre 1920), Léon Totot joua le rôle de conciliateur au sein de la fédération socialiste des Ardennes. Le 16 janvier 1921, sept jours avant la tenue du congrès départemental, il provoqua la réunion d’une commission afin de trouver une entente. Les trois délégués ardennais au congrès de Tours, Boutet*, Guillardelle* et Jarlot* ne participèrent pas à la réunion ; la reconstruction fut impossible.

Déçu par cet échec, Léon Totot adhéra au Parti communiste avec d’autres élus du Sedanais. Le 14 mai 1922, il fut le candidat de son nouveau parti aux élections pour le Conseil général dans le canton de Mézières : il échoua en obtenant 1081 voix sur 6622 inscrits et 4014 votants. En revanche, il mena la liste d’unité prolétarienne et paysanne à la victoire aux élections municipales des 3 et 10 mai 1925, et fut réélu maire de Vivier-au-Court.

Dans le courant de l’année 1926, Léon Totot quitta le Parti communiste pour réintégrer le Parti socialiste SFIO. A la création de la Fédération des élus cantonaux et municipaux socialistes des Ardennes le 9 janvier 1927, il devint membre de la commission exécutive. Avec un nouveau succès à la tête de la liste socialiste aux élections municipales des 5 et 12 mai 1929, Léon Totot fut réélu maire ; il conserva son mandat jusqu’en mai 1935.

Léon Totot s’engagea dans la vie coopérative. En janvier 1919, avec Émile Jevais* et quelques autres, il participa à la constitution de l’Union des coopératives des Ardennes, et siégea à son conseil d’administration. Après la fusion avec l’UDC de Lorraine e 1929, il entra au conseil d’administration de cette union régionale. Il abandonna ce mandat en 1940 pour entrer au conseil de surveillance, par suite des nouvelles dispositions légales réduisant à douze le nombre des membres des conseils d’administration des sociétés commerciales et coopératives. Il démissionna en 1950.

Léon Totot était veuf quand il mourut à Charleville. Il fut enterré civilement le 30 septembre 1958 à Vivier-au-Court. La municipalité communiste de la localité lui rendit un hommage solennel.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article132859, notice TOTOT Léon, Ovide par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 27 octobre 2014.

Par Didier Bigorgne

SOURCES  : Arch. Dép. Ardennes, 1M 15 ; 3M 7,8 et 9. — Le Socialiste Ardennais, 1921 à 1935.— Notice DBMOF.— L’Action coopérative. — Renseignements communiqués par la mairie de Vivier-au-Court. — État civil de Vivier-au-Court et de Charleville.

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