THOMAS Geoffroy [THOMAS Michel dit Geoffroy]

Par André Balent

Né le 1er avril 1880 à Baixas (Pyrénées-Orientales), fils de Michel Thomas et frère de Lucien Thomas et Thomas Romain*, instituteur, Geoffroy Thomas vint au socialisme à la sortie de l’École normale de Perpignan en 1900 et milita au POF puis à la Fédération socialiste des Pyrénées-Orientales (SFIO). Il collabora au Socialiste des Pyrénées-Orientales à partir de 1902.

En 1905, Thomas fonda la section départementale du syndicat des instituteurs et fut nommé administrateur de la Bourse du Travail de Perpignan. Il contribua à la fondation de plusieurs syndicats d’ouvriers viticulteurs, notamment celui de Baixas et fonda la coopérative « Les Vignerons prolétaires de Baixas ». Une liaison organique fut établie entre le groupe local du parti, le syndicat et la coopérative. Le congrès fédéral de Maury (1er avril 1907) présenta l’expérience de Baixas comme exemplaire ; la résolution votée à ce congrès affirmait que cette expérience favoriserait « dans les milieux viticoles le développement de l’idée socialiste, par l’exemple vivant des améliorations que peut procurer au prolétariat des campagnes une organisation méthodique de classe [...] ». Au moment de la crise de la fédération (octobre 1909), Thomas fut aux côtés de L. Deslinières et de J. Payra. Il fut candidat de la fédération socialiste aux élections législatives (scrutin du 24 mai 1910) dans la 2e circonscription de Perpignan. Il obtint 1 602 voix (inscrits : 18 723, suffrages exprimés : 12 867).

Geoffroy Thomas avait été élu en 1907 à la commission exécutive fédérale (congrès de Maury) et en 1912 à la commission administrative fédérale (congrès de Rivesaltes). Il avait été aussi délégué en 1909 de la Fédération des Pyrénées-Orientales au congrès de Saint-Étienne. Il participa également au congrès tenu à Lyon en 1912.

Mobilisé, il prit part à la Première Guerre mondiale, collaborant occasionnellement au Cri catalan, hebdomadaire, pacifiste depuis 1916, qu’animaient Jean Payra et Victor Dalbiez et qui fut, entre 1916 et 1930 l’organe officieux de la Fédération socialiste. Avant le congrès de Tours, Geoffroy Thomas adhérait toujours au Parti socialiste. Il présidait en 1919 l’ association départementale des resacpés de la Grande guerre. Démobilisé, Geoffroy Thomas fut élu le 13 avril 1919 membre suppléant de la CAF. Le comité fédéral l’élut délégué à la propagande, le 6 juillet 1919.

Pourtant, aux élections législatives du 16 novembre 1919, Thomas fut candidat sur une liste d’anciens combattants et obtint 3 073 voix sur 63 276 inscrits alors que le Parti socialiste s’était abstenu de présenter une liste. Après le congrès de Tours, Geoffroy Thomas (ainsi que son frère Lucien) milita dans les rangs du Parti communiste mais n’y eut pas beaucoup d’activités. Entre temps, il avait quitté l’enseignement et s’était installé comme négociant en vins. Il devait faire carrière dans le commerce perpignanais.


Geoffroy Thomas réintégra la SFIO vers 1924-1925 mais semble avoir ensuite abandonné toute activité politique.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article132545, notice THOMAS Geoffroy [THOMAS Michel dit Geoffroy] par André Balent, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 8 septembre 2014.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, Cabinet du préfet, liasse 108 ; 2 M1/97. — Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, 1902-1914. — Le Cri catalan, 1916-1920. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, I, op. cit. — H. Chauvet, op. cit. — André Balent & Michel Cadé, Histoire du Parti socialiste dans les Pyrénées-Orientales de sa fondation (1895) au congrès de Tours (1920), n° hors-série de Conflent, Prades, 1982, 149 p. — C.r. des congrès cités. — Témoignage de Fernand Cortale, entretien, 1974.

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